XI. Comme Sacrificateur
72. — Le terme suprême de la vie mortelle du Sauveur, c’est de s’immoler lui-même ; il n’est Prêtre que pour offrir un Sacrifice. Quand il mourra, il accomplira parfaitement la mission sacerdotale qu’il a reçue de son divin Père.
((Le Fils de l'homme est venu pour donner sa vie pour la rédemption d'un grand nombre. »
Mat., xx, 28.
73. — Le Sacrificateur est maître de sa Victime comme du choix de ceux en faveur de qui il l’offre. Jésus veut librement son Sacrifice et il en destine les fruits à tous ceux qui se laisseront purifier par son Sang.
((Je donne ma vie pour mes brebis. »
Jean, x, i3.
JÉSUS ENSEIGNÉ PAR LUI-MÊME
74. — A l’approche du moment solennel le divin Sacrificateur tremble, tant le Sacrifice qui doit sauver le monde contient un abîme épouvantable d’humiliation, de souffrance et d’abandon ; et un cri d’indicible supplication s’échappe de son âme, à l’adresse de son Père qui l’a fait son Prêtre.
e Mon Père , s’il est possible , que ce calice s’éloigne de moi; toutefois , non pas comme je veux, mais comme vous voulez. »
Mat., xxvï, 39.
75. — Rien cependant 11’est changé dans les dispositions intimes de Jésus. Il a pleine conscience de son devoir sacerdotal, et quand tout â l’heure Pierre voudra s’opposer à son Sacrifice, il lui rappellera qu'il doit boire jusqu’à la lie le calice que lui présente son Père.
ce Le calice que mon Père m’a donné, ne le boirai-je pas ? »
Jean, xviii, 1 1 .
76. — Malgré la grandeur du Sacrifice, qu'il ressent intensément comme Prêtre et comme Victime, Jésus aspire à s’immoler, ce baptême de sang devant glorifier souverainement son Père et sauver le monde.
ce II est un baptême dont j’ai à être baptisé,
et comme je me sens pressé jusqu à ce quil s’accomplisse. »
Luc, xii, 5o.
77. — Jésus ne subit aucune contrainte. Il a été sacré Prêtre pour accomplir la volonté de son Père ; cette volonté est la sienne. Il est le seul maître de son Sacrifice ; l’offrir, c’est dire à son Père sa soumission et son amour.
« Je quitte ma vie pour la reprendre.
Personne ne me la ravit , mais je la donne de moi-même ; j’ai le pouvoir de la donner et j’ai le pouvoir de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père. »
Jean, x, 17, 18.
78. — L’ardeur de son amour le brûle, le Calvaire l’attire ; la grâce de son Sacerdoce le pousse à l’autel du Sacrifice. Comme il est beau et grand le Souverain Prêtre qui s’élance, le glaive à la main, vers la Croix sur laquelle il s’en va mourir !
ce Levez -vous, allons , voici qu’approche celui qui me livrera. »
Mat., xxvi, 46.
79* — Le Pontife éternel achève son Sacrifice, la Victime agonise ; avant de lui donner le coup de la mort, il l’offre, avec lui, à son di-
vin Père, dans un dernier élan de confiance et d’amour. La Messe du Calvaire, à laquelle assistent le ciel et la terre, se termine dans la mort qui donne la vie.
« Père , je remets mon esprit entre vos mains . »
Luc, xxiii, 46.