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CHAPITRE I

Notions de Comptabilité.

31. — Toute entreprise commerciale est créée dans un but de lucre. Le commerçant cherche à réaliser des bénéfices en spéculant sur l’achat, la transformation, la vente de marchandises. Dans toute entreprise, on aperçoit donc deux éléments : La personne du commerçant, individu qui voit dans le commerce une manière de se procurer des ressources, et la maison de commerce qui est l'agent d’enrichissement.

Le commerçant avance à la maison de commerce une somme déterminée. La maison de

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commerce opère sur cette somme et s'efforce de la faire fructifier. Cette distinction est évidente dans Îa société par actions, où la maison de commerce forme une personne morale, tandis que les associés qui ont fourni les fonds ne s'occupent guère de son administration et n'apparaissent que pour toucher les bénéfices.

L'opposition que nous avons signalée existe aussi dans les entreprises privées. Elle est très visible pour les grosses maisons de commerce. Le commerçant, un capitaliste, ne place qu’une partie de sa fortune dans l’entreprise et s’en rapporte généralement à un gérant du soin de l’administrer. Elle est plus voilée dans le petit commerce. Là, le commerçant administre lui-même et consacre ordinairement tout son bien à l’entreprise. Néanmoins, il n’est encore pas bien difficile de séparer, tout au moins par le raisonnement, l’élément capitaliste de l’élément maison de commerce. Cette idée est d’ailleurs à la base de Îa comptabilité.

C’est un point essentiel pour une maison de commerce d’avoir une comptabilité sérieuse. C’est elle qui fournit tous les renseignements nécessaires sur les recettes réalisées, sur l'opportunité de modifier les prix, de passer de nouveaux marchés avec les fournisseurs ou d’écouler le stock en magasin, sur le bénéfice qu’a donné Îa vente de

tel article, et par suite, sur l'extension qu’il convient de lui donner par préférence à tel autre, etc... Une maison de commerce sans comptabilité serait comparable à un homme qui marche les yeux bandés.

32. — La comptabilité repose sur le fonctionnement des comptes. On appelle compte le relevé méthodique de toutes opérations faites avec une même personne, sur une même valeur ou sur une même catégorie de pertes ou de profits (1). À ces trois distinctions correspondent donc trois sortes de comptes : les comptes de personnes, les comptes de valeurs et les comptes de résultats.

Tout compte est divisé en deux parties : le débit et le crédit. Quand une somme est inscrite au débit, on dit que le compte est débité. Quand elle est portée au crédit, le compte est crédité. Les règles de fonctionnement des comptes sont fort simples.

1° Pour les comptes de personnes et les comptes de valeurs : le compte est débité de ce que reçoit le titulaire de ce compte; il est crédité de ce qu’il fournit.

2° Pour les comptes de résultats : Le compte

(1) Banos. — Cours de comptabilité à l’Institut Commercial

de Nancy. | Descamps. — Précis de comptabilité, 8e éd., p. 133.

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est débité de ce qui est assimilable à une perte, il est crédité de ce qui est assimilable à un profit.

Deux procédés de comptabilité peuvent être employés :

1° Comptabilité à partie simple. — Elle ne tient que des comptes de personnes, débitant la maison de commerce de ce qu’elle reçoit, la créditant de ce qu’elle fournit.

Les seules opérations qu’elle mentionne sont donc les achats, les ventes, les règlements faits par les clients ou aux fournisseurs, les prêts, les emprunts et leurs remboursements, etc... Cette manière de faire peut, à la rigueur, convenir à un petit commerçant qui suit de près ses affaires, mais elle est absolument insuffisante pour une maison importante, particulièrement pour une société. En effet, la comptabilité en partie simple ne donne aucun renseignement sur les mouvements intérieurs de valeurs. C’est pourtant un point essentiel, particulièrement dans les sociétés anonymes qui doivent assurer le maintien d’un capital social invariable.

2° Comptabilité en partie double. — Elle tient compte de ce fait que, dans toute opération, deux comptes interviennent. L’un reçoit un avantage et est débité. L'autre fournit cet avantage et est crédité d'autant. Par exemple, quand la maison de commerce fait un achat, le compte du fournis-

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seur est crédité de la valeur des marchandises fournies, et le compte Marchandises est débité d'autant. Lorsque le prix en est payé, le compte Caisse qui verse l’argent est crédité, et le compte du fournisseur est débité, toujours de la même somme, ce qui le balance. Finalement, le compte Marchandises reste débiteur, ce qui explique qu’on le trouve à l’actif pour la valeur des marchandises existant dans le stock en magasin.

Liyre-Journal. — Toutes les opérations faites sont inscrites, à mesure qu’elles se présentent, au Livre-Journal. Ce livre a une colonne pour le débit et une pour le crédit. La somme qui représente le montant de l’opération est portée dans la colonne du débit au nom du compte qui reçoit,

et dans la colonne du crédit au nom du compte

qui fournit. On exprimera ainsi un achat de 500 francs de marchandises :

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