‹ Étude Du Ganglion Lymphatique Dans Les Infections AiguéesChapitre 21 sur 65 · A ESS · texte numérisé non relu

A ESS

voit les ganglions nécrosés en masse envahis par de très nombreux streptocoques qui pénètrent d'abord dans le sinus souscapsulaire, puis diffusent dans toutes les régions nécrosées; ily en a beaucoup dans les vaisseaux sanguins. Sur les ganglions moins malades on suit très facilement leur progression. Les vaisseaux lymphatiques afférents sont remplis d’un grand nombre de streptocoques libres ou contenus dans des cellules ; les premiers sont souvent en longues chainettes ; les seconds un réunis en pelits amas prenant la forme arrondie ou ovalaire de la cellule, les chaînettes sont plus courtes ou dissociées, les grains sont souvent isolés ; quelquefois la chaînette est entourée d’une vacuole claire. On retrouve en somme toutes les figures que Metchnikoff a décrites dans le tissu cellulaire sous-cutané dans les cas d’érysipèle. Dans le sinus sous capsulaire, les streptocoques se rencontrent encore avec la même fréquence, mais dans les systèmes caverneux ils sont beaucoup plus rares. Ils manquent complètement dans les follicules et les cordons.

I n'est pas toujours possible de retrouver des streptocoques dans le corps des ganglions, alors même que l’on peut en colorer dans les vaisseaux lymphatiques afférents (Achalme). C’est qu en effet, ainsi que Metchnikoff l'a montré, la lutte de l’organisme contre l'infection commence dans le tissu conjonctif, se poursuit dans les troncs lÿmphatiques et ne se fait que plus tard dans le ganglion. 1° Si le streptocoque est peu virulent, il peut être complètement détruit au niveau du foyer sous-cutané ou dans les vaisseaux lymphaliques et n'arrive même pas englobé dans les phagocytes jusqu'au ganglion; 2° lorsqu'il est très virulent, 1] traverse le ganglion en n'y déterminant qu'une réaction minime, envahit très rapidement le sang et produit une infection septique suraiguë ; 3° dans les cas ordinaires, il arrive au ganglion qui s'enflamme ; là, il est généralement détruit dans les voies lymphatiques. Si l’action des toxines amène la nécrose du premier ganglion, si le streptocoque parvient à le traverser, il est arrêté par un second ganglion qui s'enflamme à son tour.

LR FIÈVRE TYPHOÏDE

5 Anatomie pathologique. — [L'altération des ganglions mé- 3 sentériques à une importance capitale, car elle forme, avec celle de la rate et de l'appareil lymphatique intestinal, le trépied ana- Le. tomique de la fièvre typhoïde (Brouardel et Thoinot)..

D Cornil a montré le premier l'apport au ganglion mésentérique,

D pe les vaisseaux lymphatiques, de fibrine réticulée, mêlée à des cellules lymphatiques et à des cellules endothéliales proliférées ;

puisl'encombrementdessinus par ces mêmes cellules. Il a décrit de outre des lésions d’endo et périartérite et un commencement

? en sclérose périvasculaire.

E- Lancereaux distingue deux phases dans l’évolution he 4 ganglionnaires : : une phase d'accroissement avec multiplication - des éléments lymphatiques, une phase de régression avec dégé- nérescence granulograisseuse des éléments Ilymphatiques néoformés qui sont résorbés à l’état d'émulsion.

… L'étude la plus complète a été faite dans la thèse de Siredey. Je n'aurai rien à ajouter à sa description macroscopique.

x. On peut, diviser avec Louis, en 3 périodes l’évolution des lésions ;

ganglionnaires.

semaine, les ganglions se fonttremarquer par leur hypertrophie considérable ; leur volume, qui varie de celui d'une noisette à - celui d’une noix, peut atteindre même celui d’un œuf de pigeon. Le plus souvent réunis, ils sont quelquefois difliciles à séparer. - Les plus volumineux correspondent à l'iléon. Ils sont durs, résistants, présentent une coloration rosée avec des striations __ rouges dues aux vaisseaux. A la coupe, même aspect rosé avec __ striation, congestion intense ; pas de foyer caséeux. 2 période. — Du 10° au 20° jour. — Les ganglions, moins

Re . LaBBé. 4

’ Lésions macroscopiques. — {°° période. — Pendant /a première.

volumineux, ne dépassent pas le volume d’une noisette. Ils sont mous et s’aplatissent quand on les sépare du mésentère. Leur couleur varie du rose au violet. À la coupe, le centre du ganglion est mou et rempli d'une matière pulpeuse; on voit par places de petits amas puriformes, mais il n°y à pas encore de véritable abcès.

3° période. — Du 20° jour jusqu'à la fin de la maladie et au delà. — V'étal des ganglions dépend de la marche de la maladie. |

« Lorsque les lésions intestinales sont réparées, les ganglions reprennent en deux ou trois semaines leur aspect normal, mais ils conservent longlemps des stries pigmentées visibles sur la capsule ou sur une coupe. À

8 Quelquefois ils diminuent très rapidement de volume, deviennent scléreux, et prennent l'aspect et la consistance de pépins de fruits. :

y Lorsque les lésions inteslinales persistent, principalement chez les gens âgés, les ganglions restent gros et se ramollissent de plus en plus; ils peuvent s’abcéder. | | - Les ganglions bronchiques sont presque toujours un peu tuméliés, les autres ganglions sont sains.

Lésions microscopiques. —— 4re. période. — Caractérisée par une congestion intense et par une multiplication des cellules qui adhèrent plus fortement au réticulum, et ne permettent pas de distinguer facilement les diverses régions du ganglion.

2° période. — La trame apparait plus facilement ; la capsule, les travées conjonctives et le réticulum sont épaissis. Les vaisseaux sanguins sont dilatés; on constate de l’endartérite et un gonflement de l’endothélium des capillaires.

A côté des cellules lymphatiques ordinaires on voit beaucoup de grandes cellules irrégulières, contenant un ou plusieurs noyaux. Renaut les a comparées aux myéloplaxes, Cornil les rattache à l’endothélium des espaces lymphaliques: Rindfleisch pense. qu'elles dérivent des cellules lymphatiques par accroissement rapide du protoplasma et multiplication du noyau : elles consti-

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tueraient l'élément spécial, caractéristique du processus typhique. Mais Siredey montre que ces cellules épithélioïdes se rencontrent à l’état normal dans la rate et la moelle des os, et à l’état pathologique dans les adénites expérimentales. Toutefois elles sont particulièrement abondantes dans les ganglions typhiques où elles encombrent le système caverneux. Elles proviennent, selon lui, des cellules Iymphatiques ; car on peut retrouver toutes les

phases de la transformation des leucocytes en grosses cellules

polynucléées. Elles jouent un rôle phagocytaire, un certain nombre d’entre elles contiennent des globules sanguins. C'est à la 3° semaine de la maladie qu’elles semblent le plus nombreuses.

Ces cellules dégénèrent rapidement ; leur protoplasma devient vitreux, leur noyau s’atrophie et disparaît, puis la masse se désagrège, en donnant lieu à ces blocs de matière amorphe que Cadiat, Renaut et Murchison ont décrit dans les ganglions typhiques ; les amas de matière amorphe forment Fe Goo blanchâtres, caséiformes qui ont été probablement pris plus

d’une fois pour des abcès.

3° période. — On peul rencontrer les ganglions à trois états différents. | - 4 Réparation. — Les éléments se résorbent graduellement :

Les cellules épithélioïdes disparaissent des follicules, puis des sinus ; les blocs vitreux disparaissent. La capsule et le réticulum reprennent leur aspect normal. Les vaisseaux sanguins gardent

un léger épaississement de leur tunique externe. Le ganglion est

infiltré de grains de pigment.

8 Dégénérescence granulograisseuse des cellules et formation

d’abcès. — Lorsque les ulcérations intestinales ne se réparent pas, les grosses cellules épithélioïdes persistent dans le gan-

glion, mais elles subissent la dégénérescence granulograisseuse. Souvent on rencontre des abcès anfractueux, irréguliers. La

capsule et les vaisseaux sont souvent légèrement sclérosés.

y Sclérose du ganglion. — Cette transformation est plus fré-

quente que la précédente. Elle commence souvent dès Ja deuxième période ; on voit presque toujours un peu d’endopériartérite, et

même après la guérison, dans les cas habituels, la paroi des ar-

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