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locoques, le nombre de ceux-ci est toujours relativementminime si on le compare à celui des staphylocoques du tissu périadénitique.
On peut donc en conclure que si les staphylocoques arrivent au ganglion voisin du point inoculé, ils y sont très rapidement détruits par les phagocytes, en sorte qu’il est presque toujours impossible de démontrer leur présence sur des coupes histo- logiques.
BB. Ganglion inquinal du côté opposé à l’inoculation. — Ce ganglion, qui marque la deuxième étape de l'infection lymphatique, présente des lésions plus légères et plus tardives que le ganglion correspondant ; je ne reviendrai pas sur la description de ces lésions qui sont de même nature ‘que celles que je viens de décrire.
Il est plus intéressant d'étudier leur mode de production.
Be ganglion peut être envahi par deux voies différentes : la voie lymphatique et la voie sanguine.
L'infection par la voie lymphatique est démontrée par plusieurs faits :
1° L'existence de traïnées de lymphangite reliant entre eux les différents groupes ganglionnaires (inguinaux et axillaires) était facile à constater dans un cas cité plus haut.
2° La présence de nombreux leucocytes polynucléaires s’observe dans les gros troncs lymphatiques efférents du ganglion inguinal correspondant au foyer d’inoculation. Or ces troncs lymphatiques sont en rapport avec les groupes ganglionnaires inguinaux du côté opposé et axillaire du même côté. Il en résulte qu'ils apportent à ces ganglions les produits inflammatoires qui ont été puisés dans le foyer d'inoculation et ont déjà traversé un premier ganglion.
Les différents ganglions du groupe inguinal sont en rapport très direct les uns avec les autres. On voit, dans le tissu conjoncüf qui les sépare, des troncs lymphatiques bourrés de leucocytes polynucléaires et d’hématies qui s’échappent du hile d'un des ganglions pour aller se jeter dans le sinus périphérique d'un autre. Aussi {ous ces ganglions d’un même groupe sont-ils
atteints à peu près au même degré et avec la même rapidité par l'infection. | À |
Pour la mème raison, les ganglions iliaques, très voisins et situés sur le trajet des plus gros troncs lymphaliques efférents, sont très rapidement tuméfiés et aussi fortement altérés que les ganglions inguinaux ;
3° Lorsqu'on examine le tissu conjonclif périadénitique de l’aine droite et de l’aisselle gauche, on peut constater à partir de la sixième heure après l'inoculation, l'existence de troncs lymphatiques afférents bourrés de leucocytes polynucléaires. Dans l'intérieur des sinus, on retrouve ces mêmes leucocytes formant en certains points dés amas très considérables: ces points correspondent probablement à l'embouchure des trénes lymphatiques. De là les leucocytes s’enfoncent dans les sinus interfolheulaires pour se répandre dans les voies caverneuses.
Les vaisseaux sanguins peuvent apporter au ganglion des microbes et des toxines; les premiers proviennent soit d’une infection générale avec envahissement du sang par les microbes Luthogenes, soit de décharges microbiennes nid mittentes, avec passage de quelques germes isolés dans le système circulatoire.
Il est impossible de démontrer directement la produetion de l'infection ganglionnaire par la voie sanguine. En effet, chez les cobayes sacrifiés, il n’y a eu infection sanguine à proprement parler que dans un seul cas (cobaye sacrifié après 18 heures), puisque le sang du cœur s’est montré stérile dans tous les autres.
De même l'apport au ganglion des toxines du foyer d’inoculation ne peut être constaté. Si l’on peut démontrer que l’infection générale par une culture de slaphylocoques d'une part, que l’injection dans le tissu cellulaire de toxines slaphylococeiques d’autre part, sont capables de déterminer des lésions dans les ganglions, il est impossible de déterminer la part exacte qui revient à l'infection sanguine et aux toxines staphylococciques dans les altérations des ganglions éloignés.
Infection générale par le staphylocoque. — Un lapin adulte
ayant reçu dans la veine marginale de l'oreille 1 centimètre, cube de culture de staphylocoque sur bouillon, est mort après 15 heures. A l’autopsice, j'ai trouvé des Don peu avancées. Tous les ganglions étaient congéstionnés et la congestion s'accompagnait de l'issue hors des vaisseaux de quelques globules rouges et de leucocytes polynucléaires. Le réticulum des voies lymphatiques étaittrès légèrement gonflé; les follicules normaux. Un autre lapin reçut en injection dans la veine de l'oreille un demi-centimètre cube de la même culture. On le sacrifia 30 heures après l’inoculation, lorsqu'il était déjà très malade. Les lésions se montrèrent un peu plus avancées ; la congestion et les hémorragies étaient plus marquées, les leucocytes polynucléaires plus abondants ; la réaction du réticulum et les phénomènes de phagocytose étaient plus intenses ; enfin les follicules . contenaient de nombreux fragments nucléaires. | L'ifection générale est donc capable de provoquer deux sortes de M oauee: 1° la congestion et la diapédèse active à l'intérieur du ganglion ; 2° la réaction du réticulum des voies
lymphatiques.
Br —— INJECTION DE TOXINES STAPHYLOCOCCIQUES
J'ai utilisé pour ces expériences l’ensemble des produits toxiques obtenus en stérilisant par la chaleur humide à 120°, pendant un quart d'heure, une culture en bouillon de staphylocoque virulent vieille de quelques jours.
Chaque cobaye a recu dans le tissu de sous-culané de la face antérieure de la cuisse gauche une injection de 2 centimètres cubes de ces toxines.
1° Évolution de l'inflammation ganglionnaire. — Trois heures après l’inoculation, les leucocytes polynucléaires apparaissent dans le gan-
ds % S" « . © glion, apportés par les vaisseaux sanguins au niveau des cordons et par les vaisseaux lymphatiques dans les sinus. Le ganglion est congestionné et des hémorragies se produisent dans les voies lymphatiques.
. . L “ . FL q Après 5 jours, la réaction du ganglion atteint son plus haut degré. La
congestion et les hémorragies sont plus abondantes ; les cellules fixes du réticulum sont hypertrophiées et desquamées ; les centres germinatifs ont diminué détendue ; mais les leucocytes polynucléaires ont complètement disparu, ainsi que les éosinophiles. La même absence de polynucléaires se remarque dans les ganglions de deux cobayes inoculés de la même manière et sacrifiés également au cinquième jour.
Après 17 jours, les centres germinatifs restent un peu diminués ; on retrouve encore un léger gonflement du réticulum et quelques hématies libres dans les voies lymphatiques ; mais les leucocytes polynucléaires sont absents.
Dans ces expériences, le ganglion inquinal droil ne réagit que d’une facon très légère et ne présente que des altérations tout à fait minimes.
+9 Étude analytique. — Les altérations amenées dans le ganglion inguinal gauche par l'injection de toxines staphylococciques dans la cuisse du mème côté sont comparables, comme nature, à celles que provoquent les cultures de staphylocoque. Sous le rapport de l'intensité, elles sont comparables à celles du ganglion inguinal droit après l'injection de cultures de staphylocoques dans la cuisse gauche. D'une façon générale on peut dire que la réaction du réticulum est peu marquée. Cependant ces toxines sont capables de provoquer des abcès du tissu cellulaire et même de causer la mort du cobaye. Dans ce dernier cas seulement, les altérations se sont montrées très considérables. Les phénomènes de destruction nucléaire étaient très marqués dans les follicules, dans les cordons et même dans les voies lymphatiques. En toutes ces régions on trouvait de nombreux phagocytes ayant englobé de petits débris nucléaires. La réaction du rétieulum des voies Iymphatiques était très intense et de nombreux macrophages englobaient des hématies, du pigment et des débris de cellules. L’endothélium vasculaire était tuméfié. Les centres germinatifs disparaissaient étouffés sous les lymphocytes.
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