‹ Étude Du Ganglion Lymphatique Dans Les Infections AiguéesChapitre 58 sur 65 · CHAPITRE III VARIATIONS DANS LE DEGRÉ DE RÉACTION · texte numérisé non relu

CHAPITRE III VARIATIONS DANS LE DEGRÉ DE RÉACTION

Tous les ganglions ne réagissent pas au même degré dansles mêmes infections. La réaction dépend de l’âge du sujet, de l’état antérieur du ganglion et de l’état d’immunité ou de prédisposition de l'organisme.

L'äge du sujet agit par les modifications de structure qu'il apporte à Féridnr du ganglion. J'ai déjà insisté sur le développement extrèmement marqué du système lymphatique de l'enfant; ce développement explique les adénopathies considérables observées dans les diverses infections de l’enfance : diphtérie, infections buccopharyngées. La réaction des ganglions chez l’enfant peut être telle qu’elle arrive à constituer toute la maladie, comme dans la fièvre ganglionnaire et Lagsnepetne trachéobronchique.

Au contraire, chez l'adulte, le système lymphatique semble s’atrophier progressivement ; le ganglion est peu à peu envahi par un travail de sclérose, débutant par les capillaires, obstruant les voies lymphatiques et amenant la mort physiologique de

l'organe. Cette sclérose se développe non seulement sous l'in-

fluence de l’âge, mais à la suite des diverses infections qui ont touché successivement le ganglion.

Les ganglions sc/érosés jouent un rôle beaucoup plus faible dans la défense de l’organisme et ne réagissent plus aux processus infectieux généraux. Ainsi, dans un cas de fièvre typhoïde,

certains ganglions de l’aine présentaient une réaction du réticu-

Jum des voies lymphatiques, tandis que d'autres ganglions sclérosés n'avaient nullement réagi à l'infection générale. Les ganglions sclérosés sont également dépourvus de leurs moyens de défense contre les infections locales par lesquelles ils se laissent envahir comme un véritable tissu indifférent. Par exemple, nous avons vu dans une infection pulmonaire staphylococcique du lapin, un ganglion bien développé réagir fortement à l'infection, tandis qu’un ganglion voisin, déjà sclérosé, s'était: laissé envahir par la suppuration.

On sait enfin combien les infections cutanées et muqueuses déterminent peu de gonflement au niveau des petits ganglions durs et atrophiés du Re

Les ganglions des animaux sensibles et des animaux é/ractaires réagissent par les mêmes procédés ; mais la réaction peut avoir une durée extrêmement courte chez les animaux sensibles, chez qui les phénomènes d’altération apparaissent à une période très précoce. Dans les infections à pneumocoques, chez des animaux morts en 12 heures, on voit déjà apparaître des phénomènes de nécrose; il y a même des cas où la réaction manque complètement et de toxine diphtérique au cobaye).

Par contre, chez les animaux réfractaires, elle se poursuit jusqu'à la fin de l'infection, ou bien, si le virus vient à bout tardivement de l'animal, elle ne disparaît que dans les derniers moments de la maladie. C’est ainsi que, chez le chat réfractaire au charbon, on voit persister des centres germinatifs énormes et en pleine activité au troisième jour de l'infection charbonneuse.

Il en est de même chez les animaux rendus artificiellement réfractaires par l’inoculation d'un sérum immunisant. C’est ainsi qu'on voit la réaction ganglionnaire se produire lorsqu'on injecte en même temps à un cobaye & la toxine diphtérique et du sérum antidiphtérique.

Page 1