‹ Etude du Goitre à Evolution thoraciqueChapitre 26 sur 64 · LANDES · texte numérisé non relu

LANDES

Le diagnostic radiologique du goitre à évolution thoracique et du kyste dermoïde du médiastin est souvent très difficile à poser.

La radiographie, même quand elle donne une image nettement arrondie d'apparence kystique, ne permet pas d'affirmer la nature de la tumeur. Tout au plus le siège de l’image kystique située dans la partie haute du médiastin antérieure, joint à l'absence de toute réaction humorale peut-il avoir une valeur de présomption et faire admettre le kyste dermoïde plutôt que le kyste hydatique (SERGENT).

D'ailleurs l'importance qu'il y a à faire un diagnostic étiologique exact est relative. I faut arriver à celui de lumeur bénigne extirpable et intervenir. La radiographie permet le plus souvent de le faire en déterminant de façon précise la topographie de la tumeur. La stéréo-radiocraphie peut être d’un utile secours. Pazuauay signale Pabaissement du bulbe aortique en cas de goitre intrathoracique à l'exclusion des autres tumeurs médiastinales. Corpier et Bouçuix insistent sur le fait que le kyste dermoïde s'accompagne souvent de malformations telles qu'un effondrement du stérnum ou bien encore un spinabifida. |

Chez l'adulte on rencontre parfois des tumeurs du médiastin antérieur dont l'extrème radio-sensibilité permet: ira de soupçonner l'origine thymique. Les malades accusent parfois une amélioration de leur état sous la seule action de l'examen. La radiothérapie constitue le traitement de choix de lhypertrophie du thymus et a presque Lotalement supplanté la fhymectomie depuis que les travaux de REGAUD et CRÉMIEUX Oônt appris à bien connaître la radio-sensibilité du tissu thymique dont on suivra la régression en étudiant les clichés successifs pris au cours du traitement,

L'association avec la présence d'un goitre n’est pas rare surtout dans les régions goitreuses et il faudra toujours penser à cette éventualité,

- Quant aux autres tumeurs du médiastin, elles sont rares, qu'il s'agisse de neurofibrome, de ganglio-neurome ou de sympaticoblastome.

Ces tumeurs semblent provenir de cellules ayant émigré de la crête ganglionnaire avec les ganglions. Elles sont d'un diagnostic difficile et donnent à la radiographie une ombre nettement limitée qui siège dans le médiastin postérieur. On peut y penser devant la longue durée de l’évolution et par élimination. Il faut les enlever chirurgicalement car elles augmentent de volume, entourent les organes voisins et peuvent même reproduire des métastases si elles sont d’un type histologique peu différencié (GRILE). Ces tumeurs sont très rares et en cas de doute, les chances d'erreurs seront moindres si lon pense moins à une tumeur thyroïdienne qu'à une tumeur d’origine névrogène (REDLICH).

AMEUILLE insiste sur les faux aspects de tuberculose apicale dus à des goitres thoraciques. À ce propos Risr sivnale le déplacement vers le haut de l'ombre goitreuse quand on demande au malade de tousser. L'existence de calcifications thvroïdiennes est le plus souvent le point de départ de ces erreurs ; le diagnostic peut être rendu encore plus difficile dans le cas où le goitre s’accompagne de fausses hémoptvsies. En cas de goitre, l'ombre suspecte s'étend sur les médiastin (obs. XV et labsence des bacilles de Koch notée au cours d'examens répétés devra attirer l'attention.

On peut conclure avec Lemonnier que dans l'histoire de lévolution thoracique des goitres c’est à la radiographie qu'appartient le dernier mot du diagnostic.

Celle-ci apporte la preuve de la présence d'une tumeur médiastinale et permet le plus souvent de lui assigner une origine thyroïdienne. Elle va encore fournir au chirurgien d'importants éléments ainsi que sur les rapports qu'elle contracte avec les organes voisins. C’est de l'appréciation de ces différents éléments que dépendront dans

une large mesure l’indication et la tactique opératoires.

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