‹ Etude du Goitre à Evolution thoraciqueChapitre 52 sur 64 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

M. W.., 56 ans, goitre basedowifié intra-thoracique.

Depuis 1924 amaigrissement progressif. En 1926 l'entourage remarque l'existence d’une grosseur au niveau du cou, là mème où le goître s’est développé ultérieurement. En juillet 1927, la malade éprouve une grande lassitude et décide de faire une cure à D... Pendant ce séjour survient le premier épisode aigu de l'affection une diarrhée très intense aggravée par une purgation intempestive. Cette crise diarrhéique dure 11 jours avec selles liquides sans glaires, ni sang. Un amaigrissement important accompagne la crise. À peine remis, le malade quitte D... et rentre à Paris, L’asthénie, l'amaigrissement s’exagèrent. Il pesait autrefois 6o kg. En octobre 1927 son poids est de 4g kg. 5oo. Grosse nervosité, tremblement de plus en plus intense. L'écriture devient illisible. Garde-robes fréquentes, 2 à 3 selles pâleuses chaque jour et à certains moments crises diarrhéiques. (Le malade éprouve une certaine gène respiratoire, sa voix est enrouée, Métabolisme basal : 43,8, excédent r6,8.

De novembre 1927 à février 1998, très fatigué, il consulte plusieurs médecins. Un goitre intrathoracique est diagnostiqué, mais l’opération semble trop dangereuse vu l’état général précaire. En janvier 1928, congestion pulmonaire grave. Malgré des traitements divers, opothérapie surrénale, hémato-éthyroïdine, iode, le syndrome basedowien n’est pas amélioré. En février 1928, le Docteur HAMBURGER conseille l'opération el nous adresse le malade. (Ce dernier présente depuis quelques semaines un endolorissement du bras gauche.

12 février 1928 : nodule goitreux siégeant sur l’isthme et le lobe gauche ne serait apparu qu'au cours de l’été dernier. Derrière l’articulalion sterno-claviculaire gauche, nous palpons le pôle supérieur d’une masse que le malade a remarquée depuis 18 mois. Celte masse est lisse, elle répond à l'extrémité interne de la fosse sus-claviculaire. Un petit ganglion mobile est perçu à ce niveau, Elle se déplace très légèrement dans la déglutition. Inférieurement, elle plonge dans le médiastin antérieur et sur une radiographie (D° LEenmann), l’on aperçoit l’extrémité inférieure de son ombre opaque au contact de

ail

la crosse aortique, Le nodule intrathoracique refoule fortement la trachée à droite.

Le malade est véritablement cachectique, La peau se plisse faci-

lement, les masses Musculaires ont disparu. L'asthénie est extrême.

Exophtalmie marquée. Tremblement très intense : il ne peul se déshabiller seul, Le cœur est peu touché. Pouls : 72. Examen. la- TYnS0sCopique : récurrent indemne. Poids : 51 kg. 600.

Soins pré-opératoires. — Le malade est mis dans l'obligation de quitter complètement ses affaires avec repos au lit. Lugol. Le 3 mars, il se sent mieux, moins fatigué. Poids : 53 kg. Un rhume fait remettre l'intervention. La cure: de repos est continuée. Lugol les 6 jours qui précèdent l'intervention.

Le 20 mars : anesthésie locale. Hémi-thyroïdectomie. Après section de l’isthme et libération du pôle supérieur du lobe gauche, le pôle inférieur intrathoracique: est extériorisé. Hémostase très rigoureuse, Le tissu celluleux sous-pleural est visible en dehors. Grosses veines rétro-sternales.

Examen, histologique (D Leroux). Adénome du corps thyroïde avec vésicules de tailles très variables contenant une substance colloïde abondante. Aucun symptôme de malienité.

Suites opératoires. — Ablation du drain le 2° jour. Réveil de la congestion pulmonaire avec tachy-arythmie, Mais la poussée d’'hyperthyroïdisme est peu marquée et d'emblée Je malade se sent très soulagé. Il quitte la clinique le 19° jour.

Le 16 avril 1928, malade, reconnaissant, se sent transformé. Le tremblement est devenu imperceptible : l'écriture est parfaite. Les garde-robes régulières. Poids : 60 kg. 300. La dyspnée a disparu, ainsi que la douleur dans le bras gauche signalée avant l’intervention.

En mai 1958, poids : 61 kg. Le malade très calme se sent de mieux en mieux. Il a consolidé sa guérison par un repos prolongé et nous l’autorisons à reprendre ses occupations. Le malade est revu en 1490 : la guérison persiste.

OBSERVATION Vif]

Madame Adrienne P.…., 42 àns (malade du D' Wezri). Entrée le 1-3-32. Opérée le 4-3-32. Sortie le 12-3-39.

Malade soignée depuis 6 ans pour des troubles respiratoires étiquetés emphysème, entrecoupés d'épisodes pulmonaires aigus.

L'essoufflement augmente sans modifications de la voix. Le diagnostic .de-goitre à évolution thoracique est posé à la suite d’un examen radiocraphique.

La malade présentait un goitre depuis 20 ans, Ce dernier a grossi peu à peu devenant visible au niveau de la région cervicale droïle. Vers l’âge de 35 ans, c’est-à-dire depuis le début des accidents, la déformation cervicale était deventwe moins mette.

À l'examen (r-3-32) on constata l'existence d’un goitre charnu intéressant le lobe droit du corps thyroïde qui ne semble pas descendre derrière le plastron sterno-costal droït. Mais cependant, on sent une résistance derrière l'extrémité interne de la clavicule «et l’on perçoit une malité sous-claviculaire descendant jusqu'au 3° espace intercostal.

La trachée est refoulée sur la gauche. 4

Il existe un certain degré de dilatation veineuse au niveau de fa partie supérieure du thorax. L

L'état général est bon, pas de défaïllance cardiaque ni de basedow.

Pue So:

Antécédents : myomectomie en 1925 (anesthésie à l’éther par inbalation difficile). A

Intervention le 4-3-32 (D' WELti).

Invision tranversale cervicale basse sous anesthésie locale.

On ne trouve dans la région cervicale que l'extrémité toute supérieure du goitre dont la presque totalité est enclavée dans le tho- Tax.

La libération du pôle supérieur ne permet pas la mobilisation de la tumeur. On introduit un doigt dans le thorax en restant au contact de la tumeur et on libère des adhérences très dures.

Des pinces de traction sont mises sur le goitre. Une quantité assez importante de liquide œdémateux s'échappe.

On continue à libérer la masse au doigt, ce qui détermine une hémorragie veineuse importante et permet l’extériorisation brutale du goitre. La malade a la sensation d’étouffer pendant cette manœuvr mais rapidément elle se sent mieux. Ligature de l'artère thyroidienne inférieure.

Résection très large du goitre, hémostase, court drainage, fermeture.

Suites opératoires : poussée de température à 38,5 le »° jour. Le pouls est à 100. Mais dès le 5° jour tout rentre dans l’ordre et la malade sort 8 jours après l'opération, guérie.

Les résultats éloignés sont excellents. La dilatation des veines superficielles du thorax a regressé, L'état général s’est considérablement amélioré. ;

Etude de la masse reséquée : Elle est arrondie, 9 cm. — 5 em., et présente à la coupe la forme d’une cavité cloisonnnée par l'existence d'adhérences multiples,

Les unes sont à contenu thématique et leur paroi rappelle la paroi des vieilles cavernes tuberculeuses.

La coque qui entoure la masse est dure. Elle est formée par ja coalescence de couches multiples fibreuses stratifiées.

En dehors la coque est épaisse, noirâtre, infiltrée de sang.

La poche est calcifiée dans $a partie inférieure.

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