OBSERVATION XV
Madamè J... (5h ans). Entrée le 26 octobre 1935. Opérée de 22-10-35. Sürtie le 28 ‘octobre 1939.
Jüsque-là ‘bien portante. C'est au mois de mai que la malade à présenté ‘une érise de ‘dyspnée extrêmement pénible qi a ‘duré 2 jours. Depuis celte crise, elle présente par moment une « sensation de gène » derrière la partie RORREUS dû sternum et au niveau de la région précordiale. Elle a, par intermittence, la sensation d'un corps étranger mobile ‘dans Ja gorge dont'elle cherche en vaïn à se Hibérér, Ces troubles, peu marqués au début, sont aHés en augmentant. Elle ne présente cependant aucune gêne à la déglutition, aucüñe altération de la voix. Un examen radiodraphique montre l'existence d’une masse médiaslinale,
L'inspection ne ‘permet de déceler aucune modification de 1h rérégion cervicale. Jamais d'ailleurs la malade ne s'est aperçue de l'existence ‘d'un goilre. we
Au palper, on sent vaguement derrière le muscle sterno-cléïdo- Mastoïdien gauche et au niveau du creux sus-claviculaire Je pôle: supérièur d’une masse de consistance molle, Le conps thyroïde semble normal. On ne note aucun symptôme du côté du thorax et on se
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demande si cette masse répond bien à celle découverte par l'examen radiologique. Aussi un nouvel examen est-il pratiqué en colltboration avec le D' HÉLIE. H permet de noter Fexistence d’une opacité ovalaire qui coifle de face le sinus aortique et s'étend en largeur sur 3 centimètres environ de chaque côté des premières vertèbres dorsales, asson brissant ainsi le tiers interne des sommets. En O, A. (Be
Radiographie de face de Mme J...
l’opacité NET la partie supérieure de J'espace clair médian. Les mouvements de déglulition,. la toux modifient un peu la sitüation de cette opacilé et permettent de porter le diagnostic de goitre plongeant. En faisant avaler un cachet opaque au malade, on note un arrêt à la hauteur äu pédic 4 aortique. (Cet arrêt persiste malgré les mouvements ce déglutition. On fait absorber de la bouillie barytée, l'soptage est dévié en arrière et à droite. Il ne présente aucune anomalie pariétal. Il circonscrit dans sa concavité l'opacilé décrite.
Ceci confirme la présence à ce niveau d’une tuméfaction à.contours réguliers. On observe un retard dans la traversée de la partie supérieure de l’'æsophage.
L'examen larynogoscopique montre l'existence d’une déviation trachéale. Les nerfs récurrents ne sont pas lésés. La tension artérielle est à 17-10. Le pouls est rapide mais régulier. L'état général est bon.
L'intervention est pratiquée le 2 octobre sous anesthésie locale. On pralique une incision cervicale et l’on ne constate aucune saillie du corps thyroïde (on croit mème un moment à une erreur de diagnostic).
On sectionne tranversalement les muscles, On aperçoit alors le lobe gauche qui, sans faire de saillie antérieure, est volumineux, dévié latéralement et descend, refoulant la trachée.
Pour libérer le goitre, on sectionne la branche antérieure de l’artère thyroïdienne supérieure de l’isthme. On n'arrive pas à libérer l’adénome. On attaque la masse plus en arrière et l’on constate que le pâle supérieur de l’adénome remonte en arrière plus haut que le pôle supérieur du corps thyroïde primitivement libérée (il s’est développé en arrière des ligaments trachéo-thyroïdiens). En essayant d’extérioriser la masse on rompt une cavité kystique qui contient un liquide citrin. On arrive, après section des vaisseaux abordant le goitre par en dehors, à luxer le pôle inférieur qui débor eu la face antérieure de la trachée sur la droite.
En sortant du goitre, l’œsophage est attiré. 11 adhère en un point qu'on libère en passant dans le corps thyroïde.
Au cours de la libération, la voix devient rauque puis éteinte au moment où une ligalure est placée dans la région des ligaments trachéo-thyroïdiens. On cherche à découvrir le nerf. Il est accolé à la trachée, en dedans du goitre, mais à la partie supérieure il se place sur un plan antérieur à l’adénome tout en restant interne par rapport à ce dernier,
On retire la ligature qui était à son contact. Le nerf semble indemne. La voix reste rauque à la suite de cette libération. On vérifie la loge médiastinale, Hémostase attentive, drainage de Ja poche.
Le soir de l'intervention, la voix est normale, mais le lendemain, la malade est dysphonique, sa voix est voilée.
L'hémilarynx gauche est immobile, l’arythénoïde un peu basculée en avant, la corde vocale n'est pas détendue.
Le malade recouvre progressivement la voix, compensant son hémi<paralysie laryngée.
Elle sort le 6° jour considérablement améliorée.
iNSPS