‹ Étude du Jalap: SynthèseChapitre 12 sur 21 · FAUX JALAPS PROPREMENT DITS · texte numérisé non relu

FAUX JALAPS PROPREMENT DITS

Mirabilis jalapa longiflora ou belle-de-nuit (nectaginées). — La racine du mérabilis jalapa est purgative et, à ce titre, a été subslituée au jalap; elle est compacte, dure, pesante, d’une saveur douceâtre mêlée d'un peu d’âcreté; elle se présente en tronçons cylindriques de 0,05 à 0,10, grisâtres extérieurement, plus pâles à l’intérieur, dont les surfaces transversales offrent des cercles concentriques très-serrés, proéminenlis.

Racine de bryone (cucurbitacées). — Elle est sèche, plus légère, plus cassante el moins foncée en couleur que celle du vrai jalap, blanche et coupée en rouelles d’un grand diamètre, marquée de stries concentriques ; son odeur est désagréable, sa saveur àcre et amère; purgalive à la dose de À à 2 grammes.

Racine de méchoacan, ainsi appelée du nom de la province du Mexique qui la produit.

Comme nous l'avons déjà dit à la partie historique, Monardès,

dans son ouvrage sur les plantes du Nouveau-Monde, dit qu’on apporlail alors du Mexique, où elle était très-usitée comme purgalive, une racine dite de méchoacan ; elle a été attribuée dans la suile à un convolvulus, à tort; on sait aujourd’hui qu'elle est fournie par l’asclepias contragerva (asclepiadacées).

Celle racine est, sous forme de rouelles assez grosses ou de morceaux, mondée de son écorce, dont elle a conservé quelques vesliges jaunâtres avec des taches brunes et des restes de radicules; elle est blanche, farineuse à l’intérieur, inodore, d’une saveur presque nulle au début, puis légèrement âcre.

C'est un purgatif faible, aujourd’hui inusité.

Réveil a fait connaître, en 1862, un faux jalap que Guibourt à attribue à un agave, voisin de l’agave americana (amaryllidées).

Faux jalap rouge. — Ce jalap provient des excroissances qui se développent sur le goyavier (Jourdannel) (myrtacées); son décocté aqueux ne contient pas d’amidon et ne bleuit pas par l’iode ; il est peu purgalif.

Guibourt pense que c’est la racine lubéreuse d’une convolvulacée, en fragments contournés par la dessication et tubériformes, gris, brunâtres ou rougeâtres, à surface rugueuse. La surface intérieure présente des stries concentriques et radiaires d’une grande régularité.

Traité par l’eau, il donne une belle liqueur rouge, que les sels de fer précipitent en vert-noirätre.

Faux jalap à odeur de rose. — La racine de ce jalap a êté trouvée par M. Brazil, droguiste à Paris, mélangée à des balles de jalap venant du Mexique ; elle ressemble tellement au vrai jalap, qu'il faut un examen lrès-atlentif pour l’en distinguer.

Elle se présente en tubercules ovoïdes, allongés, atténués en pointe à leurs extrémités, dont la surface est toujours très—

Pire

profondément sillonnée, noirâtre dans le fond des sillons, mais presque blanche sur les parties proëminentes, par suile du frottement réciproque des morceaux ; l’intérieur est presque blanc. La coupe transversale n’est pas susceptible d’être polie, ce qui est un caractère du vrai jalap; elle est poreuse, blanchâtre, surtout au centre avec des cercles concentriques colorés en brun. Celle racine, respirée en masse ou pulvérisée, exhale une odeur de rose assez marquée, caractéristique.

Elle renferme une assez grande quantité de principes amylacés el sucrés; par son odeur de rose, elle se rapproche du bois de Rhodes des Canaries, racine ligneuse du convolvulus scoparius, imprégnée d’une huile volatile analogue à celle des roses.

Guibourt en a extrait une résine à peine purgative, d’où il résulte que la racine elle-même est à peu près inerte, c'est ce dont a pu se convaincre M. Rayer dans son service de la Charité, à Paris.

Selon le professeur Léon Soubeiran, ce jalap n'offre ni cellules résinifères, ni des masses irrégulières de résine, mais des veines ou raies de cellules colorées paraissant vides ; on n’y a trouvé que des grains de fécule assez abondants, ce qui a fait croire au D' Grosourdy que c’élait une variété de patale jaune (convolvulus batatas) cultivée aux Antilles.

Aconitum ferox. — Signalons une substitution qui eut lieu à Constantinople, où le jalap fut confondu avec l’aconitum ferex de l'Inde (Schroff) el occasionna des accidents fort graves; sa racine peut, en effet, être prise pour du jalap digité.

Elle s’en distingue par lirrégularité de ses sillons extérieurs, les cicatrices des radicelles à l’intérieur, l'absence d’étui médullaire et la disposition remarquable des faisceaux vascu- Jaires isolés les uns des autres, disséminés dans une écorce

FERIRE volumineuse; enfin, un caractère spécifique, c’est la saveur brûlante de l’aconit en général (1).

Outre ces diverses falsifications, M. Lepage, de Gisors, a sigualé un faux Jalap, qui, divisé à l’aide du pilon, présente aspect rouge-rosé de la racine de squine (smilax china) (smilacées).

I donne, avec l’alcool une teinture rouge que l’eau ne trouble nullement, ce qui indique qu’il ne contient pas de résine.

Son décoctè aqueux ne bleuil pas par l’iode, réaction qui a toujours lieu avec le vrai jalap, lequel, comme l’on sait, renferme une nolable proportion d’amidon.

M. Réveil a présenté, à la Société de Pharmacie de Paris, des poires lapées qu’on avait proposées sous le nom de jalap.

(1) Thèse de M. Patrouillard sur les Aconits, 1870.

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