DU JALAP EN PARTICULIER
Le jalap (convolvulus officinalis. Pelletan), (ipomæa purga. Choisy), ipomæa jalapa. Nutltall), (exogonium purga. Bentham) est une plante à tiges herbacées, cylindriques, sarmenteuses, longues de 5 à 7 mètres, lisses, d’un brun brillant; les feuilles sont alternes, cordiformes, longuement acuminées, profondément échancrées à la base, pétiolées, glabres à leur face supérieure, velues inférieurement.
Les fleurs sont grandes, violacées ou rose tendre, solitaires à l’aisselle des feuilles ; le calice est très-court, persistant à cinq divisions; la corolle est infundibuliforme ou hypocratériforme, à limbe très-évasé el à cinq lobes à peine apparents ; les élamines et le pistil sont très-longs, et sortent du tube de la corolle.
La capsule est ovoïde, arrondie, mince, entourée par le calice, ordinairement à quatre loges contenant chacune une ou deux graines anguleuses.
De la culture. — Cette plante croît spontanément au Mexique, dans les Florides, la Caroline et la Géorgie; le jalap qui nous est apporté par le commerce, provient en grande partie du Mexique où on le trouve surtout, comme nous l’avons dit, dans le voisinage de Xalappa, de Chiconquiaco et de San- Salvador. Dans cetle région, on ne connaît guère que deux saisons : la saison des pluies qui commence au mois de juin ou de juillet, et finit au mois de septembre où d'octobre; celle des sécheresses, qui dure huit mois, depuis octobre jusqu’à la fin du mois de mai; c’est par conséquent l'humidité en été, la sécheresse en automne, conditions qui paraissent indispensables à la culture de l’exogonium purga, si l'on s’en rapporte à Hanbury, Savant anglais, qui s’est beaucoup occupé de l'étude dujalap.
Si l’on en croit toujours ce dernier, la plante préfère l'ombre et se trouve seulement dans les forêts, où elle grimpe sur les arbres etsur les arbrisseaux ; les fleurs paraissent en aoûtet en septembre.
D'après le D' Schiede, le jalap demande un sol végétal, riche et profond.
Les Indiens de Chiconquiaco commencent à cultiver le jalap dans leur jardin ; mais d’après le D' Symes, médecin américain, le jalap serait un exemple de plantes qui paraissent perdre par la culture une partie de leurs propriétés médicinales.
Récolte du jalap. — On récolte la racine de jalap toute l’année; mais d’après le D' Schiede, il serait préférable de la relirer de lerre avant l’apparilion des jeunes pousses, c’est-àdire en mars ou en avril.
La seule préparation que les Mexicains donnent à la racine du jalap, consiste, après l’avoir arrachéeet neltoyée, à lacouper, selon son volume, par tranches transversales, ou par quartiers,
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ou seulement en deux morceaux, ou même simplement à l’inciser lorsqu'elle n’est pas assez grosse; puis après lavoir fait sècher à l'ombre, ils la mettent dans le commerce.
Les tubercules sont lantôtarrondis, tantôt allongés; les tubercules frais sont blanchâtres, presque inodoreset pleins d’un suc visqueux, pourvu d’une àcrelé spéciale. Commeil serait presque impraticable de les faire sècher au soleil, pour hâter la dessiccation, on les renferme quelquefois dans un filet et on les suspend au dessus d’un âtre presque toujours brûlant, où ils sèchent graduellement, en acquérant souvent un aspect noirâlre el une odeur fuligineuse.
Après dix où quinze jours, le jalap est sec, el c’est alors que des collecteurs, indiens pour la plupart, l’enlèvent et le transportent à Xalappa, où il est achevé pour être envoyé en Europe, en passant par Véra-Cruz.