ESSAIS DE CULTURE
La production du jalap est peu abondante et incertaine; ce qui est plus grave, c’est que la racine commerciale est souvent de mauvaise qualité, soit qu’elle aitété desséchée d’une manière défectueuse, soit qu’elle ail été récollée dans un élat trop jeune, quelquefois enfin elle est associée avec des substances qui lui sont étrangères. Tous ces motifs ont poussé les savants, à diverses époques, à essayer d’acclimater cette plante hors du Mexique, son pays de prédilection. Nous allons faire lPhistorique des divers essais faits en vue d’oblenir ce résullat.
En 1868, dans un mémoire publié par la Société d’acclimalation de Paris, M. Hanbury fit la description d’un lubercule qu'il avait planté en mars 1867 dans un jardin exposé au sud,
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à Clapham près Londres. Ce tubercule poussa vigoureusement et donna quelques fleurs à l'automne suivant; hiver élant arrivé, il fut protégé par un paillason contre l'excès du froid ou de l’hamidité. En mai 1868, ce pied fournit vingt tubercules pesant environ 750 gr.; ilen conclut que le jalap pouvait se multiplier rapidenent, mais il ne pensait pas qu’il pût conserver dans nos pays, à un égal degré, les propriétés médicales.
M. Haubury ajoutail: «que le jalap pousse plus ivigoureu-— »sement en plein air que sous les vitrages d’une serre et que, »pour peu qu'il soit protégé par un abri quelconque, il peut » passer sans inconvénient l'hiver dans le sol.»
Il indiquait, comme devant parfaitement convenir pour la culture du jalap, le jardin d'Octacamund, dans les Neilgherries (présidence de Madras, Indes-Brilanniques), où divers essais de cullure furent tentès avec quelque succès.
M. Wilsson, directeur du jardin botanique de la Jamaïque, avait déjà planté en 1866 un tubercule de jalap qui donna ua beau produit ; M. Wilsson ne doutait pas que le jalap cultivé dans les montagnes de la Jamaïque püt devenir un article de commerce; il parait en effet devoir y prospérer; mais d’un autre côté, il est apparent que le jalap caltivé à la Jamaïque contient bien moins de résine que celui du Mexique.
M. Smith a fail aussi des essais à Dublin, et il a obtenu de 9,2 à 11,97 de résine, ce qui vient à l’appui de l'opinion qui a élé émise par certains auleurs que cette plante pourrait être cultivée en frlande.
(4) I résulte des observations faites par M. Bain, au Trinity, collège de Dublin, en 1870, que ie jalap y pousse très-bien depuis et fleurit abondamment à chaque automne, dans un terrain sablonneux et très-fumé; les plants y sont eultivès au pied d’un mur, et à une exposition chaude, condition qui paraît
(1) Pharmaceutical journal, and transaet., t. xt, p. 842, 1870.
L préférable à la culture sans abri, comme nous l'avons dit plus haut.
On a reconnu aussi l'avantage de faire grimper les rameaux Je long de luleurs. S'il faut ajouter foi aux observations de M. Smith, il est nécessaire de transplanter tous les deux ans leg e. pieds de jalap, où tout an moins de renouveler la terre autour ; les tubercules doivent être enterrés assez profondément, et, l'hiver, il est prudent de les proléger par un paillis contre le froid.
MM. Nees d’Esembeck et Marguartt ont émis l'idée que le jalap pourrait être cullivé avec avantage en Europe, car il * a supporté l'hiver de 1833-1834, en plein air, dans le jardin — de Bonn (Allemagne).
En résumé, les essais d’acclimatalion tentés en Europe semblent indiquer que le jalap pourrait s’y bien trouver et
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| donner de beaux produits.
| Nous sommes heureux de signaler les essais faits dans le 4 Midi de la France par MM. Planchon, notre savant professeur
de Montpellier, Durieu de Maisonneuve 4 Bordeaux, et Theuret à Antibes, tentatives qui ne furent pas couronnées de succés, Ce fait fut attribué au climat de ces diverses localités, qui est beaucoup plus sec que celui de la région où le jalap crofl naturellement.
Car, dit M. Durieu de Maisonneuve: «il est acquis que le » jalap périt par l'effet des longues sécheresses de nos élés, el » que les tubercules sont sujets à pourrir sous l'influence des »pluies d'automne.» Des tubercules de jalap ont été aussi plantés à Madère, où il réussirait probablement, élant placé dans un site suffisamment élevé,
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