SOCIÉTÉ BOTANIQUE 1)E FRANCE
t|iic le bulbe descendant do la Tulipe est inséré à l’extrémité de la cavité de l’éperon, le bourgeon charnu de l ’Hermodactylus est inséré au même niveau que la feuille prolongée en éperon, et n’est par conséquent pas déplacé comme chez la Tulipe. 1.'éperon de Y Hermodactylus diffère davantage encore de celui des ophrydo-bulbes ; la partie inférieure de l’éperon est distendue chez les ophrydo-bulbes par une production radiculaire qui y est adhérente; chez VHermodactylus comme chez le Tulipa, il n’existe immédiatement aucune production radiculaire, les racines ne se développent qu’à une époque où le sac est depuis longtemps détruit; chez le Tulipa, le sac recouvre un bourgeon bulbeux à tuniques libres jusqu’à leur base, un bourgeon franchement foliaire; chez Y Hermodactylus, le sac recouvre un organe axilo-folaire.
M. Planchon dit qu’il ne peut partager la manière de voir de M. Germain de Saint-Pierre. Pour lui, tout le rhizome de Y Iris ne saurait être considéré comme une seule feuille. Il admet bien que la feuille la plus extérieure du bourgeon fasse suite au rhizome, mais non pas que ce soit sur cette feuille que s’attachent les autres feuilles. Il demande en outre à M. Germain de Saint-Pierre si positivement, pour lui, l’épiderme d’un tubercule d’Orchis est une feuille, et l’intérieur une racine.
M. Germain de Saint-Pierre répond à M. Planchon,
Qu’il regarde In partie solide et d’apparence axile du rhizome charnu de Y /ris ( Hermodactylus ) tuberosa, comme étant la base ou partie engainante d'une feuille charnue, non-seulement parce que le limbe continue directement cet organe dans toute son épaisseur, mais parce que chez certains bulbes (chez celui de YAgraphis campanulata, par exemple) il a vu des formations analogues et de nature autant foliaire qu’axile; chez YAgraphis, des feuilles charnues constituent, en se soudant entre elles, de véritables rhizomes qui présentent des bourgeons aux points où cessent les soudures. Chez Y Iris tuberosa, la masse charnue est formée par une partie pétiolaire, ou, ce qui diffère peu, par une gaine charnue dont la cavité est nulle par oblitération congénitale ; quant au bourgeon qui se développe au sommet de cette partie pétiolaire ou à la hase du limbe qui la termine, sa production est analogue à la production du bourgeon qui se développe sur, le
limbe de la feuille bulbifere d’un Allium à bulbe pédicellé, ou sur le limbe
detoute autre des feuilles gemmipares sur la nature desquelles M. Germain de Saint-Pierre a appelé récemment l’attention des botanistes.
Relativement a la structure du faux bulbe des Ophrydées (ophrydobulbe), M. Germain de Saint-Pierre répond a M. Planchon que l’épiderme