‹ Étude du rôle actuel du lavement baryté dans le diagnostic et le traitement de l’invagination intestinaleChapitre 10 sur 11 · LACS · texte numérisé non relu

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Et dans les cas où le lavement baryté n’amène pas la réduction intégrale, il présente souvent l'intérêt capital de repousser le boudin dans la fosse iliaque droite et, ce faisant, il rend l'intervention plus rapide, plus facile, moins génératrice de complications.

De l'utilisation du lavement Baryté thérapeutique en France et à l'étranger

Disons tout de suite que, dans ce chapitre, nous classerons comme partisans du lavement baryté thérapeutique tous les auteurs qui lui accordent le pouvoir de réduire à lui seul une invagination intestinale sans aucun recours à l'intervention. Nous n’établirons donc pas de distinction entre les fanatiques de la’ réduction par lavement qui cherchent à l'obtenir avec ténacité et ceux qui la tentent systématiquement parce qu’ils la considèrent comme la plus heureuse éventualité, mais ne s'obstinent pas en cas d'échec.

A l'inverse, nous considérerons comme adversaires tous ceux qui envisagent l'intervention comme inéluctable, qu’ils la pratiquent sitôt le diagnostic posé, ou en tant que laparotomie vérificatrice, après une tentative de réduction par lavement qu’elle ait ou non échoué.

En France, de nombreuses discussions mettent aux prises partisans et adversaires de la méthode de 1925, date de la première tentative de réduction par E. POULIQUEN, à 1932, date à laquelle Professeur OMBREDANNE prend nettement position dans son traité de chirurgie infantile.

Il y dit notamment : « Il est aujourd’hui admis que le lave-. ment baryté donné sous le contrôle de l'écran radioscopique est un procédé qui a toujours une haute valeur pour préciser le diagnostic, qui souvent suffit à la réduction et qui, même en cas d'échec, améliore les conditions opératoires. »

Plus loin, il ajoute : « Il a suffi à donner la réduction complète, c’est-à-dire la guérison de l’invagination dans un nombre. important de cas d’invagination du type iléo-cæcal. »

Traitant enfin des inconvénients, il les réduit à ceci : « Ils

‘Sont à peu près nuls sauf la perte de temps qui, en cas d'échec, résulte de son application. »

Il adopte la même attitude lorsqu'il présente à la Société de Chirurgie, le 28 janvier 1931, un rapport de FRUCHAUD et PEIGNEAUX, reconnaissant toute l’ opportunité du lavement baryté mais spécifiant qu'il doit être pratiqué par le chirurgien et ne doit pas entraîner un trop long retard.

De 1932 à 1947, les communications aux diverses Sociétés de Chirurgie, Pédiatrie, Radiologie se raréfient et aucun travail important n’est publié. Tout le monde semble s'être rallié à la sagesse de son opinion.

Mais, ces temps derniers, un certain nombre de chirurgiens firent rebondir la discussion. Sans apporter d’ailleurs à l’appui de leur thèse l'intervention de faits nouveaux ou des statistiques personnelles importantes, ils déclarèrent fermement se ranger à l’avis du Professeur SORREL, de MM. BLOCH, Mou- CHOT, ROHMER, etc. qui considèrent que l'intervention doit être systématique. Parmi eux se trouvent, par exemple, le regretté Professeur LEVEUF, DUHAMEL, le Professeur HEP, pour qui « le dogme chirurgical de l’invagination reste infaillible », etc., etc.

Jusqu'à un certain point, ils semblent exprimer une tendance actuelle en France où l’on reconnaît la valeur du lavevent baryté thérapeutique, mais où beaucoup s’entêtent à vérifier systématiquement.

A Paris, le Professeur FÈVRE le considère comme une excellente thérapeutique tout en conseillant de la réserver aux Cas récents et de ne pas s’obstiner.

A Lyon, TAVERNIER n’a pas craint de dire récemment « La valeur du lavement, pour réduire assez souvent et dans les autres cas pour simplifier l'opération, n’est plus discutée par personne et tous les chirurgiens lyonnais (MATHIEU, MARION, GUILLEMINET, BRUNET, LATREILLE) se rangent à cet avis. » À Brest, le Docteur E. POULIQUEN en reste un propagandiste acharné et sa dernière statistique (15 réductions par lavement sur 17 invaginations) ne l’incline pas à changer

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d'opinion : Te jour où le diagnostic sera fait précocement, l'opération, dit-il, ne sera plus qu’un pis-aller. » L’attitude étrangère, elle, est facile à connaître dans des pays comme Suède, Norvège, Danemark, U.S.A., Amérique du Sud, où l’invagination est une affection fréquente, où surtout chirurgiens et radiologistes font connaître le résultat de leurs

travaux et expériences.

Mais il existe des régions où l’une ou l’autre de ces conditions n'étant pas remplie, elle reste plus difficile à élucider.

En Suède, en Norvège, au Danemark, l'unité est faite en faveur du traitement par lavement baryté. Trois traités intéressants y ont paru à ce sujet depuis six ans : « The value of the baryum enema in the diagnosis and treatment of intussusception in children » par Jems Munch NORDENTOFT en 1943, « Intussusception in children » par Stuce NyBoORG en 1943 dans les Acta Chirurgica Scandinavia, et enfin « Intussusception in children — Diagnosis and therapy with baryum enema » par Hans HELLMER en 1948. | |

De ces trois auteurs, l’un, NYBORG, est le plus réservé, qui recommande de ne pas passer plus d’une demi-heure dans la salle de rayons X, de ne pas élever la pression à plus de 80 cm, de ne pas répéter une tentative de réduction par lavement ayant abouti à un échec; mais les deux autres, NORDENTOFT et HELLMER, conseillent une plus grande audace, ne craignant pas de répéter deux ou trois fois les tentatives de réduction “par lavement chez les invaginés dont l’état général le permet et d'appliquer une pression de 1,50 m.

De nombreux autres spécialistes : Jacob NORDENTOFT, SJÔSTRÔM, EDBERG, HINDMARSH, etc. ont fait paraître des communications sur ce même sujet où ils se montrent tous partisans du lavement baryté thérapeutique.

En Hollande, pays qui, géographiquement, n’est cependant pas éloigné du Danemark, la documentation est beaucoup moins aisée. Nous ne connaissons guère comme travaux récents que la thèse de J.-P. DE JONG, « Darminvaginaties » (Groningue, 1940), où le lavement baryté est fort mal considéré. Il n’est pas exempt de dangers, dit on auteur, et n’élimine aucune cause

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