‹ Étude écologique de Locusta migratoria migratorioides Rch. et FrmChapitre 129 sur 146 · Critique des interprétations antérieures · texte numérisé non relu

Critique des interprétations antérieures

Les connaissances acquises en 1950 — année durant laquelle se prépara la plus forte pullulation enregistrée depuis 1928 — et les enseignements que nous

apportent les autres pullulations survenues depuis la création du service de surveillance de l’aire grégarigène, permettent d'aborder d’un point de vue nouveau

les événements de 1928. Cependant, bien des lacunes subsistent, qui sont dues tant à la nature fragmentaire des renseignements. concernant les origines de l’'mvasion de 1928 et celles des pullulations antérieures à 1950, qu’à l'absence de documentation climatologique pour la partie centrale de la zone d’inondation avant 1949, et à la méconnaissance des circonstances qui précédèrent l’apparition de bandes considérables dans la région de San en 1951. Néanmoins il est nécessaire de réviser une partie des hypothèses faites antérieurement par ceux qui n’eurent pas la bonne fortune d'assister à la préparation d’une invasion, mais réussirent cependant à dégager des conclusions d’une justesse remarquable. |

a) PÉRIODE D’ACGROISSEMENT DU NOMBRE DES INSECTES.

La rapide augmentation des effectifs des générations F, (1950) à F, (1950) constatée à Dogo, puis l’apparition massive des bandes larvaires en F, (1951), montrent bien que l’accroissement du nombre des insectes se produit graduellement ; elles attestent par contre qu'il n’est pas nécessaire d'envisager une progression continue du nombre des individus pendant ? ou 3 années consécutives pour expliquer l’apparition d’essaims considérables. Les estimations grossières de l'importance numérique relative des différentes générations observées en 1950 à Dogo (cf. p. 178) indiquent qu’il n’est pas exceptionnel d'assister à des accroissements d'effectifs de l’ordre de 1 à 10 ou même de 1 à 100 entre ? générations consécutives ; un tel taux d’accroissement justifie l’apparition d’un nombre d'individus extrêmement élevé, en très peu de générations.

Les auteurs semblent sous-estimer les possibilités de multiplication de l'espèce dans les conditions naturelles de la zone d'inondation du Niger ; de plus, leurs hypothèses, fondées sur l’accroissement régulier des effectifs pendant les deux ou trois années qui précédèrent l'invasion (c’est-à-dire pendant 5

à 10 générations conséculives), ont pour corollaire la réussite de chacune de ces

générations ; l’échec d’une seule d’entre elles aurait suffi à ramener l'effectif à ce qu'il était plusieurs générations plus tôt. : Il est difficile d'imaginer que le milieu soit demeuré constamment favorable

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