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à l'espèce au cours de 5 à 10 générations successives et qu'aucune ne se soit trouvée enrayée dans sa multiplication ; l’étude des facteurs susceptibles de modifier et en particulier de diminuer le nombre des larves et celui des ailés des différentes générations du cycle annuel a mis en évidence l'existence de périodes critiques pour l’espèce ; ainsi, à un accroissement progressif des effectifs pendant la saison des pluies, succède généralement un abaissement de ceux-ci pendant la crue ou en fin de saison sèche. De plus, si les possibilités de multiplication sont limitées, les conséquences de l’échec d’une génération ne le sont pas : l'effectif d’une génération ne peut pas être beaucoup plus d’une centaine de fois supérieur à celui de la précédente, par contre, il peut être plusieurs milliers de fois inférieur.
b) EPOQUE D’APPARITION DES BANDES PRIMITIVES.
Les considérations précédentes font penser que les premières bandes se sont formées plus tardivement que ne le supposaient LEAN et ZOLOTAREVSKY. Il est improbable que plusieurs générations se soient succédé, entre le moment de la formation des bandes primitives et celui de la découverte des pullulations de Diafarabé et de San.
Les cinq pullulations enregistrées dans la zone d'inondation du Niger de 1938 à 1951 sont toutes caractérisées par la formation de bandes primitives après le retrait des eaux de crue (génération F,) ; aucun fait ne laisse présumer qu’il n’en fut pas ainsi en 1928 ; les bandes primitives ont donc fait leur apparition vraisemblablement en décembre 1927 et janvier 1928, à la génération de la décrue (F,) ; les bandes de juillet 1928 appartiennent à la génération suivante (F,).
c) LIEUX ET CONDITIONS D'APPARITION DES BANDES PRIMITIVES.
ZoLOTAREVSKY a déjà donné une critique très judicieuse des hypothèses proposées par LEAN ; on peut ajouter que les grandes plaines à Veliveria nigrilana ne paraissent pas particulièrement propices à l'espèce : ses stations préférées sont plutôt celles qui offrent, pour une surface donnée, une grande variété de sites et une gamme étendue de températures et d'humidité relative (cf. pp. 68, 89, 162, etc...).
L'hypothèse de ZOLOTAREVSKY d’après laquelle les parents des larves trouvées en juin 1928 à Diafarabé et à San seraient venus du Nord-Ouest en mai ne paraît pas nécessaire pour justifier le retard des insectes de San par rapport à ceux de Diafarabé. La discordance, signalée par l’auteur, entre ce retard et les climats locaux est en effet peu importante ; les chiffres qu’il donne pour la pluviométrie respective dans ces deux localités sont les suivantes :
avril : 9 mm. à San — 5,4 mm. à Diafarabé mai : 24 mm. à » — 16,4 mm. à »
La répartition des précipitations à l’intérieur de chaque mois n’étant pas connue, on ne peut tirer argument de différences quantitatives aussi faibles (4,6 mm. en avril et 7,6 mm. en mai).