‹ Étude écologique de Locusta migratoria migratorioides Rch. et FrmChapitre 21 sur 146 · A LA MARE HAYRE A LA MARE HADA FE · texte numérisé non relu

A LA MARE HAYRE A LA MARE HADA FE

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FiG. 5.— Profil de la plaine Est de Dogo (coupe A-B de la fig 4) et végétation caractéristique des differents niveaux (cf. pp. 38-46).

versant Est du massif guinéen) sont prépondérants mais le troisième est loin d’être négligeable. On peut estimer à près d’un mêtre la hausse momentanée du niveau provoquée en août par une pluviométrie de 400 mm. (comme cela s’est produit en 1950) ; cette évaluation peut paraître un peu forte, en réalité elle, se justifie par le fait que la presque totalité de l’eau ruisselle sans perte importante (état hygrométrique élevé à cette époque et sol saturé d’eau par les précipitations de juillet) et s’accumule dans les parties basses (la surface recouverte par les eaux en fin août représente un tiers à un demi de celle des espaces inondables).

Malgré l'existence de marigots reliant le Bani au Niger entre Macina, Djenné et Mopti, ces deux cours d’eau présentent souvent un décalage dans l'époque du maximum de leur crue, le Bani ayant généralement une ou plusieurs semaines de retard sur le Niger.

Les régimes respectifs du Niger et du Bani ne varient pas parallèlement. Ainsi une forte crue du fleuve peut être accompagnée suivant les années soit

Fr@. 4. — Relief et hydrographie de la région de Dogo (S.-W, du lac Débo) ; A-B : voir fig. 5 ci-dessus, donnant le profil de la plaine située à l’Est de Dogo.

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d’une crue déficitaire de son affluent qui joue alors un rôle modérateur, soit d’une crue très forte du Bani qui accentue et prolonge son effet.

De toute façon, dans la région de Dogo, l’influence du Niger sur le mode d'inondation des plaines est prépondérante.

b) DESCRIPTION STATIQUE.

Le réseau hydrographique de la région Ouest et Sud-Ouest du lac Débo est fort peu développé. Des marigots au lit largement évasé traversent géné ralement les plaines séparant les toguérés. Aucun d’entre eux n’atteint le Ouallado ; la plupart se perdent dans les mares ou dans des dépressions de faible profondeur ; seuls, les plus importants arrivent à la plaine de Bourgou (Echinochloa slagnina) où ils s’étalent et disparaissent ; c’est le cas des marigots de M’'Bouri et Doundéoui.

La discontinuité du réseau unissant le Ouallado aux plaines voisines est accrue par le fait que ce lac lui-même demeure sans communication avec le Niger pendant plusieurs mois de l’année. Le Ouallado ne reçoit plus l’eau des marigots de Kakagnan et du Diaka (ils sont coupés, en plusieurs points de leur cours entre avril et juillet), de plus ses relations directes avec le Débo sont interrompues.

c) ÉTUDE DYNAMIQUE DE L'INONDATION.

«) La crue en 1950.

La montée de l’eau est plus précoce dans le Niger que dans les bras adjacents: en raison des seuils élevés qui barrent l’entréé de ces derniers tant qu’une cote suffisante n’est pas atteinte. Il en résulte que le début de la montée des eaux à Tilembéya et à Niafounké se produit seulement à quelques semaines d’intervalle, l’eau ne se trouvant pratiquement pas déviée dans les bras secondaires,

Dans le Diaka, le seuil initial de Diafarabé est franchi fin juin. Le 7 juillet, il y a déjà 60 centimètres d’eau dans ce marigot près de Diafarabé mais le seuil de Diabozo situé 15 kilomètres en aval n’est pas encore dépassé (à la même .… époque l’eau monte déjà à Niafounké, c’est-à-dire à 250 kilomètres en aval). Le 29 juillet, la continuité du marigot est établie jusqu’à Kouroubaka et jusqu’au Ouallado. L'eau continuant de monter rapidement ne tarde pas à s’infiltrer par les brèches existant dans les berges et à s’étendre dans les dépressions de la plaine à Echinochla stagnina dès le début d’août dans la région de Dogo.

A ce moment, les plaines intérieures sont détrempées par les pluies de juillet, les mares débordent largement tandis que les marigots les alimentent (en eaux de ruissellement). La situation se trouve brusquement modifiée par les pluies torrentielles de la deuxième décade d'août (244 mm. en 10 jours): les marigots intérieurs, à débit trop faible (ils sont encombrés de place en place par une végétation dense de Riz sauvage) s’étalent sur une largeur de plusieurs centaines de mètres et les mares dans lesquelles ils aboutissent s’épandent sur de vastes étendues que la crue du Niger n’a pas encore atteintes. Le 15 août, les eaux de crue ont envahi complètement la zone de Bourgou mais commencent seulement leur pénétration dans les plaines intérieures,

Il est relativement aisé de reconnaître l’origine d’une étendue d’eau. L'eau de crue se distingue par la progression constante de sa bordure (en terrain plat, l'avancement du front de crue est de l’ordre de plusieurs centimètres par minute) et par la présence de nombreux Poissons de toutes tailles. Lorsque le sol voisin est sec superficiellement, l’eau de crue ne le mouille pas et progresse de façon saccadée ; il existe au contraire, dans le cas de l’eau de pluie, une zone de terrain humide faisant transition entre le sol sec et l’eau.

Le 26 août, la crue a rejoint la plupart des dépressions d’eau de pluie situées à l'Est de Dogo, les marigots venant de la région des toguérés apportent maiutenant d'énormes masses d’eau vers le Ouallado. Le 28 août, la profondeur atteint déjà 1 m. en bordure du Bourgou, le niveau s’est donc élevé de 1 m.en 13 jours soit 7 à 8 cm. par jour. :

Pendant la même période, les plaines basses situées au Sud et au Sud-Est de Dogo se sont trouvées envahies par les eaux : le côté Sud des toguérés d’Ouro N° Dia, de Baré (fig. 16) et de Léouladjié est bordé d’eaux profondes. L'eau de crue à atteint la mare de Dogo le 9 septembre, venant de Baré ; le 15 septembre la jonction est faite entre la mare de Dogo et le marigot de Sarédina. Le sens d'écoulement de ce marigot s’inversa une dizaine de jours plus tard, à peu près au moment des dernières pluies. Les eaux qu'il drainait depuis juillet provenaient des abords du Sahel (région de Dégué, Laougna) et se dirigeaient vers le Ouallado. Il n’a pas été possible de noter l’époque d’inversion du courant dans les autres marigots faisant partie du système du Ouallado.

Cependant, d’après des informations obligeamment communiquées par M. WiINTREBERT, il apparaît que, dans les profonds marigots reliant Diaka et Niger, le sens du courant est déterminé non par les pluies, mais par les diftérences de niveau existant entre les seuils qui les obstruent en certains points de leur cours et particulièrement à leurs extrémités. La cote de ces seuils est susceptible de varier d’une année à l’autre (les bancs de sable qui les constituent se déplacent en effet constamment sous l’action du courant) ; ainsi, selon les années, le marigot commencera à couler dans un sens ou, au contraire, dans le sens opposé et c’est seulement dans l’un de ces deux cas qu’une inversion de courant se produira lors du franchissement du seuil le plus élevé.

Il est donc nécessaire de distinguer :

— les marigots qui drainent les eaux de pluie tombées en des lieux non encore atteints par la crue. — La date d’inversion de leur courant est sujette à d'importantes variations d’une année à l’autre : étant la résultante des deux facteurs — pluies locales et crue du Niger — qui conditionnent le développement de l’inondation, cette date est le fidèle reflet de l’état des plaines.

— les marigots qui sont alimentés essentiellement par les eaux de crue du Niger. — Chez ces derniers, la quantité d’eau apportée par les pluies locales est négligeable auprès des énormes masses d’eau provenant au même moment de la crue du fleuve, elle ne peut influencer le sens de leur courant ; la connaissance de l’époque d’inversion du courant dans ces marigots ne pourra pas servir d’indicateur de l’état des plaines.

Il sérait souhaitable que des observations suivies soient entreprises sur

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le sens et les changements de sens du courant d’un grand nombre de marigots du territoire de l’aire grégarigène ; les résultats pourraient être consignés sur des cartes annuelles.

Fin septembre, les parties des plaines non encore submergées sont réduites à quelques flots situés à faible distance des toguérés. L'augmentation des surfaces atteintes par la crue entraîne alors un ralentissement de la vitesse de montée des eaux : celle-ci se stabilise à 2 ou 3 cm. par jour du 1eT octobre au 15 novembre, puis se réduit à 1,5 em. par jour du 17 au 27 novembre pour la mare de Dogo, où la cote maximum est atteinte au début de décembre.

En bordure du Sahel, la crue atteint son maximum à la même époque ou un peu plus tard. La limite de pénétration de l’inondation vers le Sahel est sujette à des variations sensibles selon les années. En 1950, les eaux ont atteint en plusieurs endroits le cordon de dunes infranchissable qui RACE la zone d’inondation (au Nord de Dégué par exemple).

B) La décrue en 1949-50.

Les issues offertes à l'immense nappe d’eau de la région du Ouallado sont réduites à deux cours d’eau : l’Issa Ber et le Bara Issa (un troisième bras, le Koli Koli est bien moins important que les précédents) (fig. 2 et 3) ; la déclivité de leur lit est très faible. Il en résulte que le retrait des eaux s’échelonne sur une longue période. De plus, l’asséchement des plaines est retardé par les discontinuités du réseau hydrographique signalées plus haut.

Aux environs de Dogo, le début de la décrue se manifeste par un abaissement régulier du niveau sans que se produise l’exondation de surfaces importantes. A la fin de janvier 1950 (soit presque deux mois après le maximum de la crue), l’eau s’est à peine retirée de quelques centaines de mètres en bordure des toguérés. En février, les espaces émergés s’accroissent rapidement tant que les-:marigots continuent à se déverser vers le Ouallado ; à la fin du mois, ceux-ci se trouvent coupés en raison de leur Lit insuffisamment profond.

À ce moment, de vastes dépressions renfermant encore 20 à 40 cm. d’eau se trouvent sans communication avec l'extérieur. Seule, l’'évaporation permettra leur asséchement. L’abaissement de niveau provoqué par l’évaporation a pu être suivi dans la mare de Dogo en février-mars (une échelle provisoire a été installée dans un diverticule de la mare de Dogo) : par temps calme, il est de l’ordre de 0,5 à 0,7 cm. par jour, tandis que par temps agité (vent modéré ou assez fort, force 4 à 5 de l’échelle télégraphique), il peut atteindre 1 cm. rarement davantage. La baisse des eaux est donc ici bien plus lente que Er montée. Il est intéressant de comparer les chiffres obtenus à Dogo avec l’évaluation de la puissance d'évaporation journalière donnée par le Commandant MourçGuess (84, p. 65) pour la surface inondée comprise entre le Télé et le Faguibine, lacs du Nord de la zone d’inondation du Niger : MourGues estime en effet à 0,6 cm. la moyenne journalière d’évaporation.

Au début de mars, les eaux commencent à se retirer de la plaine à Echinochloa stagnina ; le retrait y est rapide à cause de la pente et de la proximité du Ouallado ; en fin mars, il n’y subsiste plus que quelques mares dont l’assé-

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chement est accéléré par la présence d'innombrables troupeaux. A cette époque, la zone comprise entre la plaine à Echinochloa stagnina et les toguérés renferme encore de vastes dépressions inondées, séparées les unes des autres par des espaces où le sol est encore humide. Le tout s’assèche en avril, à l'exception des mares temporaires qui conservent leurs eaux jusqu’au début de mai (mares Petit Kokona, Siladié, Kokongari et Gouro) ou même au delà (mares Diari, Tioulmordjié, Dogo).

La durée comparative de séjour des eaux dans les différentes parties de la plaine peut se résumer ainsi :

— plaine à Echinochloa stagnina : du début août au début mars, soit 7 mois.

— plaine à Eragrostis gangelica et Echinochloa pyramidalis : de fin août au début mars, soit 6 mois.

— plaines bordant les toguérés : début octobre à fin janvier, soit 4 mois.

— plaines voisines du Sahel : novembre à janvier, soit 1, 2 ou 3 mois (selon les années). |

Alors que l’inondation des plaines de la région de Dogo et du Ouallado paraît susceptible de présenter des aspects fort différents d’une année à l’autre, ceci en fonction de l’importance relative des pluies et de la crue, il semble que le retrait des eaux se produise toujours selon les mêmes modalités car il survient en saison sèche ; les seules variantes proviennent de l’importance de

la crue qui l’a précédé: une crue très forte est généralement accompagnée

d'une décrue lente et tardive ; les différentes phases du retrait des eaux peuvent

donc subir un certain décalage dans le temps.

7) L’asséchement des plaines,

Lors du retrait des eaux, la dessiccation des terrains nouvellement émergés se produit plus ou moins rapidement selon la nature du sol. Pour un lieu donné, la vitesse de dessiccation est soumise principalement à trois éléments interdépendants : la température, l'humidité relative et le vent (cf. pp.39-36). Etant donnée la rapidité de variation des conditions météorologiques pendant les trois premiers mois de l’année — en particulier l'élévation brutale des températures (cf. p. 30 et fig. 10) — un retard de l’époque du retrait des eaux doit déterminer une accélération de l’asséchement des plaines. Un quatrième facteur, la végétation, intervient également d’une facon non négligeable, mais son action s'exerce dans deux directions en apparence contradictoires : les plantes puisent, puis éliminent par leur métabolisme des quantités d’eau considérables, tandis que, par le microclimat spécial qu’elles créent, elles préservent le sol d’une dessiccation superficielle rapide, Il y a donc, dans le cas des sols couverts d’une végétation dense et élevée, épuisement des réserves d’eau en profondeur et maintien temporaire de l'humidité superficielle. ‘

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