Climat
Depuis mai 1949, une station climatologique fonctionne à.Dogo. Les relevés et observations effectués jusqu’à la fin de l’année 1950 donnent une idée du
mm,
“1 PLUVIOMETRIE
[En mm.)
2 ‘or 1950
mm. M J J AS M J J A S mois
TILEMBEYA
AUMMIJIEUPEAGS M J J A S mois
NIAFOUNKE
je)
J -F,M'A M JJUAS MJ J AS m
climat auquel sont soumises les plaines voisines du lac Débo. La comparaison de ces relevés avec ceux réalisés, dans les stations les plus proches (Tilembéya, Mopti, Niafounké) pendant la même période, permet de dégager certaines particularités de la région de Dogo et les influences de l’inondation sur le climat local.
L'année 1949 peut être considérée comme assez bien représentative d’une année moyenne ; au contraire, l’année 1950 montre des particularités intéressantes : les pluies exceptionnellement fortes eurent en effet d'importantes
PLUVIOMETRIE ANNUELLE
1939 40 A 42 43 44, 45 46 A7 48 49 1950 s s Années
: IG. 9. — Comparaison des pluviométries annuelles enregistrées à Tilembéya, Mopti, Niafounké de 1939 à 1950 et à Dogo en 1949 et 1950.
répercussions sur les autres éléments du climat. L'étude détaillée des graphiques établis sur les moyennes calculées par décade, nous amènera à préciser l'influence respective de la crue et des pluies sur la température et l’humidité relative.
a) PLUVIOMÉTRIE.
Les précipitations de l’année 1949 se sont élevées à 410 mm. à Dogo (fig. 6) ; à eux seuls, les mois de juillet et août ont totalisé plus de 80 % des pluies annuelles ; mai, Juin et septembre ont reçu des quantités d’eau variables et
Fi1G. 6-8. — Distribution des pluies (par mois et par décade) en 1949 et 1950, à Dogo, Tilembéya É et Niafounké.
30 G. REMAUDIÈRE
irrégulières ; d'octobre à avril, soit pendant 7 mois, aucune pluie mesurable n'a été enregistrée. En 1950, les pluies ont commencé beaucoup plus tardivement : avant le 8 juillet, 8,5 mm. seulement ont été recueillis, contre 72,7 mm. l’année précédente, la saison sèche dura donc 9 mois ; la saison des pluies, réduite à 3 mois, fut par contre caractérisée par des précipitations considérables :
216, 9 mm. en juillet, 412,7 mm. en août (ce chiffre est supérieur à la pluviométrie totale de l’année précédente), 163,4 mm. en septembre, soit un total de 801,5 mm. Deux années de relevés météorologiques ont suffi pour mettre en évidence l'extrême variabilité du régime des pluies dans la région de Dogo, la quantité d’eau tombée en 1950 étant, à peu de chose près, deux fois plus élevée que celle enregistrée en 1949. L’inconstance de la pluviométrie est une caractéristique des régions de transition entre les climats sahélien et soudanien. Si l’on compare les chiffres avec ceux de Tilembéya, Mopti et Niafounké, pour les années 1939 à 1950, on voit (fig. 9) que, malgré sa latitude intermédiaire, Dogo (15°10° N.) se rapproche plus de Tilembéya (14°10° N.) ou de Mopti (14930° N.) que de Niafounké (15°55’ N.). Il est même curieux de constater qu'en 1950 la pluviométrie à Dogo soit supérieure aux maxima atteints à Tilembéya ou à Mopti pendant onze ans.
b) TEMPÉRATURE.
La période la plus chaude de l’année se situe à Dogo de fin mai à début juin tandis que janvier est le mois le plus froid. Les courbes des minima et maxima moyens par décade (fig. 10) (moyenne par décade des minima ou maxima journaliers) sont intéressantes à comparer. à
a) Minima.
Cette courbe se caractérise par un palier se situant entre 22 et 240 C. de fin mai à début décembre ; puis les minima s’abaissent rapidement (chute de 1 à 40 par décade) jusqu’à la mi-janvier, plus lentement ensuite ; la première décade de février fut la plus froide en 1950 avec une moyenne des minima de 11,59 C. L'élévation des minima, très irrégulière en février: et mars, s’accentua en avril et mai. |
L'influence des pluies exceptionnelles de 1950 se traduit sur la courbe par un affaissement (2° C.) du palier juin-décembre pendant les mois de juillet et août. En 1949, au contraire, l'effet des pluies sur les minima est insensible.
La comparaison des ie des minima de Dogo et de Tilembéya {en pointillé) met en évidence l'influence de la crue. À Tilembéya, pendant les hautes eaux (septembre, octobre), la courbe ‘passe par un maximum, puis la baisse des températures est très rapide dès les premiers jours de novembre, c’est-à-dire à une époque où la décrue libère les plaines. Au même moment, les eaux montent encore à Dogo et y maintiennent des minima moyens supérieurs de 5° à ceux de Tilembéya jusqu’en mi-janvier (début du retrait des eaux). A partir de la mijanvier, les minima s'élèvent à Tilembéya et rejoignent seulement un mois plus tard ceux de Dogo. La présence d'immenses nappes d’eau dans la région de Dogo influe d’une façon très sensible sur le climat : elle retarde et freine la chute hiver-
LOCUSTA M. MIGRATORIOIDES SUH LE NIGER EN 1950 31 4 54
( nale des températures minima, La température de l’eau serait intéressante à considérer ici pour justifier l'importance de son rôle régulateur, malheureusement ses variations tant saisonnières que journalières n’ont pas encore été étudiées systématiquement. A titre indicatif, les valeurs suivantes ont été notées (température prise à 20 cm. au-dessous de la surface)
le 16e 4050
à 15 heures 270 C.
30 aout 9 h. 30 SALON 14 sept. 8 h. 300 C.
24 sept. 10 h. 300 C:
6 oct. 41 b. 329 C.
ta Maxim à > ne