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de milliers de Zébus. L'époque de passage du feu sur les différentes parties des plaines inondables est probablement sujette à des variations importantes d’une année à l’autre (très précoce après une crue faible, tardive après une crue forte), mais des points quelconques de la plaine se trouveront successivement atteints dans le même ordre par l’incendie. |
Le feu respecte toujours des îlots de végétation. La surface et le nombre de ces îlots dépendent non seulement de la nature et de l’état des plante, smais surtout de la force et de la constance du vent lors de la progression de l’incendie : c’est ainsi que l’on peut voir auprès des mares, des herbes vertes (Rhynchospora corymbosa, Vetiveria nigrilana) complètement dévastées par le feu ; les tiges et feuilles émergeant au-dessus de l’eau de la mare sont parfois brûlées jusqu’à plusieurs mètres du bord (cf. p. 88). :
Quelques jours après le passage du feu, de maigres repousses d’hémicryptophytes se développent qui sont broutées par le bétail ; c’est le cas d’Echinochloa stagnina, Vetiveria nigritana, Eragrostis gangetica (phot. 15). Les théro-
phytes n’apparaîtront qu'avec les premières pluies (Oryza barthti, Panicum longijubatum).
e) CYCLE ÉVOLUTIF DE QUELQUES ESPÈCES CARACTÉRISTIQUES DES DIVERS GROUPEMENTS.
La figure 17 donne une idée schématique du développement de quelques espèces. La crue est, représentée par une courbe dont l’éloignement au cercle de référence est proportionnel à la hauteur d’eau. La plante est figurée approximativement à la même échelle.
Le graphique relatif à Vediveria nigritina surprendra les personnes qui connaissent d’autres parties de la zone d'inondation du Niger. Le Vefiveria occupe en effet plus fréquemment des terrains assez élevés et inondés peu de temps ; la plante n’y subit pas une immersion totale. Dans le bassin du Débo, le Vetiveria s’avance dans des parties relativement basses dont il couvre toutes les éminences : bordure des mares et des marigots, bordure de la Bourgoutière
(fig. 5) (phot. 2 et 35).