A. — ORIGINE DE LA GÉNÉRATION F
L'année 1949 fut marquée par l’apparition, dans la région de Dogo, de nombreuses bandes primitives en avril-mai ; la plupart -d’entre elles furent anéanties lorsque les insectes étaient encore à l’état de larves ; les imagos furent ensuite décimés et dispersés par les traitements. Les densités d’insectes demeurèrent assez fortes pendant la saison des pluies, elles diminuèrent au moment de l’arrivée de la crue ; en fin novembre, les ailés étaient très peu nombreux, perchés sur les herbes au-dessus de l’eau, et localisés au voisinage des toguérés.
On peut estimer qu’une génération au moins s’intercala entre la génération de congregans d’avril-mai 1949 et la génération KF: Aucune observation n’a pu être faite en ce qui concerne les lieux et époque de ponte de la génération qui engendra F.
Nous ignorons tout des étapes du développement de la génération F pendant la période qui précéda l'installation de la mission à Dogo. En janvier 1950, aucune larve n’a été observée ; l'aspect des adultes récoltés permettait de supposer que la transformation imaginale s’était produite plusieurs mois plus tôt (c’est-àdire en octobre ou novembre 1949). Les individus avaient en effet les ailes et élytres plus ou moins déchiquetés à l’apex, tandis que les membranes articulaires accusaient une coloration brun-roux, caractéristique du vieillissement (chez les ailés âgés seulement de deux à trois semaines, les membranes articulaires demeurent blanchâtres ainsi d’ailleurs que les 6 premiers sternites abdominaux).
B. — LES AILÉS F 1. Morphologie.
Les captures effectuées en janvier et février dans les plaines bordant le Sud du toguéré de Banguita d’une part, le Sud-Est du toguéré de Sarédina d’autre part, furent assez nombreuses pour que les moyennes des mensurations et indices donnent une idée assez précise de la morphologie des ailés K.
Les caractéristiques de ces deux lots sont données dans le tableau page 61 (a).
(a) Je remercie vivement M. le Colonel E. GOsSELIN, qui voulut bien m’apporter une aide fort appréciée dans les calculs nécessités par l’analyse statistique des mensurations de près de 4.000 ailés répartis en une cinquantaine d’échantillons. Je renouvelle aussi mes remerciements à M. R. PASQUIER, dont les précieux conseils m’ont permis d'améliorer sensiblement la présentation des analyses.
Localité Sarédina Banguita date 1-19 février 1950 28 janvier-15 février 1950 n Q 85 © 135 © :
RS ———— m Cu 100 ç m or 100 & . a Deus E 50,32 2,52 5,0% 50,93 2,32 LOS?
F 27,94 1,44 GS OS 28 48 1,63 57007 P 10,55 } 10,65 H 10,10 10,23 M 6,95 7,06 C 7,97 0,385 4,8 % 8,06 0,384 4,8 % E/F 1,805 0,0563 SL 1,807 0,0574 S 200 F/C 3,498 0,107 SP0S 3,511 0,122 SDM0S P/C 1,320 0,0560 4,2 % 1,325 0,0529 4,0 % H/C 1,265 ; 1,268 M/C 0,871 0,875 nr 99 & 102 ne < FER EE E 39,50 2,21 000 39,90 2,35 D OMOS F 21,95 1,19 BARS 22,17 1,44 CHU 15 8,25 s 8,27 H 7,80 ; TS M 5,25 5,33 C 6,07 0,293 ARCS 6,14 0,325 EAUX E/F 1,798 0,0588 BR ANIER 1,795 0,0513 2,900 F/C 8,621 * 0,102 2,806 3,610 0 185 2000 P/C 1,352 0,0548 ARC A 1,355 0,0583 AS SR0S H/C 1,286 9 1,265 M/C "0,866 0,868 E Ÿ/ÆE & 1,275 1,280 C Q/C ê 1,312 1,319
(n : effectif du lot ; m : moyenne ; 6: écart type de la distribution ; : coefficient de variation ,
E : longueur de l’élytre ; F : longueur du fémur postérieur ; P : longueur du pronotum; H; hauteur du pronotum ; M : largeur miminum du pronotum ; C : largeur de la tête ; E Q/E et C Q/C À : expressions du dimorphisme sexuel) (les mensurations sont exprimées en mm.).
L'étude statistique montre que les moyennes des mensurations E, F, C, ainsi que les moyennes des indices E/F, F/C (a) et P/C ne diffèrent pas significativement dans les deux lots qui sont au contraire fort semblables.
On remarquera la valeur relativement élevée du coefficient de variation 100 5
4,5 % et 65 %. Tous les lots analysés appartenant aux autres générations
présentent, pour les mêmes caractères, des coefficients de variation inférieurs. L'existence, à 20 km. de distance, de stations d’insectes morphologiquement
très semblables, suggère le morcellement d’une population originelle commune,
des caractères E, F, C ; dans les deux lots, ce coefficient est compris entre
(a) Le rapport F/C, récemment proposé par DirsH.(8), est celui qui permet la meilleure séparation des insectes solitariformes et grégariformes.
62 G. REMAUDIÈRE
présente sur une grande superficie (fragmentation de la population au moment de la crue par exemple). L’homogénéité de cette population originelle serait la conséquence d’un brassage d'insectes dissemblables ayant évolué dans des stations variées ; ceci expliquerait la valeur élevée des coefficients de variation dans les nent trouvés en février.
Les individus récoltés étaient, la plupart, de couleur brune, cependant toutes les stations visitées comportaient un pourcentage relativement faible d'insectes verts (15 à 21 %).
Les différences existant entre les pourcentages de mâles verts des deuxlots, ainsi d’ailleurs que celles existant entre les pourcentages de femelles vertes des deux lots, ne sont pas significatives.
Si l’on compare la proportion des individus de chaque sexe capturés dans les deux localités pendant la même période, on remarque la prédominance numérique des femelles sur les mâles à Banguita et l’inverse à Sarédina. L’application du test de y? donne :
Sarédina Banguita Totaux Q 137 85 222 (125,5) (96,6) 4 102 74190 201 (113,5) (87,4) Totaux 239 184 4123
(137—1955}# (1021135 (85—96,6; (9987.47 HMS, 10 ME D Re 240 0 Mers
Pour y — 1, la valeur 5,11 de x? correspond à une valeur de P voisine de 0,03. On peut donc en conclure que la proportion des individus mâles et femelles de Sarédina diffère significativement de celle de Banguita. C’est 1à la seule différence qui fut constatée entre les deux populations.