Distribution, déplacements
a) SITUATION EN JANVIER.
Fin janvier, l’eau occupe encore plus des 9/10 de la surface inondable ; les terrains récemment exondés forment une bande de largeur variable (100 m. à 1 km. ) autour de chaque toguéré. La végétation de l'étage de transition entre les plaines et les parties Jamais atteintes par la crue est en grande partie desséchée à l’exception de Cynodon dactylon. L’étage à Veliveria nigritana est en grande partie exondé tandis que, presque partout, l'étage à Eragrostis gangelica demeure sous 20 à 60 cm. d’eau. | Les densités de Locusta ont été évaluées par comptage du nombre d’individus observés sur cent pas. Dans la plupart des cas ce chiffre brut se révèle le meilleur critère pour les densités allant de 2 à 20 ailés pour cent pas.
Pour obtenir une estimation satisfaisante des densités, il convient de tenir compte du moment de la journée où le comptage est effectué, ceci en raison de l’in-
solation et de la température. La réponse de l’acridien au stimulus créé par le
passage de l’observateur est en effet en relation avec sa température interne. L’en-
semble des faits constatés nous conduit à penser que des mesures précises (au moyen de couples:thermo-électriques par exemple) devraient permettre de définir deux seuils, séparant trois types de comportement :
(1) Lorsque la température interne est inférieure au premier seuil, on n’observe aucun déplacement de l’insecte.
(2) Entre les deux seuils, la réaction est un saut : les ailes peuvent se déployer, mais la fréquence et l'amplitude des battements demeurent trop faibles pour assurer la sustentation de l’animal.
(3) Au-delà du second seuil, l’envol se produit.
Les individus présentant les types de comportement (2) et (3) sont susceptibles ‘être enregistrés lors des comptages dans les lieux les plus favorables alors que, dans les stations à végétation dense ou élevée, la presque totalité des insectes du
type (2) échappe à l'observation.
La température interne dépend de deux facteurs essentiels : l’insolation et la température de l'air ambiant ; par temps-couvert on peut admettre que la température interne d’un individu immobile est voisine de celle de l’air ambiant (a) ; les relevés effectués dans ces conditions permettent de situer le second seuil aux environs de 240 C., tandis que le premier seuil est au-dessous de 160 C.
En pratique, dans la région de Dogo, les conditions thermiques nécessaires à l’envol se trouvent réalisées à toute heure du jour pendant les mois de juin à octobre, même par forte nébulosité. Au cours de la saison froide, principalement de décembre à avril, les heures du jour favorables à l’envol et aux comptages sont restreintes et en rapport étroit avec l’insolation ; les évaluations de densités doivent alors être effectuées par temps clair, aux heures les plus chaudes de la Journée (12 h. à 16 h. par exemple).
Les individus observés en fin janvier étaient localisés dans les parties exondées voisines des toguérés. Une seule fois, des adultes ont été trouvés au-dessus de l’eau, à 6 km. des toguérés. Sur la carte détaillée de la région de Dogo (fig. 19), sont indiquées d’une part les limites des parties inondées fin Janvier, d’autre part les densités d'adultes dans les endroits prospectés. On remarque immédiatement la faible étendue des espaces occupés par le Criquet migrateur et la faible densité de leurs peuplements. Les habitats peuvent être classés en 3 types : type à Vediveria dense, type à Eragrostis dominant et type de station en terrain inondé.
Type à Veliveria dense.
Les densités observées dans les stations de Veliveria pur et dense furent toujours très faibles ou nulles, variant de 1 aux 1000 pas, à 1 aux 100 pas. Exceptionnellement, on pouvait faire lever 2 ailés sur 100 pas. Dans ce type d'habitat, le sol est totalement couvert par les débris des feuilles de Veliveria mortes et sèches quoique toujours solidaires de la touffe. Les parties non fanées de la plante se dressent jusqu’à 1 m.50 et 2 m. Le nombre des touffes présentes sur 1 m. varie de 1 à 5 selon leur importance.
Type à Eragroslis gangetica.
Les densités les plus fortes furent trouvées dans les stations où prédominait
(a) Température de l’air au niveau de la végétation,