‹ Étude écologique de Locusta migratoria migratorioides Rch. et FrmChapitre 41 sur 146 · KM · texte numérisé non relu

KM

Fig. 19.

E. gangelica en peuplement relativement lâche, avec souvent en mélange Rhynchospora corymbosa, Veliveria nigritana et Panicum congoense. L'espace libre entre les tiges, hautes de 80 cm. à 1 m. peu fournies en feuilles, permet un bon ensoleillement de la base des touffes et des endroits dénudés ; ces derniers occupent de faibles surfaces (de l’ordre du décimètre carré) mais sont nombreux : le pourcentage de sol nu atteint 30 à 40 ©. Dans ce type de station, les ailés se rencontraient en plus grand nombre dans les parties à sol humide et glissant bordant une zone encore inondée (densité 2 à 4 aux cent pas). La zone encore inondée, n’hébergeait qu’exceptionnellement des Criquets migrateurs, tandis que les parties à sol sec contenaient généralement des densités appréciables :

Echinochloa pyramidalis Débris de végétaux aqualiques

Na

es | A\ \ a —— NN ne = ait le er Si)

UE

Vetiveria nigritäna IN Ne VS Ory3a \| hi

Éragrostis gangefica.

Echinochloa stagnina

F1G. 20. — Aspect de l’unique station d’ailés F observée au milieu de la plaine inondée.

1 à 2 adultes aux 100 pas. Les sites appartenant à ce type sont assez fréquents, mais un petit nombre seulement sont peuplés de Locusta, les autres en étant dépourvus malgré leur aspect absolument identique (même végétation, mêmes degrés de transition entre le sol sec et le sol inondé).

Type de station en terrain inondé.

Dans l’ensemble des plaines inondées fin janvier, la densité était nulle. Aucun individu n’a été rencontré, dans l’étage à Echinochloa stagnina ni dans celui à Eragrostis, encore sous l’eau en grande partie. Néanmoins un rassemblement d'adultes, tout à fait exceptionnel, a été observé le long d’un étroit marigot situé à 6 km. à l’Est de Dogo. Le lit du marigot (fig. 20), large de 2 à 3 m., est encombré par une végétation flottante de Bourgou (Echinochloa stagnina) et de Riz, tandis que les bords sont couverts d’Echinochloa pyra-

midalis dont les tiges dressées sur 30 à 40 cm. se recourbent ensuite horizon-

66 G. REMAUDIÈRE

talement ; sur la partie horizontale, des repousses vertes se développent à l’abri

d’une couche de débris noirâtres et desséchés. Ces débris, parmi lesquels on reconnaît des fragments dé feuilles de Nénuphar et d’autres hydrophytes, se trouvent suspendus aux Graminées plus robustes. Au-dessous des parties couchéés d'Echinochloa pyramidalis, se dressent de jeunes tiges d’EÉragrosiis gangelica et de Rhynchospora corymbosa. La profondeur d'eau était de 40 à 70 cm. dans le marigot, À à 5 em. sur les bords et 15 à 20 cm. dans la plaine environnante.

Dans cette station, unequarantaine d’ailés ont été vus sur moins d’un kilo-

mètre. Il n’était pas rare de faire lever 4 ou 5 individus en quelques mètres.

b) MODIFICATIONS APPORTÉES PAR LE RETRAIT DES EAUX.

Le recul des eaux est accompagné d’un asséchement progressif du sol et de la végétation. Les stations de Locusta repérées fin janvier accusent une diminution des densités qui sont presque partout devenues, un mois plus tard, inférieures à 1 aux 100 pas. Fin février, la limite d'inondation se situe à 4 km. à l'Est de Dogo ; un peuplement peu dense de Locusta s’y trouve localisé, occupant particulièrement la bande de terrain humide qui s’étend sur plusieurs centaines de mètres de largeur. Leur densité y atteint 1 à ? aux 100 pas, parfois 4. A l’intérieur de la zone inondée, apparaissent des îlots émergés de quelques ares ; leur prospection méthodique montra que la plupart d’entre eux étaient dépourvus de Locusta ; quelques uns hébergeaient un ou deux individus ; sur un flot de 100 m. sur 40, une quinzaine d’adultes a été dénombrée. f

La distribution des Locusta, en fin février, dans la zone prospectée est donnée par la carte (fig. 21). La comparaison avec la précédente (fig. 19) montre l'existence d’un déplacement ; la plupart des adultes se sont maintenus au voisinage de l’eau et en ont suivi le recul. Des densités appréciables persistent çà et là à l’intérieur de la zone exondée, à la faveur de stations demeurées humides (dépressions, bords de mares temporaires). L'augmentation des surfaces occupées par l'espèce s'accompagne d’une diminution générale des densités ; celles-ci atteignent seulement en de rares endroits 4 aux 100 pas enfin février.

En mars, la raréfaction de l’espèce s’accentue rapidement, en fonction de la mortalité naturelle des vieux adultes ; quelques cadavres desséchés ont été ramassés en fin mars. Le dernier adulte de la génération F qui fut capturé, se trouvait en bordure de l’étage à Echinochloa stagnina, le 5 avril.

Des marquages ont été effectués mi-février (tache blanche de peinture à l’huile, sur le côté droit du pronotum) ; 86 femelles et 76 mâles marqués furent relâchés à 3 km. à l'Est de Dogo, à l’emplacement même de leur capture. Aucun individu ne fut retrouvé ; ces marquages ont été réalisés trop tardivement. Malgré cet échec, le déplacement continu des Locusta vers les zones récemment exondées ne peut être mis en doute. ;

Il est vraisemblable d'admettre que le mode de déplacement dés insectes

de cette génération soit l’envol spontané où provoqué d’individus isolés. Au,

cours des observations faites sur le terrain, aucun départ n’a pu être surpris qui ne fût provoqué par une perturbation. Les causes naturelles de pertur-

DISTRIBUTION DE L.M.MIGRATORIOIDES DANS LA REGION DE DOGO GENERATION F(FIN FEVRIER 1950)

LEGENDE

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