‹ Étude écologique de Locusta migratoria migratorioides Rch. et FrmChapitre 44 sur 146 · LIEUX DE PONTES · texte numérisé non relu

LIEUX DE PONTES

Des oothèques ont été déterrées en 4 endroits différents de la plaine, du 17 au 22 février. RE

La première ponte fut trouvée dans un îlot récemment exondé, situé à 5 km. Est de Sarédina ; elle était située dans une plage dénudée d’environ 1 m?, entourée de Vediveria et Eragrostis gangelica hauts de 1 m. et occupée en son centre de Cynodon dactylon atteignant seulement 10 à 15 cm. Le sol, constitué de sable humifère très fin, était déjà sec en surface mais humide à 5 cm. de profondeur. La gaine de sable tassé entourant l’oothèque était encore humide jusqu’en surface. L’examen des œufs (a) attesta que les embryons n'avaient pas encore dépassé le stade du renversement (catatrepsis), ceux-ci étaient au stade XIV, d’après la classification des étapes de la morphogénèse proposée par BODENHEIMER et SHuLov (2) pour le Criquet marocain (Docioslaurus maroccanus THUNE.). |

Les températures prises à 10 heures étaient les suivantes :

dans le sol à 5 cm. de profondeur . . . . . . . . 290€. surle-solraussoleles enr ei Re Et ar ES ENS

Deux oothèques ont été découvertes dans une ndroit d’aspect semblable, mais en terrain très sec jusqu'à une profondeur de 20 cm. Les œufs avaient

perdu leur turgescence ; l'embryon atteignait le pôle antérieur de l’œuf dans

une oothèque, il n’était pas visible dans l’autre. Il est douteux que ces œufs aient pu achever normalement leur développement dans ce milieu trop sec.

Une vingtaine d’oothèques ont été trouvées auprès du marigot de Sarédina dans des sites semblables en tous points à ceux précédemment décrits. Les petites plages dénudées, nombreuses en cet endroit, ont été prospectées systématiquement pendant trois jours. L'une d’elles, occupant 2 m?, hébergeait six oothèques ; deux autres plages.contenaient respectivement ? et 3 oothèques ; 8 autres renfermaient chacune une ponte (phot. 18-19). Ainsi, parmi quelques 100 stations où furent faites des fouilles, 14 seulement avaient reçu une ou plusieurs pontes. Le fait que 6 oothèques aient été trouvées rassemblées sur un espace de 2? m? est surprenant si l’on tient compte des faibles densités

(a) Il est intéressant de procéder à l'examen embryologique au moment même de la récolte. 11 suffit pour cela d’humecter de salive pendant quelques secondes l’œuf à étudier. Lorsqu'il

est imbibé, le chorion devient translucide et l’on peut aisément distinguer la pigmentation

oculaire de l'embryon (même au stade précédant le catatrepsis). La position de ces taches renseigne assez exactement sur le degré de développement de l'embryon ; si l’on opère avec précau: tions, l’œuf n’est pas altéré et peut être mis ultérieurement en incubation:

d'adultes observées dans cette partie de la plaine (1 à 2 aux 100 pas). L'examen des œufs montra divers états de développement depuis l'embryon à peine visible (stades V à X de BoDENHEIMER et SHULOV), jusqu’à l'embryon ayant achevé son renversement mais dont la tête n’atteint pas encore le pôle antérieur de l'œuf (stades XVIII et XIX de B. et S.). Les pontes ont dû être déposées dans un sol très humide, car l’eau s'était retirée de ces stations depuis fort peu de temps (une dizaine GE Jours).

Les conditions microclimatiques existant dans la plage dénudée où se trouvaient 6 oothèques, étaient les suivantes le 19 février à 11 heures :

Température Humidité relative (a)

AHSA Ar Onde) UTP EE TR EN PS po C: 38007 enisur acer disc lPnUs aUrsSONTER, SR NET MERE) ROMAIN EANOUATE 339 C. ! dansile sol 5/cmide profondeur tte DMC TAUX 249 C.

dans une touffe d’Eragrostis gangetica. . . . . . . . . .. 289 C. (54 %) TRIO TDROTON ACTION PAR ES US D eue RE pee ten Sue LE nee 320 C. (49 %)

Les oothèques ont été recherchées également dans les parties encore recouvertes de quelques centimètres d’eau, afin de savoir si la disproportion entre le nombre d’adultes existant sur la station et les concentrations de pontes observées ne serait pas due à la présence d’oothèques déposées là avant la crue et demeurées vivantes sous l’eau. Ces recherches difficiles sont demeurées infructueuses.

Le quatrième endroit où furent trouvées des pontes a des précédents quant à la répartition de 8a végétation : celle-ci correspond au type à Eragrostis gangelica décrit précédemment (cf. p. 39).

4. — Facteurs susceptibles de modifier le nombre des ZLocusta présents dans les plaines.

a) FACTEURS DE DIMINUTION.

En 1950 l’action des parasites et prédateurs fut apparemment négligeable vis-à-vis de la génération F.

Parmi plus de 200 adultes disséqués, un seul individu (femelle récoltée à Sarédina le 1er février) était parasité : un Mermitidae, long de 15 em., fut extrait de sa cavité générale. La femelle parasitée n’avait pas pondu et ses ovaires étaient seulement au stade IT.

Le rôle prédateur joué par les Oiseaux est également faible à cette époque. Quelques Merops nubicus nubicus ont cependant été observés dans la région de Banguita où ils capturaient près de 80 % des ailés manqués par les autochtones qui les pourchassaient (b).

On peut se rendre compte aisément de l’importance des perturbations créées dans une station par la capture d’un petit nombre de Locusta en présence

(a) Voir note (a) page 68. \ (b) LAN (32, p. 151) a déjà souligné le rôle important joué par les Merops dans les populations de ZLocusta solitaires:

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des Merops au milieu de densités de 1 à 2 aux 100 pas. Une équipe de 4 ou 5 enfants bien entraînés capture rarement plus de 20 % des ailés qu'ils poursuivent. Dans de telles conditions, il ne restera guère que 15 ou 20 ailés après le passage de chasseurs dans une station qui hébergeait auparavant une centaine de Locusta (bien qu'une vingtaine seulement soit recueillie ; le reste, une soixantaine, constitue la part des Merops).

Cet exemple montre aussi combien il est délicat d'évaluer et surtout d’interpréter les changements de densité survenant dans une station délimitée ; le simple passage d’un observateur suffit à abaisser la densité d’une façon sensible lorsque la partie prospectée est de faible étendue.

b) FACTEURS D’AUGMENTATION DU NOMBRE DES AILÉS :

La capture de deux ailés immatures en février a montré la possibilité d’apports extérieurs ; des individus ayant évolué dans des stations sèches (toguérés ou partie méridionale de la zone d'inondation) sont susceptibles de se joindre aux adultes F peuplant les parties récemment exondées. Il est permis de penser que, certaines années, cet apport puisse représenter un MR Lese de la population plus important qu’en 1950 (cf. p. 212).

c) FACTEURS INFLUENÇANT LE NOMBRE DES OEUFS DÉPOSÉS PAR F.

Les élevages ont mis en évidence l'influence des températures sur la fréquence des pontes. Le relèvement des températures maxima étant très rapide en février-mars (la moyenne des maxima par décade passe de 26,70 C. au début de février à 37,20 C. en fin mars), le nombre d’oothèques pondues par chaque

femelle est susceptible de varier dans de larges proportions si la période favo-

rable à la ponte se trouve décalée de quelques semaines. Une décrue tardive peut agir en ce sens, les endroits propices à l’oviposition émergeant ceulement après l’abaissement des eaux au-dessous d’une cote critique. La fécondité des ailés F dépend aussi de leur longévité ; or ces insectes sont déjà vieux au début de leur période de ponte (c’était du moins le cas en janvier 1950).

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