CYCLE À 6 STADES
2 3 # 5 6 7 8 9 10 17 12mm.
F1G. 25. — Comparaison des mensurations des larves femelles F; à 5 stades et à 6 stades (larves mises en élevage depuis les stades IT, III ou III bis).
Fc. 23 (à gauche). — Séparation des différents stades larvaires des femelles F, (récoltées dans la nature), vis-à-vis des caractères F et P (les points figuratifs représentent les valeurs de F et P de chaque individu). La ligne A sépare les femelles. du stade III bis de celles du stade IV (IV, + IV,) dont les ailerons sont relevés.
F1. 24 là droite). — Séparation des différents stades larvaires des mâles F; (récoltés dans la nature),vis-à-vis des caractères Æ et P. Les nuages représentatifs de chaque stade
sont beaucoup mieux individualisés que chez les femelles (fig. 23).
8) | te REMAUDIÈRE
stade TT bis et donnent les plus grandes larves du stade IV, contrairement aux plus grandes larves du stade IIT qui donnent les plus petites larves du stade IV sans passer par le stade III bis. Aux stades ITT et IV, les mensurations des Locusla à 6 stades ne chevauchent pas celles des Locusta à 5 stades.
Les longueurs moyennes du pronotum calculées sur une vingtaine de femelles d'élevage sont les suivantes au stade TIT :
Larveshà:5:istéades : Prix, —=°4,8 (hi NH)
Larves à 6 stades: Pin, = 4,2 (Le)
Bien au’étant établies sur un petit nombre d'individus, ces moyennes. q ) M
diffèrent de façon significative au seuil P = 0,05, ainsi que le prouve l'étude statistique (a). Nous désignons chaque fois. que la distinction est possible, par st. III, et st. IIL,, le stade III des individus qui accomplissent respectivement leur développement larvaire en 5 stades ou en 6 stades. Le nombre d’âges larvaires par lesquels passera une femelle peut être prévu dès le stade ITT. Il est possible que des différences comparables puissent être décelées dès Le stade II ; seule la difficulté de mesurer vivantes, d’aussi petites larves, nous empêcha d bo la question.
Si l’on compare les P moyens des femelles des stades IIT, et TITI bis, on constate que-leur différence est hautement significative (Pi, = 4,8; Pur bis — 6 ; l’erreur standard ou écart type de la distribution des différences = 5, 0,26
est contenue plus de 4 fois dans la différence entre les moyennes).
Aux stades IV et V, on note encore une différence hautement significative entre le P moyen des insectes à 6 stades et celui des insectes à 5 stades : |
Piv, = 7,2 et Piv, = 8,4 (l'erreur standard 6, — 0,15 est contenue 8 fois dans la différence existant entre les deux moyennes).
Pv, — 10,1 et Pv; — 10,9 (l'erreur standard = 6, 0,15est contenue 5 fois dans la différence).
‘Chez les ailés on constate également que ditérence entres PAiee==207 et Pain — 10,3 est significative.
L'étude statistique de la longueur du fémur chez les larves du troisième au dernier âge a conduit à des résultats semblables.
Les moyennes des mensurations nous ont permis, malgré le petit nombre :
d'individus, de déceler des différences existant entre les larves à 5 stades et celles à 6 stades, Ces valeurs, obtenues à partir des insectes ayant passé une partie de leur vie larvaire en élevage, ne sont pas celles des individus évoluant dans la nature. De plus, le chevauchement partiel des mensurations des deux catégories de larves nous oblige à renoncer à la détermination morphométrique du nombre des stades larvaires d’un individu {larve ou adulte) pris au hasard dans une population. Rappelons enfin que la taille est susceptible de différer selon les générations et selon les stations. Il importait donc de rechercher d’autres critères morphologiques susceptibles de permettre la distinction des individus 5 et 6 stades.
Zozorarevsky (77, p. 143) suggère que le comptage des articles anten-
(a) t = 2,18 et y. —.21, donc P — 0,04.
DC
LOGUSTA M. MIGRATORIOIDES SUR LE NIGER EN 1950 83.
naires devrait permettre l'identification des stades III et ITT bis. La séparation de certains articles proximaux est souvent imparfaite ; tous les articles visibles sur la face dorsale de l’antenne ont été comptés, qu'ils soient libres ou soudés. L'examen des larves vivantes est délicat en raison des difficultés d’immobilisation de l’antenne, cependant il n’est pas nécessaire de recourir à l’anesthésie (les mouvements antennaires sont d’ailleurs inhibés les. derniers). Les larves des stades III; et III, présentent généralement 21 articles, quelquefois 20, tandis que celles du stade III bis ont 22 articles antennaires.
Un autre caractère est donné par la nervation des ailerons postérieurs. Le nombre des nervures axillaires s’accroit à chaque mue ; en outre, on constate une différence entre les stades III; et 1114. Le comptage ést assez aisé chez les larves ayant mué depuis peu, car les nervures apparaissent nettement en relief, tandis qu’en fin de stade les ailerons deviennent turgescents et leurs nervures confuses. à
La distinction des différents types de stade III peut être facilitée par la clef suivante :
1. Aïlerons postérieurs présentant plus de 6 nervures axillaires bien visibles ; de plus, une ou deux nervures supplémentaires (a) existent entre les 1re, 2e, et 3e axillaires. Antennes formées de Chabicier (soude Don ee de ei UN Nu fer bis.
— Ailerons postérieurs comportant au plus 6 nervures axillaires distinctes ; pas de nervure supplémentaire entre les axillaires.
Antennes comprenant au plus 21 articles (soudés on'non 7 (Wu 2.
2. 5 ou 6 nervures axillaires présentes, la sixième souvent très
réduite ou ponctuelle (une petite nervure supplémentaire parfois
visible à un fort grossissement entre la 1re et la 2e axillaire), st. III, — 4 nervures axillaires bien visibles, la quatrième souvent
réduite ; parfois une 5€ nervure, ponctuelle, est présente, Jamais
de nervure supplémentaire entre les deux premières axillaires, ù
NET TORRES CNE RERO AT TR RIRE Bb TT:
Le stade de la plupart des larves femelles, récoltées dans la nature avant
le stade IV, peut être ainsi déterminé sur le Lervain, par l’emploi d’une loupe ayant un grossissement au moins égal à 10, Les individus pour lesquels subsiste un doute sont peu nombreux ; il importe de ne pas sous-estimer le nombre de nervures présentes.
Aucun caractère ne nous a permis de distinguer les stades IV, et V, des Stades correspondants chez les femelles à 6 mues : IV, et V4. Une étude approfondie de la morphologie abdominale devrait apporter une solution à cette question.
La coloration des larves K, récoltées dans la nature était homogène : dans toutes les stations, les individus brun clair et gris prédominaient. Parmi
(a) Les nervures axillaires supplémentaires partent de l’apex de l’aileron et s’insinuent entre les autres (ces dernières partant de la base de l’aileron),
84 G. REMAUDIÈRE
les 225 larves récoltées, 24 étaient de couleur verte, soit environ 10 %. La répartition de celles-ci par stade et par sexe s étabt comme suit :
- = = CE REP DR SDS Rs > :
Stade verts n verts % vertes no vertes % II 0 6 0 0 3 0 III 2 24 8,5 % 0 26 0 III bis 0 13 0 AVR 9 65 J'LRCS 5 25 20 % V 5 43 11,5 % 3 20 15 % Total 16 138 8 87 Pourcentage moyen de verts par sexe 11,5 % DES?
(n : effectif verts + non vorts)
Les pourcentages de mâles verts et de femelles vertes ne diffèrent pas significativement aux différents stades larvaires.
2. - Distribution des larves. Caractéristiques de leurs stations.
Il convient de suivre chronologiquement la répartition des larves dans l’ensemble des lieux prospectés.
En fin mars, aucune véritable station de larves n’a pu être repérée ; seuls, trois individus (1 9 st. IV,1 & st. IV, 14° st. V) ont été trouvés. L'âge de ces larves atteste que des éclosions ont eu lieu dès la fin février. Les captures ont été réalisées aux trois points suivants :
rès de la mare Bimbé (fig. 26), dans une végétation relativement courte quoique dressée, de Veltiveria et Eragrostis gangelica.
— au bord d’un petit marigot relié à la mare Grand Kokona et en voie d’asséchement dans une végétation dense d’Eragrostis gangelica et de Rhynchospora corymbosa.
__ à 3 km. au Sud-Est de la mare Petit Kokona, dans une cuvette à Riz sauvage couché.
Bien qu’étant fort éloignés les uns des autres, ces lieux de capture ont pour. caractère commun de présenter, dans leur voisinage immédiat, des parties basses encore humides et des parties situées légèrement au-dessus du niveau de la plaine environnante. Il est important de noter que des prospections méticuleuses n’ont pas permis d'observer plus d’une larve à chacun de ces endroits.
En avril, une intéressante station de larves a été trouvée près de Banguita à l'endroit où avaient été constatées les plus fortes densités d'adultes F (fig. 19) : la présence d'individus des stades IT à V (un jeune ailé a été également trouvé) . montre le grand échelonnement des éclosions. La végétation consistait en petites touffes espacées d’Eragrostis gangetica à l’état pur ; les tiges étaient sèches mais dressées, tandis que les feuilles formaient une rosette verte à leur base, La moitié de la surface du sol restait dépourvue de végétation et soumise à l'insolation pendant la plus grande partie de la journée. La plupart des larves ont été trouvées sur sol nu. Les densités peuvent être évaluées à 10 ou 20 larves par are ; la station occupait environ 1 hectare. Comme elle était située sur une
DISTRIBUTION .DE LM.MIGRATORIOÏIDES DANS LA REGION DE DOGoO GENERATIONS F ET F4 (FIN MARS 1950)