PR RE NON INCENDIEE
DANCE TOGUERE *
OUROUNDE:
TOGUERE À : DE \: TAMA
Fc. 32.
et celle de la plaine avoisinante (Vetiveria et Eragroslis gangelica en peuplement dense et enchevêtré, d’un mètre d'épaisseur) a permis de surprendre la fuite des Locusta. À la lisière des deux types de tapis végétal, on observait de nombreux ailés qui, par bonds de 3 à 10 m., voletaient à moins de 20 cm. au-dessus du sol. Tous les individus se déplaçaient dans la même direction. Gà et là, on pouvait dénombrer jusqu'à 10 à 20 ailés aux 100 pas, dans le lit du marigot (fig. 33). Dans la végétation dense non encore atteinte par le feu, on ne voyait que ? ou 3 individus pour 100 pas ; en fait, dans cette partie, la densité réelle devait être égale sinon supérieure à celle observée en terrain découvert, car un flux d’ailés s’en échappait sans interruption au fur et à mesure de la progression du feu.
Parmi les ailés capturés, quelques individus présentaient des traces de brûlures à l'extrémité des élytres. La proportion des ailés qui périssent par l'action directe des flammes ou par la forte température existant à proximité du foyer est relativement faible lorsque l'avancement du feu est de l’ordre de quelques mètres par minute, elle est même négligeable si on la compare au pourcentage important des individus qui sont happés dans leur envol par les Oiseaux prédateurs (phot. 24).
Les Oiseaux tourbillonnent par centaines au-dessus du front de l'incendie. Les plus importants d’entre eux, tant par leur nombre que par leur voracité, sont les Mérops (M. nubicus nubicus). Ils se précipitent, par 4 ou 5, sur tous les ailés qui prennent leur envol en bordure du feu. Seuls les Acridiens qui se faufilent au milieu de la végétation dense, sont à l’abri des Mérops, mais lorsqu'ils atteignent un espace découvert (comme le lit du marigot), l'attaque des Mérops reprend. Lorsqu'un Mérops poursuit un Acridien, il décrit une trajectoire qui l'amène au-dessous de sa proie (fig. 34) ; le curieux comportement des Locusla signalé plus haut gêne considérablement l'attaque des Mérops : un individu qui vole au ras du sol est difficilement repéré par l'Oiseau, de plus ce dernier ne dispose pas, entre le sol et l'insecte, d’une place suffisante pour développer sa trajectoire elassique. Il est intéressant de noter que ce comportement des Locusta ne se trouve pas perturbé par le passage d’un observateur ; les bonds de plus de 10 mètres sont exceptionnels. En raison de leur grand nombre, les Mérops réussissaient cependant à capturer, en terrain découvert, une partie importante des ailés en fuite.
En dehors des Mérops, d’autres Oiseaux participent à la chasse aux Locusta devant les incendies ; ce sont les Cigognes (Sphenorhynchus abdimi LicHT.), les Hérons garde-bœufs (ou Pique-bœufs) (Bubulcus ibis L.), plus rarement les Marabouts (Leptoptilos crumeniferus Lesson). Marabouts et Cigognes se posent généralement dans la partie qui vient de brûler et où l’on trouve, çà et là, des cadavres d'insectes brûlés.
Au cours de la nuit du 22 au 23 mai, le feu continua sa progression ; la température de l’air étant restée constamment supérieure à 259 C., il est probable que les Acridiens aient pu s'échapper comme ils l'avaient fait le jour.
Les prospections effectuées Je 24 mai en lisière de la partie récemment incendiée ont révélé la présence de concentrations exceptionnelles d’ailés dans des lieux où aucun individu n'avait été observé avant les feux de brousse. Cer-
104 G. REMAUDIÈRE
tains flots de végétation épargnés par le feu hébergeaient de 1 à 3 ailés aux 100 pas et la densité record de 10 au 100 pas a été observée. C’est là un cas particulièrement typique de l’extrodensation, selon la terminologie proposée par Pasquier (40). s
En conclusion, le passage du feu sur les populations d’ailés de faible densité a pour effets, d’une part la suppression d’un nombre considérable d'individus par l'intermédiaire des Oiseaux prédateurs, d’autre part le groupement et la concentration des survivants sur le pourtour immédiat de la zone brûlée ou dans les flots non brûlés qui subsistent (et qui sont souvent situés à la lisière de deux parties incendiées à des dates différentes). |
Ces concentrations ne peuvent être considérées comme accidentelles et . fugaces, bien que, quelques semaines après le grand incendie, les densités soient redevenues en apparence partout inférieures ou égales à 1 ailé aux 100 pas. Cette diminution peut être attribuée en partie à l’action des prédateurs ; cependant le rôle de ceux-ci est peu important après les incendies : les troupeaux (Zébus, Moutons, Chèvres) accompagnés de quelques dizaines de Mérops et de Pique-Bœufs, viennent en effet brouter les maigres repousses de Graminées qui se développent dans les espaces brûlés, mais ils ne fréquentent pas les îlots de végétation respectés par le feu, îlots dans lesquels sont réfugiés les Acridiens.
La diminution des densités dans les aires non brûlées semble due essentiellement à l’inexactitude des comptages. Une proportion importante des ailés reste enfouie dans la végétation et échappe à l’observation. Pour mieux connaître la distribution des ailés F;, après les feux de brousse, une méthode particulière a été employée. Les flots non brûlés sont parcourus en tous sens ; après avoir noté le nombre total d'individus observés, on met le feu à la végétation et on examine attentivement les Acridiens qui s’échappent. Les espèces les plus communes sont à cette époque : Eyprepocnemis plorans CHARP., Mesopsis lalicornis KrAuss, M. gracilicornis KRAUSS, Leplacris violacea KARNY, Sudanacris pallida Burm., Nomadacris Seplemfasciala SERV., Ornithacris cyanea Srorx. ssp. ferelicollis Fin. ; toutes se distinguent aisément de Locusta migratoria même en plein vol. Il n’était pas rare de faire lever ainsi 1 à 10 Locusta sur des parcelles de quelques ares où aucun individu n’avait été observé auparavant.
Dans la région de Banguita, le nombre des ailés observés de cette façon est beaucoup plus faible que dans la plaine Est de Dogo ; les places vides créées par le passage très précoce des feux de brousse sur les stations de larves ne se sont pas repeuplées par un apport extérieur. ;
d) MARQUAGES.
Une soixantaine d’ailés ont été relâchés après marquage (a) le 18 mai
(a) Les marquages d’ailés F; ont été réalisés au moyen de cellophane adhésive de couleur blanche ; un rectangle de 4 %X 6 mm. sur lequel était inscrit (à l’encre de Chine) un numéro d'ordre, était fixé sur l’élytre, près de l’extrémité (Phot. 1). Le vol n’est nullement gêné par ce dispositif si le rectangle ne dépasse pas le bord de l’élytre. La persistance des marques est excellente dans les élevages, par contre les inscriptions à l’encre de Chine s’effacent en quelques semaines ; les numéros d’ordre n’ont done plus été utilisés dans les marquages ultérieurs. L'utilisation de cellophanes de différentes couleurs à permis de réaliser les combinaisons nécessaires à la distinction des différents lots relâchés:
à v V — LIT DU MARIGOT V DE SAREDINA a