‹ Étude écologique de Locusta migratoria migratorioides Rch. et FrmChapitre 67 sur 146 · LIEUX DE PONTE · texte numérisé non relu

LIEUX DE PONTE

Les sites où les femelles F, déposèrent leurs œufs n’ont pas été découverts ; cependant, la connaissance des lieux fréquentés par les jeunes larves FK, et celle des stations hébergeant les ailés F, à l’époque de la ponte permettent de reconnaître trois types de lieux de ponte : Es

— les pontes les plus précoces ont dû être déposées dans des bas fonds à végétation dense de Vefiveria non brûlé (cf. prelto)

— les pontes ultérieures sont rassemblées dans les îlots non atteints par les feux de brousse (cf. p. 120) ;

— enfin des pontes éparses sont disséminées dans les vastes espaces incendiés, même à grande distance de parcelles respectées par le feu (cf. poto:

5. — Facteurs susceptibles de modifier le nombre des Locusta.

a) FACTEURS DE DIMINUTION DU NOMBRE DES AILÉS, ROLE JOUÉ PAR Merops nubicus.

L'influence des Oiseaux prédateurs a été précisée (cf. p. 73). Parmi eux, Merops nubicus a une importance capitale. Cette espèce s’attaque seulement aux insectes en plein vol et on la rencontre dans toutes les circonstances capables de provoquer l’envol de ceux-ci ; il est fréquent d'observer un ou plusieurs Mérops posés sur le dos d’un Zébu ou d’une Outarde, guettant le départ des insectes perturbés. |

À ce point de vue, l’attraction des feux de brousse pour les Mérops est intéressante à considérer. Lorsqu'on met le feu à une parcelle de végétation, on peut apercevoir, une ou deux minutes après l'instant où une colonne de fumée commence de s'élever, un ou deux Mérops à plusieurs centaines de mètres audessus de la station, qui descendent en vol plané suivant une trajectoire hélicoïdale. L'arrivée des Mérops s’est toujours reproduite selon les mêmes modalités

chaque fois qu’un feu à été allumé dans le but de dénombrer la population acridienne d’une aire respectée par les incendies antérieurs. Le nombre d’Oiseaux attirés s'accroît en fonction de la durée du feu et de l’altitude atteinte par la colonne de fumée.

* Les Mérops creusent leurs nids dans le sable des toguérés ou dans les parties élevées de la plaine inondable ; ils se rassemblent parfois par milliers sur les arbres. Le 31 mai, une telle concentration s’est produite sur le toguéré de Sabouniaka tandis que la végétation bordant le toguéré achevait de se consumer. (Aucun Locusla n'avait été vu dans cette partie depuis la disparition des adultes F). Seize Mérops furent abattus ; leur dissection a fourni :

Nombre d'individus Acrididae : Locusta migratoria migratorioides Rcn. et Fr. 4 ailés Leptacris violacea KarNY ONE»

Mesopsis gracilicornis KR. 3,9 Eyprepocnemis plorans Carr. 2 »

Hétéroptères Pentatomidae : Tantia conspersa Scu. (a) 20 Hyménoptères indéterminables : 2 ou 3

Ainsi que le montrent les dissections et le comportement des Mérops, Locusta migratoria est ici le plus volumineux Acridien auquel ils s’attaquent. À plusieurs reprises, il a été constaté que Merops nubicus ne pourchassait pas Ornithacris cyanea ni Nomadacris seplemfasciata, espèces qu’il semblait distinguer en plein vol de Locusla migratoria. D'après des renseignements communiqués par M. WiNTREBERT, Merops nubicus poursuit et capture N. sepltemfaciata dans les lieux où cet Acridien est particulièrement abondant : Saré Kina, Kadial (à l'Ouest de Mopti).

Bien que Merops nubicus ne constitue pas un prédateur spécifique du

Criquet migrateur africain, son rôle dans la limitation de cet Acridien peut être de la plus haute importance économique ; comme dans le cas de nombreux prédateurs, ce rôle est sans doute relativement plus considérable vis-à-vis des populations de solitaires qu'il ne l’est vis-à-vis des essaims. . En fin de saison sèche, pendant les heures les plus chaudes de la journée, des tourbillons cycloniques forment sur les plaines de nombreuses colonnes de poussière au centre desquelles un violent courant d’air surchauffé entraîne à grande hauteur les insectes les plus divers ainsi que des débris végétaux ; des Oiseaux (Mérops, Cigognes...) planent en décrivant des cercles au sommet de ce « tuyau », à la faveur des courants ascendants ; ils sont en mesure de happer les insectes entraînés par les mêmes courants. Bien que le fait n’ait pu être vérifié, il est possible que le passage de la base d’un tourbillon (diamètre de la colonne à la base — 3 à 10 mètres) sur un ailé de Locusta détermine son envol, son ascension puis sa capture au sommet.

(a) Détermination obligeamment communiquée par M. A. Vizuiers (Institut français d'Afrique Noire).

114 G. REMAUDIÈRE

b) FACTEURS SUSCEPTIBLES DE MODIFIER LA FÉCONDITÉ.

La répartition des pluies en mai et juin, paraît être le facteur déterminant du nombre des pontes déposées par chaque femelle (cf. p. 111). La fréquence des précipitations paraît beaucoup plus importante que la hauteur d’eau caractérisant chacune d'elles, car l’humidité du sol redevient très rapidement inférieure au minimum nécessaire à l’oviposition. Des recherches particulières devront être entreprises dans le but de déterminer la valeur de ce minimum

pour les divers types de sol.

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