— Facteurs susceptibles de modifier les densités
Les facteurs envisagés précédemment qui modifiaient le nombre des individus, modifiaient dans le même sens leur densité. Cependant, le cas des feux de brousse est plus complexe : s'ils provoquent une diminution générale de la densité sur de vastes espaces, ils déterminent néanmoins, dans les parties qu'ils respectent, des augmentations locales de la densité (cf. p.105) par extrodensation (Pasquier) (40). Ces concentrations sont à l’origine de l'accumulation des pontes des ailés F, dans les aires non incendiées. L'historique des pullulations enregistrées sur le territoire de l’aire grégarigène permet de penser que les accumulations d'insectes en fin de saison sèche, dans les îlots non brûlés, ne sont généralement pas suffisantes pour amorcer la grégarigenèse : à ma connaissance, les - bandes primitives ne sont jamais apparues à la génération des pluies (cf. p, 199).
La persistance de parcelles de végétation après le passage des incendies paraît être cependant d’une grande importance pour le maintien de l'espèce dans la zone d'inondation du Niger durant la saison sèche. S'il était possible d'envisager économiquement la suppression totale de ces îlots sur des territoires étendus et à une époque suffisamment précoce (début mai, avant la maturation sexuelle des imagos), un pas serait fait dans la prévention des pullulations.