‹ Étude Électro-physiologique du mode d'action de la Diathermie Sa vérification dans la Diathermie abdominaleChapitre 17 sur 29 · UT · texte numérisé non relu

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porteurs d’une charge positive, et chlores porteurs d’une charge négative.

L'expérience a montré que l’ionisation était d’autant plus complète que les solutions étaient plus diluées et qu’elle diminuait avec la concentration de celles-ci. C’est ce phénomène qui explique la difficulté d'obtenir des solutions d’eau distillée suffisamment pure pour être parfaitement résistantes. La moindre trace de sels restant étant totalement ionisée et suffisante à produire une conduction notable. L'établissement des courbes d'ionisation en fonction de la concentration montre que dans les solutions moyennes, la concentration molléculaire croit beaucoup plus vite que l'ionisation ne décroit. On en déduit qu’en définitive, malgré cette décroissance, la résistance de la solution diminue d’une manière constante avecla concentration.Ceci posé, on peut se représenter d’une manière précise l'énorme différence qui caractérise cs conducteurs électrolitiques par rapport aux conducteurs métalliques. Lorsque dans un électrolyte on plonge des électrodes, le courant passe mais l’on sait que la résistance offerte par la solution est toujours considérable. L’électrode positive (qui présente un manque d'électrons) va attirer les ions chlore qui en ont trop, les ions sodiums qui manquent d'électrons vont se précipiter vers l’électrode négative ou il y a abondance d’électrons provenant du générateur. Au contact des deux pôles, les ions redeviendront

atomes de chlore et de sodium. C’est ce voyage des

ions qui va transporter les charges et formera le passage du courant au travers de la solution saline. La vitesse de propagation des ions est pour un champ d’un volt centimètre et pour une solution de chlorure de sodium à 42% de l’ordre 0,5/1.000 de millimètres environ par seconde. On voit tout de suite la raison électrolyque pour laquelle les conducteurs électrolitiques présentent une résistance considérable, en dépit du nombre astronomique des mollécules présentes dans la solution (la solution à 10 % de chlorure de sodium présente 63 % de mollécules ionisées soit 4,8 x 10?° ions de chaque sorte, le nombre des mollécules étant au total de 8,5 x 10*2?).

Tout ceciest valable dans le courant continu. En courant alternatif, le raisonnement électronique est toujours valable mais le courant changeant constamment de sens, il ne se produit aucune modification au niveau des électrodes car chaque demipériode d’un sens détruit ce qu'avait fait la demipériode précédente qui était de sens inverse.

Pour le reste, les ions dela solution oscillent sur place comme les électrons libres du métal, mais ici le trajet d'oscillation est infiniment plus faible (1/100.000). Pour un champ de un volt par centimetre en une seconde, le trajet serait de l’ordre de un millionième de millimètre. La résistance des solutions électrolitiques est au total environ huit millions de fois plus grande que pour les conducteurs métalliques, cette résistance due à la difficulté des

ions à se mouvoir s'explique aussi par ce fait simple que les ions sont très gros, relativement à l’électron tout au moins. |

Lorsque la température s’élève la vitesse de déplacement des électrons augmente rapidement (les atomes constituant le milieu s’écartant les uns des autres) (explication de la dilatation) et la résistance de la solution diminue. C’est ainsi par exemple qu'une solution de chlorure de sodium de dix pour mille qui- présente à la température ordinaire une résistance de 14 ohms cm. voit celle-ci tomber à 5 ohms cm. lorsque la température atteint 100. Pour tenir compte de tous les faeteurs pouvant influencer sur cette résistivité, il faut dire que celleci varie aussi dans de faibles proportions avec la concentration saline. Quoi qu'il en soit, il faut retenir de cette étude.

19 La haute résistance des solutions salines.

20 L'influence de leur concentration sur les variations de la résistance.

3° Et surtout la diminution rapide de cette résistance avec l'élévation de la température phénomène inverse de celui se produisant avec tous [es conducteurs métalliques,

Les considérations que précèdent nous amènent à parler ici du résultat de quelques expériences in vitro dont les résultats sont en relation avec la propagation du courant de haute fréquence.

La première et l'une des plus ancienne est la coagulation d'albumine eftectuée dans un cristalli-

ET

NO

soir expérience indiquée par Bordet dans son livre sur la diathermie (1). Une solution d’albumine est placée dans un cristallisoir et deux électrodes plongent de part et d'autre pour amener le courant. La coagulation de la solution par la chaleur dégagée présente un aspect différent suivant la manière dont est établi le courant.

19 Le courant est établi immédiatement à la valeur maxima nécessaire pour produire la coagulation ; dans ce cas il se forme deux gaines de coagulat autour des électrodes, La partie centrale comprise entre celle-ci reste liquide pendant très longtemps et ne se coagule que très tardivement.

20 Le courant est établi progressivement et lentement, la cogulation s'est effectuée dans toute la masse inter-polaire. Le fait est indéniable et aisément vérifiable, mais il faut éviter d’en tirer des conclusions trop hatives.

I! ne faut déduire celles-ci que de l'étude critique de l'expérience, en tenant compte de toutes les modifications pouvant être imposées aux phénomènes par les conditions dans lesquelles elle a été effectuée.

Une première remarque s'impose : le récipient dans lequel est faite la coagulation est un cristallisoir cylindrique. La largeur de la solution est de ce fait plus large dans la partie médiane, elle offre une surface de refroidissement plus grande. De plus, la solution d’albumine est mauvaise conductrice du courant et les variations de section de la masse

ne peuvent alors être négligées. Enfin, la solution est très mauvaise conductrice de la chaleur, ce qui une impossibilité presque absolue à ce que s’établissent des échanges de température.

Si l’on répète l’expérience dans un vase long et étroit avec des électrodes plates et assez larges pour occuper la moitié de la largeur du récipient dans une solution rendue plus conductrice par dissolution de chlorure de sodium, les phénomènes deviennent beaucoup moins nets et il arrive parfois que la coagulation en masse se produise quand on a préalablement réglé l'intensité à une valeur suffisante mais peu supérieure à celle nécessaire pour obtenir la coagulation.

De ces expériences nous pensons qu'il faut déduire les conclusions suivantes :

1° Les effets calorifiques de la diathermie dépendent indissolublement de la densité électrique du courant et des conditions d'équilibre thermique.

20 Pour pouvoir prévoir dans une mesure suffisante les résultats que vont fournir une application, il faut tenir compte de la conductibilité du milieu, des conditions de refroidissement (circulation, isolement etc...) et des modifications susceptibles d'amener l'élévation de température à celui-ci

On déduit de tout ce qui précède qu’il n’y a pas à proprement parler d'opposition entre les expérien- ces ën vivo et in vitro à la condition de tenir compte des différences physiques entre les deux. On est alors en droit de vouloir prévoir ce qui se produira

np Pre

au cours d’une application chez l'homme si l’on connait les résultats d’une expérience de laboratoire et les différences physiques essentielles qu'elle présente avec l’emploi clinique,

C'est ainsi que tout s’accorde pour tirer de l’expérience précédente la conclusion que les applications chirurgicales demandent l'établissement aussi rapide que le permettent les circonstances de l'intensité à la valeur nécessaire (prise pédale) alors que l’emploi médical de la haute fréquence exige l’établissement progressif de l'intensité sous peine de provoquer parfois des accidents graves.

Nous avons débuté dans l'étude des expériences de laboratoire par celle de Bordier sur la coagulation des albumines à cause de l'importance que l’on a attaché à la Société Française d’Électrologie à une communication du D’ Léon Parisot de Montréal (1) celui-ci frappé de ce que l'expérience précédente avait d'imprécis repris la question de la répartition de l’échauffement sous l’action du courant par un procédé d’une valeur scientifique incontestable car il se met le plus près possible des conditions cliniques.

Il a fait appel au virage coloré présenté par le tétra-iodo-mercurate d’argent qui de jaune serin

vire au rouge orangé par l'élévation de température.

1. Dr Léo Parisot, Recherches sur la répartition de l'échaufjement produit en profondeur par les courants de haute fréquence (Bullelin de la Société Française d’'Electrothérapie, novembre

DE NC se

On obtient ainsi des spectres de la répartition de chaleur suivant les conditions de passage du courant. L'auteur a étudié notamment l'influence de corps conducteurs ou isolants placés entre les électrodes ou au voisinage de celle-ci.

Deux points nous semblent à retenir de ces expériences :

19 Les régions de maximum de chaleur dégagée répondent logiquement à ceux que l’on déduiraient en tenant compte comme nous le signalions précé-

demment des conditions expérimentales ;

20 Les spectres obtenus rappellent étrangement les images obtenues dans l'étude des champs magnétiques «et les modifications produites par l'interposition de corps conducteurs ou isolants sont les mêmes que celles produites par l’interposition dans un champ magnétique de corps à grande ou très faible perméabilité.

En réfléchissant un peu, cette analogie ne doit pas surprendre car l'électricité dans ses diverses manifestations,n’étant que la traduction des forces agissant sur les électrons suivant le mode de leur déplacement les lois qui régissent ces forces sont immuables que la manifestation soit courant ou champ magnétique.

. Quoi qu’il en soit, l'intérêt de ce qui précède réside

dans ce fait que l’on est en droit de se servir des

multiples études faites par l’industrie et les labora-

toires sur les champs magnétiques pour tenter de J. Amiot n

TT A prévoir la répartition de la chaleur dans les appli-

cations diathermiques.

Une autre expérience présente une importance très grande non seulement parce qu'elle est due au Professeur d’Arsonval mais parce qu’aussi elle a pour la première fois attiré l'attention des spécialistes sur l'importance considérable que présentaient les phénomènes dus à la self induction et à la capacité du circuit d'utilisation (1). En étudiant la quantité de chaleur dégagée au travers de solutions salines de composition voisine au sérum sanguin le Professeur D'Arsonval constata que lorsque la résistance variait (par variation de la concentration saline) toutes autres choses restant égales par ailleurs, la quantité de chaleur n'’obéissait pas à la loi de Joule.

Après une croissance primitivement presque parallèle mais inférieure à celle donnée par la formule de Joule, la quantité de chaleur dégagée passe par un maximum puis cesse de croître pour décroître lentement par rapport à la vitesse d'accroissement. Dans l’ensemble la courbe de cette variation affecte la forme d’une anse de broc tenu horizontalement (voir fig.).

Il faut remarquer sur les graphiques que c'est

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