ÉTUDE DU SYSTÈME LIQUEUR DE FEHLING SUCRES RÉDUCTEURS
La liqueur de F ehling, sous l’action d'un sucre réducteur, voit ses ions cuivriques se transformer en ions cuivreux el voit par conséquent la couleur bleue intense que lui procuraient les premiers, disparaître progressivement et laisser la place à la couleur jaunâtre due à la caramélisæ tion du sucre en excès par la solution fortement alcaline. Mais rien ne prouve que la liqueur ainsi décolorée n'a plus aucune action sur le réducteur.
Il ne faut pas envisager uniquement laction des ions cuivriques sur le réducteur. La liqueur de Fehling réduite, renferme un excès de sel de Seignette et une grande quantité de soude. L’étude électrométirique a montré qu’une affusion supérieure de .glucose agissait sur la liqueur de Fehling: la courbe qui s’enregistre automatiquement le prouve, car elle dessine un S très régulier, la première branche correspondant à l'élimination. du Cu semble se raccorder parfaitement à la deuxième. C’est pour savoir
ce qui se passe dans cette deuxième partie que Wurtz
a mis en jeu deux méthodes :
« L'une chimique, employant les réactifs de l'analyse « courante, l’autre physique, basée sur la variation du « potentiel au cours de la réaction ». .
La première méthode consiste à utiliser la réaction de Fenton, légèrement modifiée. Elle révèle la présence de Tacide tartrique dans le sel de Seignette ; on peut donc le caractériser au fur et à mesure de la réaction : glucoseliqueur de Fehling.
« On neutralise par une petite cuite de :SO‘H? au « 1/10° 2 cc: de la solution alcaline de Fehling ; «on «ajoute 2 cc. de solution de SO+Fe et quelques gouttes « d'H20? ; l'addition d’une petite quantité de KOH fait
ONE Le SA :
«apparaître une coloration bleue-violette foncée caracté- «ristique de lacide tartrique ». |
Wurtz a fait deux expériences successives qui ont permis de conclure sur l’action variable des sucres sur la liqueur de Fehling: 5 cc. de solution tartrique mis en contact et à l’ébullition avec 1 cc. de solution de glucose x 0,5%, la réaction de Fenton est positive. Wurtz avait d’ailleurs remarqué que le liquide jauni s’éclaircissait par l'addition de quelques gouttes de SO+H2.
La deuxième expérience consiste à faire agir une quantité beaucoup plus importante de glucose. 2 cc. de solution tartrique seulement avec 8 cc. de solution de glucose à 0,5 %. Cette fois-ci la réaction de Fenton est négative et le liquide ne s’éclaircit plus par SO*H2.
La conclusion à tirer est donc que le glucose en milieu alcalin, détruit le sel de Seignette et que, de son côté le sel de Seignette ne joue pas seulement le rôle passif de support du complexe cuivrique mais joue aussi un rôle actif vis-à-vis du glucose. Donc, l’action complète d’un sucre sur la liqueur de Fehling sé résume en deux phénomènes successifs : oxydation du sucre par le cuivre, destruction du sel de Seignette par le sucre. Cette seconde phase de la réaction qui se produit en liqueur HREOIORE n’avait pas encore été signalée.
Mais, pour déterminer la fin réelle de la réaction rédox totale, quelles seraient les meilleures méthodes ? Le dosage classique par la liqueur de Fehling, s'arrête à la disparilion des ions cuivriques, ce qui correspond à la moitié de la réaction totale. On pourrait aussi agir par Tâtonne-
ment, én dosant l'acide tartrique et en notant le moment de sa disparition ; mais ce serait une méthode trop peu précise.
La méthode électrométrique à aquelle il faut avoir recours donne seule un aperçu complet de la réaction. Les résultats que Wurtz a obtenus montrent que la variaüon de potentiel dans cette réaction est due à l’action combinée du sel de Seignette et de la potasse de la liqueur B de Fehling sur le glucose. En effet, une solution de glucose tombant dans de la potasse où du sel de Seignette séparés, ne produit aucune variation de tension, alors que si elle tombe dans la solution tartrique alcalinisée, une chute de potentiel s’amorce puis tend peu à peu vers la même limite que dans le tracé complet par la liqueur de Fehling entière. D’après le graphique de Wurtz on remarque que la chute de potentiel est d’abord brusque, puis