‹ Étude et commentaire sur l'Épitre de St. JaquesChapitre 26 sur 100 · PATIENCE PARFAITE · texte numérisé non relu

PATIENCE PARFAITE

IleiQaafiôç, rtÇîs, tentation, épreuve, se dit de tout ce qui à rintérieur ou à Textérieur éprouve rame, comme excitation au péché, comme position critique pour la vertu. Dans le N. T. Tteiqaafiôç désigne surtout les malheurs, les souffrances qui essaient les forces de Tâme chrétienne, et manifestent ce qu'eUe est en fait d'amour de Dieu, de renoncement à soi-même , de dévouement à la volonté divine. Dans un seul passage (Héb. III, 8) TteiQaafxôg indique Fépreuve de la puissance et de la justice divines, faite ou tentée par la désobéissance des hommes.

De la même manière TteiQaÇcD, ntçi, signiûe d'abord faire un essai (Act. XVI, 7 : iTtelçaÇ/ov sic rijv Bcdvvlav TtOQsvead-ai) ; éprouver quelqu'un (Jean VI, 6 : rëro de eleye Ttsiça^cov ovtov). De là Dieu a été dit Ttsiçà^eiv rovg op^qwtcovç, quand il les appelle par la souffrance à prouver leur fidélité (1 Cor. X, 13). — Puis cette expression s'est prise en mauvaise part pour désigner l'action séductrice qui cherche à entraîner au péché (plus bas v. 13 et 14). Enfin tenter Dieu se trouve Matt. IV, 7 avec le sen^ d'attendre de iui quelque secours sans droit à l'obtenir, et 1 Cor. X, 9 à peu près avec la même signification que le Tteigaa^iôg de Héb. ni, 8.

IIovkIXoiç. Ce mot nous prouve que l'apôtre avait dans l'esprit diverses natures de tentations. Entendait-il celles que produit l'attrait du péché et celles qui résultent de la souffrance, ou seulement des épreuves causées par des souffrances de diverses natures. Il nous semble que le début et le contenu de l'épitre indiquent assez nettement qu'elle a été écrite en vue des souffrances dont les fidèles étaient menacés ou atteints. Cela nous conduit à préférer ici le second sens, ou du moins à croire qu'il était sur le premier plan dans l'esprit de l'auteur. Au v. 13 l'apôtre laissera le sens à*épreuve pour prendre celui de tentation.

IleçLTtéarjTe a le même sens que è/ÂTtéarjrs elç . . . (Comp. Luc. X, 30: avd-QiùTtaç Xjjçaïç TteQiéTtsaev , et v. 36: o efiTteawv eîç Tovç Xrjgâç.) Mais TteçiTtlTtro) a plus de force comme exprimant l'idée d'être entoiu*é de toute part de causes de danger.

3. rivdaKorteg oti. Motif à l'appui de la thèse précédente. Comparez Rom. V, 3.

Jo^lfiLOv se rencontre deux fois dans le N. T., ici et 1 Pier. I, 7. Dans les 70 U signifie le creuset où l'on essaie le métal ; dans le

N. T. l'essai que l'on en fait à Taide du creuset. Dans ce sens il est synonime de ôoxifiaala.

T^ç niç€<aç, sopprimé k tort par Tisch. d'après B. et an très-petit nombre d'instruments. Presque tons les critiques, même Lagbvàhii conserTent cette leçon.

JoKlfxiov . . . Ttl^etoç Tcareoya^erai. L'épreuTC de la foi produit la patience. L'apôtre yeut-il dire que ce fruit précieux soit un résultat de F épreuve (envoyée de Dieu pour perfectionner notre foi), ou de la foi (éprouvée par la souffrance)? L'idée n'est pas dans les deux cas identiquement la même, et la phrase est susceptible des deux sens. 1 Pier. I, 7, dans une phrase toute semblable, le contexte prouve qu'il faut prendre le second; mais ici le contexte et l'esprit de l'épltre me semblent devoir faire préférer le premier.

Tous deux supposent que TtlçBtag est le complément de èokI^iov, mais quelques Itt. le rattachent, à tort selon nous, à vTtofxovTjv. Cela donnerait pour signification; L'épreuve produit la persévérance dans la foi, idée beaucoup trop restreinte pour le contexte, qui de plus semble bien éloignée de la pensée de Jaques et peu juste en elle-même; ou bien encore: V épreuve produit la patience telle que la foi r enfante, idée peu naturelle, étrangère au contexte, et peu en harmonie avec le texte grec. La pensée de Jaques n'a rien d'obscur; elle est profondément évangélique et philosophique; c'est celle que Paul a exprimée presque dans les mêmes termes Rom. V, 3: ddoreç, ottri &Xïtf}iç VTtoiiovfjv xcrr-

JliçBiùç. La foi éprouvée et essayée par la souffrance est évidemment prise ici dans le sens subjectif: „C'est une détermination de l'âme, formant le point central de la vie chrétienne, et liant intérieurement par la confiance le fidèle à Christ, et par Christ à Dieu.'' Kern. Voyez plus bas II, 14.

'YTtofiovrjv. „Ce mot est susceptible de deux acceptions un peu différentes, suivant qu'on s'attache à l'un ou à l'antre des deux éléments de son étymologie. Si c'est à vtvô, c'est l'idée de soumission qui domine; si c'est k^évetv, c'est celle de fermeté. Les deux sens conviennent ici également." Schneck. -^ Cette analyse est peut-être un peu trop subtile.

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