PATIENCE PARFAITE
4. ^YTro^ovij egyov. Kern remarque que ces deux mots , et Ttlgiç au verset précédent, sont les trois idées dominantes de tout ce passage, que de plus ^çyov et Ttlgiç reviennent souvent d'une manière symétrique dans toute Fépitre, et doivent être pris dans le même sens partout où ils s'y rencontrent. D'après ce principe, donnant à Ttlgiç, comme nous l'avons dit, celui de mobile intérieur de la vie chrétienne, il attribue à ^éçyov celui de pratique^ d'oeuvres extérieures et visibles; puis à vTtOfiOvrj celui d'œuvre intérieure, de vertu cachée et de vie intime. Explication ingénieuse et belle, qui développe avec profondeur et vérité les éléments de la vie chrétienne, et les fruits du malheur dans l'âme fidèle, mais qui ne semble cependant pas assez démontrée par l'exégèse.
%X^rc(i. Devons-nous donner ici à ^co le sens de xatéx(o, retenir, ou de Ttaçéxio, produire? Dans le premier cas, nous traduirons: Que la patience $oit une CBUvre parfaite, c'est-à-dire soit parfaite. Dans le second : Que la patience produise une œtcvre parfaite, c'est-à-dire une conduite parfaite. Ce dernier sens se rattache nécessairement au sens donné par Kern à eçyav, Ttlgiç et vito^ovii. ^^^ ^^^^ ^^ s'attendrait à trouver, au lieu de ïqyovy ^€Qya, comme chap. II, 14. 17. 18 etc.
*^ïva nous annonce le résultat de la souffrance humaine, désirable pour l'homme et voulu de Dieu.
Téleiov . . . téleioi. Cet adjectif pourrait se prendre dans le sens de durable aussi bien que dans celui de parfait, mais il n'a que ce dernier sens dans le N. T. ; c'est d'ailleurs le seul qui convienne au contexte, et qui soit en harmonie avec le parallèle explicatif: iv ^rjdevl leiTtô^evoi.
'OlôyilriQoi. 'OkÔKlrjQoç, proprement composé de toutes ses parties, entier, et de là sans défaut. Il ne se rencontre dans le N. T. qu'ici et 1 Thess. V, 23. Dans les 70, les apocryphes et JosEPHE, cet adjectif est employé en parlant des victimes assez parfaites pour être offertes à Jéhova , et ici la réunion des trois synonimes téXeioi, oXôycXrjQOCf èv firjdevl leiTtôfievoc pourrait bien faire allusion à la même idée.
'Ev firjâevï leiTtô^evoi. Kern est conduit par son interprétation précédente à paraphraser ainsi ces mots: ne manquant ni de foi, ni d'oBUvres, ni de vertus intérieures (Ttlgiç^ ïçya, VTto-
fiovfi). Mais le contexte me sesible indiquer un sens un peu différent et moins déterminé. L'apôtre yeut en général que ses disciples ne manquent d'aucun des éléments de la patience chrétienne, et d'aucun des fruits que la souffrance fait germer et mûrir dans le cœur du fidèle. Cela est en rapport avec l'esprit de l'épttre, qui toute entière tend à inculquer une vertu parfaite et sans lacune, bien différente des yertus extérieures, apparentes et partielles, auxquelles l'homme est enclin à se borner.
ScHOTT et Bretsghneider semblent avoir manqué la signification de ces mots, quand, donnant à lelTtOfiai le sens d'eVre inférieur, être vaincu, ils ont tu ici une recommandation d'honneur ou d'amour propre : „Neque ullâ in re aliis inferiores, id est nullà laude carentes'' (Sghott). AelTtofiai au moyen a fréquemment dans les auteurs profanes le sens A' être vaincu, mais il n'y en a pas un seul exemple dans le N. T. Bien au contraire, au y. 5 et II, 15, nous trouvons XelTVOfiai (passif) signifiant certainement manquer ; il est même évident que lelfterac du v. 5 fait allusion à notre XecTtôfievot qui le précède presque immédiatement.
Les souffrances du temps présent contribuent beaucoup au perfectionnement de l'âme chrétienne; car, ainsi que l'observe Keriv, eUes sont destinées de Dieu à manifester les sentiments chrétiens, à les exciter, à les exercer, à les développer.