‹ Étude et commentaire sur l'Épitre de St. JaquesChapitre 33 sur 100 · V. 16-18. LA GRACE VIENT DE DIEU · texte numérisé non relu

V. 16-18. LA GRACE VIENT DE DIEU

16. Mrj nlaràa&s, àdelcpoL fis àyanriroL VJ. Uaaa âoaiç àyadii xal nàv âœçrjfia TeXeior àvœ9iv èari xancctpaivov àno tS naiçog rdir (fioxœv, naç w èx en naçallayri, ^ rçonrjg ànoaxiaOfia. 18. BsXtiâ-eîg ânexvrphv rifiag X6y(p àlrid-dag, âg xo sïrai fifiàg ànaç- Xrpf Tiva xwv avrô xtiOfidrary.

16. Ne vous laissez pas égarer, mes frères bien aimes: 17. Toute grâce précieuse et tout don parfait viennent d'en hauty et descendent du père des lumières, dans lequel il n'y a ni changement, ni diminutùm, ni ombre

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18. Dans ses décrets de bienveillance il nous a engendrés par la parole de vérité, afin que nous fussions comme les drémices de ses créatures.

16. Mt] TtXavâad'S. Grotius: „Mos loquendi, ubi falsas opiniones, quae aut irrepsere in quorumdam animos, aut irrepere po8sent, amoliri volumus.'* Cette expression ferme et un peu sévère n*est jamais exempte d'une nuance de reproche. Comparez 1 Cor. YI, 9 ; XY, 33 ; Galat. YI, 7. Cela nous conduit à croire qu'en condamnant ceux qui rejetaient &m Dieu leurs péchés, Jaques avait en vue des abus constatés et des torts positifs.

Cette formule lie ce paragraphe avec le précédent. Après avoir montré que Dieu ne peut être regardé comme Fauteur du péché, Fapôtre introduit par cette transition animée la thèse contraire à l'erreur combattue: Dieu est l'auteur de tout ce qui est bien, et seulement du bien. Cette thèse est présentée de manière à rendre au pécheur le courage et la bonne volonté.

l^âekçol fis àyaTtriroL Expression bienveillante qui tempère la sévérité des premiers mots.

17. Ce verset a donné lieu à beaucoup d'observations et d'interprétations diverses.

Avant tout les interprètes se partagent sur le véritable sens de Tcaaa ôoaiÇy Ttav ôciQrjfiaj les uns traduisant: „I1 ne vient de Dieu que^des dons et des secours*^ (Schneck., Schott, Sgharling); et les autres: „Toùs les dons et les secours viennent de Dieu'* (Luther, Gebser, de Wette). La première interprétation se rattache beaucoup mieux à fiij TtXavaa&e et au paragraphe précédent ; car elle fait antithèse directe à l'erreur qui y est combattue, d'où l'auteur passerait très-naturellement à l'idée principale de ce paragraphe-ci, savoir aux secours que Dieu donne à l'homme pour soutenir la tentation. Mais on ne peut adopter ce sens sans tordre Ttaç, qui signifie tout, et non pas unique, pur, sans mélange, comme il faudrait le supposer en ce cas. On ne peut y être autorisé par le Ttàaav du v. 2, puisque là ce sens est plus que douteux, et que l'arrangement de la phrase l'y justifierait d'ailleurs mieux qu'ici. La seconde interprétation laisse à Ttaç sa signification véritable,^ et se rattache suffisamment au §. 5, en même temps

LA tilUGB TIENT DE DtEU. 31

qu'elle aborde nettement, et avec une Tivadté très-natureOe, Fidée essentielle que Tapôtre a dans l'esprit.

On a fait observer que ce verset commence par un hexamètre: nSaa dôaiç àya9fj xal Ttav dwçrjfia tiXeiov. On a remarqué de plus les expressions et la couleur poétique du paragraphe entier. Puis on a imaginé d'en conclure qu'en cet endroit Jaques avait eu dans l'esprit quelque fragment d'un poète inconnu. Scaul- THEss, pour prouver cette thèse, a même tenté de remettre en vers, avec peu de changements, tout le reste du paragraphe. Mais tout cela peut et doit être fortuit. Jaques, le Galiléen, l'apôtre de Jérusalem, très-probablement avait peu lu les poètes grecs, et ne s'en inquiétait guère. Le ton poétique de ce morceau est dû sans doute à l'élan chaleureux de l'apôtre, à la puissance de ses convictions, à la poésie natureUe de son esprit, poésie dont les formes dramatiques et le langage animé de cette épitre donnent assez la preuve. Quant à l'hexamètre, on sait combien il arrive fréquemment aux auteurs anciens comme aux modernes, de laisser échapper à leur insu çà et là un vers dans leur prose, par le seul effet du vague instinct qui porte l'oreille à préférer des sons mesurés.

^Jôaiç, diaçTifjia. Ces deux mots, dans un langage exact, exprimeraient deux idées différentes: doaiç l'idée abstraite de largesse, action de donner; dwqrifÀa l'idée concrète de frisent, chose donnée. On peut croire cependant que la pensée de Jaques ne distinguait pas d'une manière précise entre ces deux mots.

TéXetov, Cet adjectif en revanche a décidément et constamment un sens plus complet que àya&og. Comparez Rom. XII, 2.

^AvcDÔ'BVy d'en haut, répond à l'hébreu b?^îq, t3^^^»., et si • gnifie de Dieu, divinitus, mais l'expression a quelque chose de poétique.

lEçl xarafiaïvov. On doute s'il faut placer ou non une virgule après igl; en d'autres termes, s'il faut lire èçl xarafialvov irto: descend d'en haut du père, ou avœS'év igi, yuxrafiaïvov àrtb : vient d'en haut, descendant du pire. La première ponctuation est celle de presque tous les anciens Itt, et elle est tout à fait conforme aux habitudes des écrivains du N. T., qui aiment à remplacer le verbe fini par le participe avec eîva$. D'autre part

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la tournure en devient moins nette, et opw&ep semble alors mal lié et superflu.

IIceTçbg tcHv quiruv. H y a eu bien des débats sur ces lumières dont Dieu est h père* Les Itt modernes entendent généralement par là les astres; mais les anciens ont eu bien d'autres idées. Ils ont rendu ces mots tantôt par les lumières intellectuelles, tantôt par les lumières religieuses, tantôt par la lumière physique, tantôt par les vertus, tantôt par tout ce qui mérite le nom de lumière au physique et au moral ; puis par Furim du Saint Sacrificateur, par la paix de Fâme, par la raison et la révélation, par les grands génies, inspirés ou non, qui ont éclairé le monde ; puis par la Trinité, par les anges; enfin par les hommes, en lisant q>ûhtùvf de q>iiçf poétique pour âv&çcjTtog.

Le système d'interprétation le plus général, et qui traduit qxa^ vwv par Hêtres, a sa probabilité. Il se rattache à une idée habituelle aux écrivains hébreux, celle de la gloire de Dieu, manifestée dans le firmament (Ps. VIII, XIX etc.), et il semble confirmé par les mots suivants, que l'on croit faire allusion aux changements apparents des astres et de leur lumière. Toutefois on ne voit pas aisément dans cette hypothèse à quel propos cette idée de fire des astres est interjetée, et par où elle se lie à la pensée du verset. Pour lui donner quelque vraisemblance, il faut conjecturer (avec Gebser et Scharlin g) que Jaques en écrivant ce passage avait le firmament sous les yeux, et se laissait aller à la majestueuse Impression de ce spectacle ; supposition, on le comprend, fort hasardée. Je ne pense pas, je l'avoue, que cette interprétation de çœtwv puisse être admise, sans supposer en même temps^' que sous cet emblème magnifique. Jaques a voidu désigner ou du moins rappeler les lumières morales ou religieuses, dont Dieu est également l'auteur, et, dans le langage de l'A. T., le père.

"Evi, il y a, est pour h^egi, mais a plus de force. Comparez

Col. m, 11; 1 Cor. VI, 5; Gai. UI, 28.

Ilaçailajnlj, tqoTtri, OTtoaidaaim. Ces mots sont tous trois a7t. Xeyy., et ont ou sont crus avoir ici tous trois un sens astronomique.

naqakhxyri^ de fcaçaklacaio, changement, modification. L'idée astronomique que l'on veut attacher ici à l'emploi de ce mot

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