LA GRACE TIENT DE DIEU
n'est qu'une conjecture. Il est certain que le sens de vicissitude peut s'appliquer très-naturellement aux mouvements périodiques des astres. L'idée et le mot de parallaxe, dérivés de ^ncaçaXlceyri pourraiait être envisagés conune une légère présomption en faveur de l'emploi astronomique de ce mot.
TqoTtriy changement, conversion, et en particulier solstice fd'où le mot tropique).
^ATtoaydaafjiay d*à7toaxia^€iv, faire omhre. Ce mot parait avoir désigné littéralement V ombre d'un objet, et métaphoriquement une apparence, une trace légère. De là on a donné à rço- Ttijç aTtoaxlaafia trois sens divers, entre lesquels se partagent les Itt Les uns traduisent aucune ombre (c'est-à-dire aucune apparence) de changement. Ainsi Hestghius rend notre passage par àllotciaeœç xal q>avraalag ofiolcofia. D'autres, comme Kern, aucune obscurité résultant d'un changement, par allusion aux mouvements de l'ombre solaire. D'autres enfin aucun changement d'ombre, par allusion aux changements de. direction dans J'ombre, produits par le passage du soleil à l'équateur. On sent aisément combien ces interprétations, la première conmie les deux autres, peuvent prêter à la critique. Cependant il peut bien y avoir ici quelque aUusion astronomique, et il serait assez naturel de voir premièrement dans çérœv une allusion aux astres allumés par la main de Dieu, puis dans ^. rj tq, àTtoaxlaafjia une allusion aux mouvements, changements d'apparence et diminutions de lumière auxquels les astres sont sujets, et qui accusent leur mutabilité, tandis que la niajesté divine est exempte de toute modification de pouvpir et supérieure à tout changement de dessein. J'ai traduit dans ce sens, en renonçant à rendre le génitif.
Quelles que soient les interprétations diverses auxquelles ce verset puisse donner lieu, le sens général est constant: „Le mal venait de l'honmie, mais le bien vient de Dieu. Le bien seulement, et tous les biens. Dieu, source de la vérité. Soleil de la grâce, n'obéit à personne, et ne dépend pas, comme le soleil de la nature, des lois d'un créateur, fl brille toujours du même édat, il est toiijours le même, toujours parfait, toiijours indépendant, toujours digne de la confiance et de l'amour de ses créatures.*^
Oa a remarqué dans Pwhoh quelques passages analogues à ce ▼erset dit de Dieu (De confiisione linguarum, p. 346 C): "Ori fiovov àya&ùh Içiv aXtioÇj tuxks ôh èdtvcfç ftaçaTtctv; et ailleurs (De somniis, p. 576): Hçonov fâh o &boç gnaç igiv, è fiâvov g>ùiç, àkXà xal Tcavrog ériça qftorbç àqxèrvnùv. Ailleurs encore (De opific. p. 6 D) il nomme le loyog par lequel Dieu se communique au monde: 'Y^eçoçàviog àçiiQ, Tcrffî} tHv ala&ï^TÛiy iciç(ov. Toutes ces doctes paroles du platonicien juif sont à la fois plus vagues comme doctrines, et moins poétiques dans Texpression, que les simples enseignements de l'apôtre batelier.
18. Ce yerset fait faire un grand pas au raisonnement, en amenant une thèse plus spéciale et plus importante. Dieu était présenté au y. 17 comme Tunique auteur des bons secours et des lumières de Tâme. Ici, de plus, il est l'auteur de la révélation, et par cela même de la régénération chrétienne, idée essentielle du paragraphe.
Bohjd'eiç est à l'aoriste, parceque le verbe iTtexvrjaev est au même temps. Dans la réunion de ces deux mots on a vu une endiadin, et en conséquence on a voulu combiner leurs significations et traduire simplement: Il a voulu nous engendrer.... Cependant la forme et la position de fiaXrjd'elg semblent destinées à porter l'attention sur ce .mot, et par conséquent à lui assigner un sens propre et de quelque valeur. Recherchons-le:
BéXofiai, correspond en général au mot français vouloir (qui en est dérivé). Mais à cette signification fondamentale il parait joindre, au moins dans le N. T., deux acceptions particulières: a) celle de vouloir avec réflexion et autorité ,. et il se dit plus spécialement d'un dessein arrêté par un supérieur; h) celle d'un dessein de miséricorde et d'amour. Les LXX s'en sont servis pour rendre sir^&t et yciri. Appuyant sur le premier de ces deux éléments, Calvin en a tiré la prédestination, qui en vérité ne peut guère se fonder sur ce passage. D'autres, s'en tenant à leur tour à la seconde acception, n'y ont vu que la touchante expression de la miséricorde divine, principe déterminant de la révélation. Ainsi Schott: „Ille pro consilio benevolo nos .... genuit.** Mais il n'y a aucune raison de ne pas prendre le sens complet, et de ne pas voir à la fois dans cette phrase le carac-