‹ Étude et commentaire sur l'Épitre de St. JaquesChapitre 42 sur 100 · LA RELIGION DOIT ETRE PRATIQUE · texte numérisé non relu

LA RELIGION DOIT ETRE PRATIQUE

On comprend que Fécrivain sacré se décide pour le choix de ces détails spéciaux, soit par la considération de leur importance (v. 27), soit par celle des besoins moraux de ses lecteurs.

26. Eï Tcg doxet. Gai. VI, 3 on trouve une tournure analogue pour exprimer à peu près le même sentiment, celui d'une condamnation sévère et même méprisante poux* l'illusion grossière de gens qui veulent se tromper eux-mêmes (kavubv q>QBva7tarq).

Qq^oxoç. (XTt. Xsy. Ce mot correspond à l'hébreu Tprj, et au français pieux, dévot. Il renferme cependant une nuance de plus, celle d*étre savant en religion. Héstchius le rend par It€çoâo^oç, evyevi^ç; „id est, ditBcNGEL, qui plus novit quam cœteri, et nobiiiori mente praeditus est'^ Oecuménids paraphrase ce mot par: yvwgtjç raiv ev rqi vôfifp àjto^^rjriov xal àxçifirjç qw- Xa^. 11 y a donc ici, dans l'intention de l'écrivain sacré, opposition des œuvres non seulement à la foi, mais à la vanité du savoir religieux, de la pratique à la science; remarque de quelque importance pour l'interprétation du v. 19 et du chap. JII.

'Ey vfÀiv, Ces mots sont retranchés du texte par la presque unanimité du critiques et des anciens et bons instruments.

XaXLvaycjydv, d\ç Xsy. ; ici et plus bas DI, 2. De xaXivôç^ /retfi, et de ayto, contenir, comprimera métaphore expressive, usitée dans tous les pays où l'on se sert de chevaux.

Mil xaXtvayfaydv yXHaaav avrs. Jaques a fait allusion (v. 19) au zèle amer et au penchant présomptueux à enseigner les autres. D'autres préceptes encore reviendront plus loin sur le même sujet. On en a condu assez naturellement que dans ce passage -ci, l'apôtre avait également en vue cette disposition spéciale, et qu'il fsrllait par conséquent y restreindre le sens de ses paroles. Toutefois il semble que l'intention doit être plus vaste, et que Jaques veut donner une leçon générale relative à la religion pratique, plus encore que combattre un défaut particulier. La fin de la phrase, aXX aTCaraiv xaçâiav avrë, parait indiquer la même chose. Au chap. 111 il introduit, il est vrai, le même sujet, en combattant seulement le vice spécial (v. 1) , mais il passe bientôt à une leçon plus générale.

l^TtaTùiv iuxçdlav avrS correspond à peu près à TtaçaXoyLtpiievoL éawéç v. 22 ; mais il exprime bien plus vivement les mi-

sérables capitulations de conscience et les prétextes menteurs da parleur coupable.

La comparaison de GaLVI, 3 (iavrov q>Qeva7tcaq) pourrait faire croire que xagôiav avrë est un hébralsme^ et devrait se traduire, comme souvent ^viti , par iavrov. Cependant xoQÔiay pris littéralement est bien plus spécial et plus profond que latnroy. Cette interprétation ajoute à la subjectivité de la leçon, et par cela même elle est phis en rapport avec le caractère ordinaire des pensées de l'apôtre.

Téru f-iaraioç . . . Cette portion de phrase, ainsi rejetée à la fin, a quelque chose de sentencieux et de solennel, qui augmente la force de Tassertion et l'autorité de renseignement. Nous avons fait la même remarque sur w:oç ficncaçioç au v. 25. La pensée profonde de Jaques recherche les formes énergiques et décisives.

On pourrait éprouver ici quelque surprise de la spécialité du défaut condamné dans ce verset, comparée avec ce que l'assertion générale a de grave et d'absolu. Quand l'apôtre affirme que la piété est incompatible avec le vice, on s'attendrait à le voir indiquer un vice d'une nature plus perverse que le simple manque d'empire sur les paroles.

On peut, il est vrai, dire avec Zwingli qu'il a voulu qu'on tirât de cet exemple spécial une conséquence applicable à tous les vices. „Videtur enim sub uno caetera omnia comprehendisse, qui mos HebraBis familiaris esf Toutefois on peut encore demander ce qui a déterminé l'apôtre à choisir la simple légèreté des paroles pour type général de l'immoralité. Il est possible que St. Jaques y fût poussé par le penchant de ses lecteurs à ce vice, mais je croirais volontiers que c'est surtout une suite de l'importatfce qu'il mettait à combattre le péché dans sa source, dans la pensée et le^ sentiments de ce cœur de l'abondance duquel la bouche parle. L'impuissance de l'homme à régler chrétiennement ses paroles était pour lui le symptôme d'un cœur impur ou sans charité. Peut-être aussi choisit-il plus volontiers ce symptôme-là, parce que les chrétiens superficiels sont plus prompts à traiter ce point légèrement, trompant ainsi leur propre coeur.

@Qr]a7C€la, allusion intentionnelle au mot â-Qtjaxoçj qui vient d'être employé.

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