LE PRÉCEPTE
pter seterna praemia facieitdam, divitibus potius propter terrena cornmoda fecisse, ideoque eos prout erant digni redarguit."
Il me semble voir dans cette subdivision deux développements successifs: 1. v. 1—7 folie de V acception de fersonne^; 2. V. 8 — 13 crime de l'acception de personnes.
À, CHAP. II, V. 1—7. POLIE DE L'ACCEPTION DE PERSONNES. §.ll. V. 1. LE PRÉCEPTE,
1. ^AdeXcpoi fiBy fiTi ir nçoaamolrjrpiaig exBxe xrjy niçLV tS xvQiH fifiéiv 'IrjoS XçigS rijg âo^g.
1. Mes frères, ne prétendez point réunir à des acceptions de personnes la foi en notre Seigneur J. C. glorifié.
1. Le style de ce versef seûible moins coulant qu'à l'ordinaire ; la phrase a cpielque chose d'insolite et même d'équivoque. On y retrouve de plus le caractère prononcé de l'hellénisme hébraîsant. Voyez par exemple èv TtQoacûTVolrjXplaig, exere, rrjg âô^rjç.
Faut-il traduire (àt] par une négation ou par une interrogation? et en conséquence faut-il regarder exBTs comme un impératif ou comme un indicatif? Voilà la première question à résoudre, et qui, ne pouvant être décidée d*une manière absolue, laisse au sens un caractère équivoque et obscur. Suivant le parti qu'on prendra, il faudra traduire : „Ne joignez aucune acception de personnes à votre foi ;" ou : „Penseriez-vous pouvoir joindre ... ?" ou bien encore: „Ne vous arrive-t-il point de joindre V . . ?"
Le premier sens, le sens positif et afQrmatif me semble un peu plus probable, surtout au début d'un développement dont ce verset est la base.
nQoa(07tolr]Xplaig se trouve quatre fois dans le N. T. Ce mot, ainsi que TtQoacoTtoXrjTtreïv, ajt. ley. v. 9, et TtçoacjTtolri- TtTT^Çy aTt. ley. Act. X, 34, sont des expressions ellénistiques dérivées de la formule hébraïque û'^ïd «fej. ïlQoacoTColTjtpla indique une faveur ou une défaveur fondée non sur la justice, mais sur des circonstances extérieures. Comp. Jud. 16: d'avfiàtpvreg TtçoacoTta. C'est une métaphore indiquant très-bien une disposition vicieuse à se laisser dominer par l'extérieur et l'apparence.
58 ÉPITRB DE 8T. JAQUES CHAP. Il, Y. 2^A.
Le pluriel n'est pas inutile. U indique des applications multipliées de la disposition combattue. Sgharling: „€ommittebatur hoc vitium vel a pluribus yel in plures,'* Comp. IV, 16: iv àla- ^oveiaiç; Jud. 18: àoi^eiai etc.
jBv TtQoacjTt. ^er£ rqv Ttlgiv, phrase concise jusqu'à en devenir obscure. Tenir la foi en acception de personnes, pour dé-, naturer, dégrader sa foi par l'acception de personnes , et par le mélange de principes intéressés.
nigiv t5 ytvçla; ce qui équivaut à elç tov yvqvov. C'est le génitif de l'objet, comme Act III, 16: Itû t^ Ttigei rS ovôfiOTOç avrë.
^Irjas XçigS^ C'est la seconde et dernière fois que ce nom se rencontre dans cette épitre. On aime à y trouver ici accolés les mots TTJç ôô^ç qui témoignent du sentiment de vénération pieuse de l'écrivain.
T^ç ôo^ç. Cette expression a causé quelque embarras aux Itt. Quelques uns (Str., Hammond, Benson) ont voulu rattacher ces mots à Ttlgiv, foi glorieuse. D'autres (Michaelis) à Ttgoaio- 7Cokr]xfjlaiç: acception de personnes excitée par leur éclat extérieur. Ces deux interprétations semblent fort invraisemblables. D'autres Itt. ont lié T^g êô^ïjç k ycvçia: Seigneur de gloire; mais Û est peut-être plus simple de lier ces mota à 'Irjao Xçigë, en les faisant synonimes de €vdô^&. On sait combien il est ordinaire aux écrivains hébreux et hébraïsans de se servir ainsi du génitif de dépendance pour exprimer l'attribut. Comp. 1 Cor. U, 8: TOV yvQWv TTig âô^ç.
Sgharling voit dans ces mots Ttjç ôô^g une antithèse cachée avec 7tçoaù}7toXrixplacç, destinée à faire honte à ces chrétiens terrestres, qui, serviteurs d'un maître divin et glorieux, lui associent, pour ainsi dire, dans leur foi, des hommes imparfaits et un éclat purement extérieur et passager.