‹ Étude et commentaire sur l'Épitre de St. JaquesChapitre 46 sur 100 · ràq signiGe moins ici tar, que par exemple, en effet · texte numérisé non relu

ràq signiGe moins ici tar, que par exemple, en effet

Eiaélârj. Scharling: „Aoristus rem qnasi gestam depingif

Elç rijv avvaycjytjv v/Âoiv, ^vvaytjyrj est proprement une assemblée publique, une réunion, un attroupement. Dans le N. T. ce mot indique les saintes assemblées des Juifs: nny, hirp^; puis le lieu où ces assemblées se réunissent, soit à Jérusalem, soit dans les viUes étrangères nD3!Dri'~^n^. Mais on demande s'il faut entendre ici par avvaywyrj une assemblée juive ou une assemblée cbrétienne. L'addition de vfiwv et la nature des lecteurs auxquels un apôtre de J. C. devait s'adresser semblent exiger le dernier sens. - D'autre part les détails qui suivent nous donnent, sur l'intérieur et les moeurs de l'assemblée, des notions qui répondent bien mieux aux habitudes Juives qu'aux chrétiennes {xaXaiç, vtco to vTtOTtO" èiov etc.). On sait d'ailleurs que les judéo-chrétiens dont Jaques

60 ÉPITBB 0B 8T. JAQUES CHAP. Il, V. 2—4.

était Tapôtre n'abandonnèrent entièrement les synagogues juives que loraqu'ils en furent chassés. D y aurait donc à ce point de Tue quelque probabilité qu'il serait ici question des synagogues juiyes. Mais comment concevoir que l'apôtre censure les chrétiens des usages régnant non dans leurs assemblées à eux , mais dans celles que dirigeaient exclusivement des Juifs? Probablement il s'agit ici de synagogues chrétiennes, c'est-à-dire d'assemblées indépendantes des synagogues juives et où les chrétiens seuls se rencontraient, mais qui étaient calquées sur les formes et les usages des premières. On sait d'ailleurs que les choses se passèrent ainsi dans la primitive église.

Quelques critiques, pour résoudre autrement la difQculté, se sont fondés sur les expressions TtQoatoTtoXriiplaiç (v. 1), xçiral (y. 5), et ont voulu supposer qu'il était ici question de tribunaux. Cette opinion ne peut se soutenir.

^AvrjQ. Le grand nombre des Itt. ont mis ici une insistance ridicule à décider si Jaques indiquait par cet homme riche un juif ou un chrétien. La réponse est simple. Il indique un riche; le reste est peu important, puisque ce n'est pas de la conduite de ce riche, mais de la conduite envers lui qu'il est question.

XQvaodmcTvXioç; mot inventé par l'écrivain pour représenter plus vivement l'aspect de l'homme brillant qu'il introduit. £pithète analogue à xQ^^^^'Çcjvoç. Dans Timon Lucien dit: 7tOQq>vqoï yuxï xQvaôxBLQeg TteçiéQxovrai.

^afiiTCQÔç ; opposé à çuTtagôç, dans le double sens de brillant et de propre.

3. Le caractère dramatique des v. 2 et 3 , ainsi que le talent naturel à l'écrivain, ont été justement remarqués. Tous les mots semblent choisis et toutes les phrases coupées de manière à faire ressortir l'éclat dont brille le riche, les égards dont il est entouré et la dédaigneuse affabilité réservée au pauvre. Au v. 2 on croit voir entrer l'homme aux doigts dorés ^ et son èadijg KafiTtça contraste avec le pauvre iv ^vjtaQq èaxHjti. L'opposition n'est pas moins saillante au v. 3, entre l'attention admiratrice (iTtL^kétpriTB)^ l'empressement obséquieux {^akiHç) dont le riche est l'objet, et la place méprisée que l'on assigne au pauvre {vtio to vTtOTtoôiov)^ si toutefois on se décide à le faire asseoir {av g^d'i héi).

l'acception be personnes en action. 61

^TrifiXéipriTe. Il y a dans l'emploi de ce verbe une nuance d'admiration et de désir. D exprime constamment l'acte de regarder quelqu'un pour s'occuper de lui. Dans les deux autres endroits du N. T. où il se rencontre (Luc I, 48 ; IX, 38) cette idée s'associe à celle d'une protection bienveillante. Dans les LXX, au contraire, elle se trouve quelquefois liée à l'intention de nuire.

Eïnijre avr^. Les meillears instraments, tant Alex. qa'OcciD., ainsi qoe la presque unanimité des critiques retranchent le mot avT^,

EtTtriTs, Grotius, Semler, Knapp, Sghulthess etc. ont cru que ceci ne s'adressait qu'aux diacres, chargés dans l'ancienne église de faire placer les assistants. Il me semble que cette explication plus savante que naturelle perd de vue le but de l'apôtre, la simplicité de son idée, et en affaiblit l'énergie. St. Jaques éclaircit un précepte en donnant un exemple; il stigmatise une tendance, sans avoir spécialement en vue un acte précis et un certain ordre de personnes. Il est très-douteux d'ailleurs (et dans ce verset rien ne l'indique) qu'à cette époque il y eût déjà dans l'église, comme un peu plus tard, des places déterminées, et des diacres chargés d'y faire mettre et rester les assistants. Cette interprétation de notre texte repose en entier sur un passage des Constitutions Apostoliques, ouvrage supposé et postérieur, d'autant moins admissible ici comme témoin contemporain qu'il fait à notre texte une allusion évidente, tout en le tordant pour le concilier avec l'abus même qu'il condamne.

Le passage en question des Constitutions Apostoliques recommande qu'à l'entrée dans le temple de l'homme riche et comme il faut, le prêtre n'ait garde d'interrompre le service pour le faire placer, mais que les assistants prennent soin du nouveau venu et recourent aux diacres. Ceux-ci, pour lui assurer une bonne place, devront au besoin contraindre, même par la force, un jeune frère à céder la sienne. Quant au pauvre et à l'inconnu, on recommande aussi de leur assurer une place (quelconque), pour- éviter le reproche de 7tQoaa)7tolr]Xpla.

Kad'S, pour xa^aw, impératif de yux&tjftai ; forme contracte qui ne se rencontre point dans les bons écrivains. Opposition au çij&i suivant, comme wde à lx£l.

KaXwç expression de mollesse et de dignité. Comparez

Matt. XXni, 6, cpii en fait en quelque sorte le commentaire. Storr et HoTTiNGER traduisent non par commodément, mais par cornplaisamment, en substituant un sens subjectif à robjectif: „Ayez la bonté de prendre place^ daignez tous asseoir.^'

^Slâe vno. L'authenticité de ce second (ode est doatease; elle est réponssée par les iostrnments alexandrins et par qoelqnes critiqaes. Ce mot ponrrait bien avoir été introdait par analogie oo conrusion avec le premier xd^e qui en est suivi.

^YTtô, au dessous de, comme Homère a dit (D. IV, 407) vTto '^^txoç. Cela ne signifie donc pas sur mon marchepied, comme Tout rendu à tort quelques Itt., mais sur le gradin sur lequel le marchepied est placé , ou plutôt encore , suivant l'usage juif, sur le tapis étendu devant le doct.eur ou le personnage notable qui est censé parler, et dont les pieds se posaient sur le marchepied placé sur ce tapis. Ce trait ajoute à l'effet; et le tableau serait gâté, si les traducteurs le dénaturaient.

'Y7tb TO VTtOTtôâwv fie. Trace de l'usage juif qui voulait que, dans les écoles publiques, les synagogues etc., les inférieurs fussent assis aux pieds des supérieurs, et spécialement les disciples aux pieds de jeurs maîtres. Ainsi Act. XXII, 3 Paul est dit: Ttaçà zèç Ttodag rafialitjl TteTtaiâevfÂivoç.

4. Kal è. Cette forme initiale a embarrassé les Itt., qui ont été tentés d'y voir un anacoluthon. Mais Winer (p. 497), Kern et bien d'autres l'ont parfaitement expliquée. C'est une apodose dont la protase est aux v. 2 et 3 . . . ^ày yàç . . . xai èTtifiXétfjTjTê ... Le changement des subjonctifs {eîaélSji, èTttfiléiprjTe) en indicatifs {die^iôrite, eyàvead-e) suffirait à le prouver. Le xai qui introduit cette apodose a pour effet de produire une certaine emphase et d'attirer l'attention sur la conséquence, à peu près comme Matt. XV, 6 : xai ^xrçwcraire. Ce xal signifie réellement dans ce cas.

Lacbh. et les instruments alex. retranchent le xal, à ce quM semble , sans autorité suffisante et sans nécessité. C'est précisément, selon toute apparence, parce que le xal avait ici quelque chose d'insolite, que ce retranchement a été introduit.

Ov. Cette négation doit nécessairement être entendue dans le sens interrogatif, ce qui lui donne une valeur affirmative.

l'acception de personnes en action. 63

^tLeKçl&Kjrs. Cet aoriste passif semble devoir être pris nécessairemeDt dans le sens moyen: „Ne faites-vous pas une différence (partiale) en vous-mêmes ?*' L'actif, le moyen et le passif de ce verbe réunissent également les divers sens de distinguer^ juger, diviser, disputer, hésiter. Voyez à I, 6.

KQiral; paronomase ou allusion à ôiBytQlSTjre et à son double sens : ne distinguez-vous pas ? et ne jugez-vous pas ?

^laloyiaiÂCJVy hébr. rTia^n», raisonnements, discussions. Ce mot exclut Tidée d'un jugement d'intuition inspiré par le bon sens, et implique celle d'un raisonnement laborieux.

KQiTaï dialoyia/Âùiv TtovriQÔiv; génitif de qualité (Winer) ou de description (Sghnegk., Scharl.). Juges (usant) de raisonnements mauvais.

Page 1