Ovroj; liaison incomplète {aawôérœg)^ puisqu'il faudrait
STù) SV.
Ovrœ XaXeïre. Du raisonnement vif et serré du v. 11 l'apôtre passe rapidement à un précepte non moins vif et précis. Lo lien, qui n'est pas exprimé par les conjonctions, se trouve dans le sentiment.
l'attente du jugement, nouveau motif. 77
AaXéi%B xa£ niout%t\ rensemble de la conduite. U est naturel à St. Jaques de mentionner la parole avant l'action, parce qu'elle est le produit le plus prompt et le plus spontané de l'abondance du cœur.
Jia vôfÀS ilevd-BQlaç. Voyez plus haut, à l'occasion de I, 25 (p. 50), ce qui a été dit de cette expression remarquable. Je me borne à ajouter ici deux observations.
1. Cette définition de la loi de J. C, composée d'un élément judaïque (vôfioç) et d'un élément évangélique {èlev'S'eQlaç)^ est au fond aussi philosophique que chrétienne, car elle indique très-bien la combinaison de crainte et de spontanéité, de soumission et d'amour qui doit se trouver dans le cœur fidèle, et qui seule peut dompter efficacement toutes les résistances.
2. Elle édaircit la thèse du v. 10, et nous montre que ce qui manquait aux yeux de l'apôtre à l'observateur partiel de la loi, c'était la liberté, c'est-à-dire la spontanéité, l'amour de cette loi, le désir et le vœu de l'observer toute entière; disposition nécessaire, qui transforme l'obéissance en espérance, le commandement en secours, l'effort en amour, la loi en bonne volonté. C'est là le sens d'une scholie sur ce verset conservée par Matthaei: Ovtco tb ayad-bv Içyoû^ead-By mç fÀrj VTtb vôfis àvayKaÇôfievoi, aïX ovd-alçeroi,
"Ùç . . . ixéXXovreg ycQlvead-ar^ comme des hommes qui doivent être jugés, qui ont une conviction entière du jugement à venir, et qui ont cette certitude constamment présente à l'esprit. La crainte du jugement futur tient assez de place dans notre épltre, comme on devait s'y attendre sous la plume de l'apôtre des Judaïsans. Voyez par exemple V, 1, et spécialement V, 9: ^lôk 6 ycQirijç Ttqb twv -dvQviv ïçrjpiev.
13. Les deux phrases de ce verset sont singulièrement énergiques dans leur concision. Presque tout les mots du texte ont donné lieu à des variantes plus ou moins appuyées.
ràq sert à lier les mots suivants xçlaiç avlXeœç avec le précepte précédent, orœ Xaleïre etc. Cela nous prouve que, dans, ce précepte si général en apparence, l'apôtre avait spécialement en vue l'acception de personnes, ou du moins la charité qui l'interdit, puisqu'il donne ici comme motif décisif à une conduite chrétienne l'importance et l'efficace de la miséricorde.
78 ÉPITBE DR ST. 4AQUES CHAP. II, V. 12. 13.
^^vlUœç, art. Xey. et attique pour èvllaoç, sans misiricorde. llletag est attique pour ïkaoç, miséricordieuœ»
Uy(Xn»ç> Ce mot a été changé de différentes manières par les mss. Qaelqoes instruments alexandrins ont ]\i àyiUoç eiàyiUœç'y à*Buire8 àyjjXeoCs < ày^Uoiç et àyiiXtoç, Aacane de ces corrections n'est saffisamment antorisée, et elles sont probablement toutes dues à la rareté de ce mot, qui a excité les soupçons des copistes.
lEXéoç. Ici, et à la fin do verset, beaucoup d'instruments lisent HXêoy,
^Xeoç, a, 0, et ^éXeoç, ag, to, se rencontrent également dans le N. T. avec le sens de miséricorde, Héb. iDtj.
'^vlXewg . . . ÏXeoç; paronomase.
T<^ fiTj TtoirjaavTi^ littéralement: „Le jugement sans miséricorde à qui n'aura point fait miséricorde." Tournure vive et effrayante. Le fond de l'idée n'est nullement judaïque, mais toute chrétienne. Ce qui est supposé ici, en effet, c'est ce qui est enseigné dans la parabole du serviteur sans pitié .(Matt.Xyin, 23^35) savoir l'immense besoin de miséricorde divine dont tout homme sérieux est travaillé. Il semble que ce soit pour tirer parti de cette idée, en rappelant l'état de l'homme pécheur devant Dieu, que Jaques ait substitué dans ce verset l'idée de miséricorde à celle d'amour, qui aurait plus naturellement découlé du contexte.
Kai avant xaraxav^àrai n'est pas authentique. Il est repoossé par la grande masse des instruments et des critiques.
Le dernier membre du verset commence brusquement et sans lien philologique avec la première portion de l'antithèse. Comme le dit ScHARLino: „Âmat .Jacobus opposita àavvâérœç jungere I, 27; m, 8; IV, 10. 11. 12."
Karaxav^Srat, H y a de nombreuses variantes sur ce mot. Des instruments alex. on occid., anciens mais isolés, lisent xaraxavxç re; xaxaxav^àxai âk ; xaraxav^fârai yàfj ; xttTctxctPX^^^^ etc. ; mais aucune n'est sufTisamment appuyée.
KcxtoHavxàrai, . . . ycQlaeaig équivaut à xaraxavxoevai xcetà xqIaetog. Voyez plus bas III, 14. Dans ce dernier passage xoroxcrvxàcô-ai signifie se donner pour plus puissant, plus excellent; mais ici il doit se traduire par l'emporter en pouvoir, remporter une belle et éclatante victoire. Cette victoire est celle qui désarme le juge sur son tribimal, et lui arrache le pardon du coupable ; c'est
l'attente du jugement, nouteau motif. 79
celle de la miséricorde, yertu éminemment chrétienne, à laquelle J. C. Teut reconnaître les siens. Suivant la promesse du Sauveur et renseignement de St. Jaques, elle disposera favorablement le Juge Divin pour le pécheur tremblant à ses pieds, et elle triomphera ainsi de la céleste justice. Idée émouvante et image digne de l'idée, n faut donc traduire: La miséricorde a la gloire de triompher du jugement, c'est-à-dire de la condamnation.
„Grande verbum, memorabile axioma'^ dit à ce sujet Bengel.
On trouve dans les livres Sibyllins (II, p. 224. Ed. Dali.) un fragment qui semble faire allusion à notre passage:
'Fvetai ht, &ava%fi ÏXeoç, ytçlaiç OTtTtôr av ÏXdTj,
Jaques lui même semble se souvenir en cet endroit des leçons de J. C. sur le même siget, en particulier Matt XVIII, 35.
TROniànSDBDmsIOH, CIAP.II,y.l4-26. LESŒUTRES OPPOSÉES A U FOI ■ORTE.
Dans toute la division de l'épttre dont cette subdivision fait partie,c 'est-à-dire depuis I, 22, l'apôtre a toujours eu plus ou moins présente à l'esprit l'opposition de la pratique à la théorie en religion. U a varié les formes et les applications, mais l'idée fondamentale s'est retrouvée partout. Dans cette subdivision-ci elle est exposée d'une manière encore plus nette que dans les précédentes.
Cette exposition se rattache fort naturellement à la subdivision précédente. Entre l'idée de la miséricorde qui sauve et celle des œuvres qu'elle exige pour sauver, il n'y a qu'une nuance. Le mot a&aai du v. 14 et l'exemple développé aux v. 15 et 16, paraissent faire allusion à ce qui a été dit au v. 13 des effets de la miséricorde.
La thèse principale, avons-nous dit, est très-clairement exposée dans ce qui va suivre, mais l'enchaînement des idées successives qui la développent et qui la prouvent est beaucoup moins évident. Ce ne sont pas des raisonnements réguliers, ce sont des exemples qui édaircissent diverses faces de la pensée de l'apôtre. Or cet emploi des exemples, si propre à exciter de vives impressions chez le lecteur, ne l'est pas autant pour lier logiquement les
80 iprm de st. mques ghap. n, ▼. 14.
divers éléments d'une yérité générale; aussi n'est-ce pas ce qu'il faut cherdier ici. Voici cependant l'ordre que l'on peut entreToir dans cette subdivision.
y. 14. La thèse de l'apôtre.
V. 15 — 17. Première preuve à l'appui. La foi, par nature, doit être efficace; idée développée par l'exemple de l'égoïste.
V. 18. 19. Seconde preuve. Une foi sans efficace ne lie point rhonune à Dieu; idée édaircie par l'exemple du chrétien agissant et par celui des démons.
V. 20—25. Troisième preuve. L'Écriture Sainie ne nous montre la justification qu'appuyée sur les œuvres ; vérité confirmée par l'exemple d'Abraham et par celui de Rahab.