‹ Étude et commentaire sur l'Épitre de St. JaquesChapitre 52 sur 100 · V. 26« Conclusion: thèse démontrée · texte numérisé non relu

V. 26« Conclusion: thèse démontrée

f. 17. T. 14. LA FOI SANë LES OEUVRES. THÈSE DE L'A POTHE.

14. Ti rb oq)sXoçy adeXfpoi /w^ èàr niçiv Jiéyrj rig ix^ir, Bçya âè fi^ exfi; Mr/ âvrarai ^ niçig adiaai avxov;

14. Quel avantage y a-'t-'il, mes frères, à ce que quelqu'un prétende avoir la foi, fi en même temps il n'a pas les œuvres? Est-ce qu'une telle foi pourra le sauver?

14. Tl %o oq)€Xoç a le sens de t/ avfnpiçei, pour zl igi TO oq>eloç'y quel est Favantage? otptkog, aç, t6, avantage. Tl (loi TO oq>€Xoç, 1 Cor. XV, 32.

niçiv. Le mot Ttlgig se rencontre dans le N. T. avec des sens assez divers, mais en particulier avec ces deux-d: 1. la foi confiance, ou la disposition d'une âme reconnaissante envers Dieu, et se confiant en ses directions et ses enseignements; 2. la foi croyance, pleine adhésion de l'esprit à la vérité révélée. La première découle de la seconde, ou du moins la suppose. C'est ici de la foi croyance qu'il est question, comme 1 Cor. XID, 2, tandis que ci-dessus, I, 3. 6, Jaques parlait de la foi confiance. Seulement, I, 3, cette confiance est présentée comme plus passive et résignée, et I, 6, comme plus active et efficace.

Là foi doit Être ei^ficace. 81

^éyji. L'emploi de ce verbe indique assez nettement qu'il s'agit d'une foi prétextée et non réelle, que la foi de cet homme est incomplète, et que le nom de Ttlgig ne peut s'y appliquer que d'une manière impropre.

ÏZ" TtLgiç. L'article a ici ,un 'sens emphatique: non pa> Ja. foi, mais une foi de cette nature, une telle fou

2iûaai. Comparez I, 21 (p. 45).

: §. 18. V. 15— 17. "la foi doit être efficace.

15. ^Eàr âè àSeXcçog fi àSeXtpri yvfirol ynaQ^atai^ xal XsinofiBVoi œai -TÎjg èqyrjfiêçs rçocprjg, 16. eïnt} âé rig avroïg è^ vfiœv' ^Ynayete èr tlçrivri,.d^BÇficdvea&B scaî xoçTa^saO-B' firi âœre âè avroïg rà èmri^âeia t§ aœfiaxog, ri rô ocpeXog; 17. Ovtœ xal fi niçig, èàr fxri ëxu Bçyotj VBXçâ l^v xaS^ êavrrjr.

15. Mais, si un frère ou une sœur sont là privés de vêtement, ou de leur aliment journalier, 16. et que Vun de vous leur dise: Allez, et que Dieu vous assiste! réchauffez-vous bien et mangez amplement; puis, que vous ne leur donniez rien de ce dont leur corps a besoin, quel avantage en retireront^ls? 17. // en est de même de la foi: si elle n^a pas les œuvres, elle est morte, et rien de plus.

Première preuve apportée par l'apôtre à l'appui de sa thèse. 11 la rend sensible par un exemple tiré d'une vertu, qui, comme la foi, agit et se manifeste par des actes : la charité. La foi de paroles, dit St. Jaques , n'a pas plus de valeur que la charité de paroles ; et il fait ressortir le ridicule et l'absurdité de cette dernière, en mettant l'égoïste en action par une de ces scènes animées et originales dont il est habOe à revêtir sa pensée.

S'il choisit la miséricorde pour terme de comparaison avec la foi> c'est probablement un souvenir du v. 13, et une espèce d'allusion aux paroles qui ont terminé la subdivision précédente.

15. Puisque nous avons ici une preuve à Tdppui de la thèse antérieure, on s'attendrait à voir ce paragraphe se lier au précédent par yaQ, plutôt que par dh, qui indique une opposition. Pour expliquer cette liaison incorrecte, il faut supposer une phrase sousentendue avec un sens d'objection, comme: En douteriez-vous?

^Adekq>og rj aÔ€lq>T], un chrétien ou une chrétienne. Ce passage prouverait au besoin que les Chrétiens se désignaient bien les uns les autres par àdek(poL

^YTtoLQXiooi a presque le sens de wai. ^YTtaçxo), adsum, Je suis là, je suis tout prêt. Il se construit dans ce sens sans régime ou avec le datiL Dans les écrivains profanes on le trouve employé avec divers régimes, et dans les significations primitives de commencer et de surpasser.

u4£i7t6iievoi, privés de, orhati, comme I, 4.

"ÊfprjiLiéQs, art, Xey. ^Eq)rjfZ€QOç, oç, ov, diurnus. Il se trouve dans quelques bons écrivains grecs; cependant ceux-ci préfèrent en général ègnjfiéQiog et ègrrifÀeçivôç.

16. EÏ^T] et âùke sont des subjonctifs dépendants de èàv (V. 15).

'Yjtdyete . . . d-SQfiahead'B . . . xoçToCead-e, C'est toujours la même vivacité de formes. Au lieu de raconter ce que dit l'égoïste, l'auteur le fait parler, comme le trvQoaioTtoli^TVTrjç du v. 3, comme le riç du v. 18.

Ces trois impératifs sont de véritables optatifs, avec une nuance plus décidée sous une forme plus piquante : „Allez, réchauffez-vous, et mangez amplement;*' pour: „Puissiez-vous, comme je vous le souhaite, trouver de quoi vous réchauffer et vous rassasier."

^Yftdyevs çv eîçrivj]', hébraîsme qui répond à D'btft~îisV, comme nous dirions: Dieu vous assiste!

QeQiAaLvea&B\ non pas: je vous souhaite de quoi vous chauffer, mais de bons vêtements pour vous réchauffer. £n effet 'd-eQixalvead'B fait antithèse à yvfivol du verset précédent.

XoQTâ^ea&s. En bon grec %0QràC,Bad'aL ne s'emploie guère qu'en parlant des brutes et de leurs grossiers aliments. Xôqtoç, du foin; xoçra^Bcv, paître, se repaître. Mais les LXX s'en servent pour rendre les^ mots hébreux yati et ^'^Sitiri- De là lui est venu dans le N. T. le sens de se nourrir amplement, saturari.

LA FOI DOIT ÊTRE EFnCAGB. 83

Ici la seule idée accessoire qui soit jointe à l'idée principale de manger, est celle de manger largement, sans manquer de rien: „Je TOUS souhaite de quoi vous bien nourrir/^

^^ùks. Pour correspondre à rîW^, il faudrait dtàt]. C'est un anacoluthon assez facile à comprendre, dû à ce que l'apôtre ne songeait plus, en écnvant ce mot, à la manière précise dont il avait commencé la phrase.

Ta €7tiTi^Ô€ia, mot Stt. Xey. dans le N. T. On connaît mal son étymologie. Il se rattache à ejtcTrjôégy commodément, suffisamment. ^EniTriôuoç signiGe, en bon grec, ce qui est approprié à quelque chose. Ici rà eTtiTrideca t5 awfiaTOç ce qui est nécessaire au corps, ou même aussi ce qui lui est agréable. On peut reconnaître dans l'emploi de ce mot, comme dans x^^'^^^^^* ad-e, une certaine emphase, une intention ironique de mettre en scène l'égoïste, aux paroles compatissantes, au cœur sec, ne faisant rien pour le malheureux, mais lui souhaitant avec affectation plus que le nécessaire; le commode et l'abondant.

Tl TO oçeXog. Voyez v. 14. Là ces mots commençaient la période qu'Us finissent ici. C'est une de ces répétitions intentionnelles qui donnent de la vivacité au style, et qui, comme nous l'avons déjà vu, ne sont point étrangères à celui de Jaques. Mais là ces mots se rapportaient à l'inutilité de la foi sans les œuvres; ici c'est à l'inutilité de paroles bienveillantes que démentent les actions.

17. Ovrœ xal '^ Ttlgiç; conclusion de la comparaison, etapphcation à la foi sans les œuvres. L'apôtre nous a retracé l'image ridicule et repoussante de la compassion hypocrite de l'égoïste, qui parle sans jamais agir; et, après nous avoir indignés contre lui, il nous dit comme Nathan: „Tu es cet homme-là."

^àv jiiij %xjfi eçya. Ces mots peuvent se lier à ce qui précède ou à ce qui suit, sans que le sens en soit réellement changé,

NeKQa'^ métaphore vive et naturelle. Elle donne bien l'idée d'une foi qui n'a ni pouvoir, ni efficace, qui ne porte aucun fruit, n'excite dans l'âme aucun sentiment, ne se manifeste par aucun indice de vie. C'est bien ainsi qu'un cadavre conserve encore la forme d'un être animé, mais n'en remplit plus les fonctions. E vi-

84 ÉPITRE DE ST. 4AQUES GHAP. Il, Y. 18. 19.

demment une telle foi ne peut plus rien pour le salut de Pâme mourante qui n'en a pas d'autre.

Kad^ iavrrjv. U est difficile de bien rendre ces mots dont le sens général n'est pas douteux, mais qui semblent un peu vagues et presque superflus. Ds paraissent signifier: quant à elle (per se spectata^ Sgbott), en ce qui la touche, et correspondre au fÀOvov du y. 24» Probablement c'est un hébraîsme pour l'n^h. Les LXX ont quelquefois rendu D'n^b par xa^^ eavrég et h'i^b par fiôvoç.

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