LÀ FOI SANS EFFICACE. S
18. !^AÀ^ €Q€t tiç. Cette formule annonce toujours une objection, et dans le N. T. en particulier elle a constamment cet effet. C'est donc une objection à la thèse de l'apôtre, que nous devrions, ce semble, trouver ici; mais au contraire les v. 18 et 19 ne contiennent que des arguments très-positifs en faveur de cette même thèse. Ils s'adressent clairement à ses adversaires pour les combattre et les ridiculiser. C'est un problème à résoudre.
Beaucoup de solutions ont été hasardées. Quatre seulement me paraissent mériter l'attention. Les deux premières prétendent trouver dans les mots qui suivent une objection contre la thèse, les deux dernières voient l'objection dans l'ensemble des v. 18 et 19; mais cette objection serait dirigée non point contre la thèse, mais contre ceux qui la. combattent.
1) La plupart des Itt. prennent pour l'objection les mots av ntçiv e%eLÇy xçf/ci ïçya ex(o, et font de det^ôv ... le commencement de la réponse. Dans ce bizarre système l'opposition de gv et x^yw aurait le sens de aXXog, alloç. „Vous avez la foi, moi j'ai les œuvres; peu importe, l'un vaut l'autre; cela va très-bien, tout est en règle." L'objection serait peu forte, et l'interprétation semble bien forcée. Comment la réponse répondrait-elle? c'est ce qu'on ne peut comprendre. Il semble qu'il suffît de lire la phrase sans parti pris pour reconnaître immédiatement, a) que av Ttlgiv exeig ne peut s'adresser qu'à l'homme qui prétend avoir la foi et se passer des œuvres; 6) que ôeï^ôv est la suite et non la réponse des mots qui précèdent, et ne peut se placer dans une autre bouche.
2) D'autres lit. (Knapp) recourent à une solution très-analogue, mais en arrêtant l'objection après exeig, et en commençant la réponse à xçfyci. Dans ce système assez bizarre l'objection serait une ironie: av Ttlgiv exeig, c'est-à-dire: „Prétendez-vous avoir la foi, vous qui rabaissez si fort ses privilèges?"
Ce système se réfute par les mêmes considérations que 1^ précédent, et il est peut-être encore moins vraisemblable.
Je laisse les solutions également forcées de Storr, Schnecken- BURGER et Kern, et j'arrive à deux autres, qui seules me semblent admissibles.
3) Entre les v. 17 et 18 on pourrait supposer une phrase sousentendue, contre laquelle serait dirigée l'objection annoncée par
aX^ iQSÏ Tiç, et dans ce cas exprimée dans les y. 18 et 19. Dans ce système, voici quel serait Tenchalnement des idées : 17. „La foi sans les œuvres est morte.*^ Phrase spusentendue : „Le nieriez- -TOUS? prétendriez-yous que la foi dispense des actes ?^' y. 18: „mais on sera en droit de yous dire . . . /' Nous ayons rencontré une difficulté analogue et recouru à la même solution au début du y. 15, où nous ayons dû sousentendre une phrase intermédiaire, pour expliquer le caractère d'opposition de âè, tandis que le raisonnement était une confirmation.
4) Gebser a supposé ayec beaucoup de yraisemblance, à mon ayis, que alX* iget riç annonce une objection faite non à la thèse ' de Jaques, mais au prétexte de son adversaire, prétexte exprimé y. 14, au commencement de la subdivision: iàv Ttigiv Xiyr] tïç ^siv. Ce serait ici une réponse de Tapôtre à ce prétexte, réponse dont voici la paraphrase: „Mais (pourra dire encore quelqu'un de distingué par ses œuvres et prouvant ainsi sa foi, en vue de celui qui se vafntait tout à l'heure d'avoir la foi, tandis qu'il ne produisait aucune œuvre à l'appui) tu prétends avoir la foi, tandis que moi, j'ai les œuvres ; cependant tu ne peux prouver cette foi qui ne se manifeste par aucun résultat, tandis que moi, je te présente mes œuvres comme effet et garantie de la mienne,"
2v Ttlgcv exeiç. Grotius: „Habes fidem, eamque multum jactas."
Kçyd) €Qya e/w. Grotius: „Ego vero de fîde mea tacens do operam piis factis." La fm du verset démontre que ces mots ne signifient pas : „J'ai les œuvres et non la foi," mais : „J'ai les œuvres, garantie de la foi."
JeI^ov. . Cet impératif de l'aoriste „rem semel faciendam et brevi transeuntem désignât" (Schneck., Winer). JeUvvixL ne signifie donc pas ici : prouver par l'ensemble de sa vie, mais prouver, démontrer un fait, comme devant le juge d'un procès.
XtDQiç. Texte reçu, ex. D'après l'autorité des meilleurs instruments et la presque unanimité des critiques , il faut x^çiç, '£x a probablement été introduit par des critiques qui ne comprenaient pas l'ironie exprimée par XCJQiç, et qui, logiquement, voulaient que la foi fût prouvée par (Ix) les œuvres.
2s. Quelques instruments anciens, alex., occid. etc. suppriment ce second