‹ Étude et commentaire sur l'Épitre de St. JaquesChapitre 56 sur 100 · On ^ebç eîç igc · texte numérisé non relu

On ^ebç eîç igc

11 y a sur ces mots une foule de variantes sans autorité, et qui altèrent peu le sens. Elles sont probablement dues aux conséquences dogmatiques que l'on tirait ou craignait de voir tirer de ce passage. A peu prés toutes les phrases du N. T. directement relatives à la divinité de J. G. ont été l'objet de semblables variations.

Si l'on se rappelle la lutte longue et ardente des Juifs contre les Païens, et l'horreur que le polythéisme leur inspirait, on comprendra facilement quel'unité de Dieu était pour eux la base et la gloire de la foi, le drapeau, pour ainsi dire, de leur religion comme de leur nationalité. C'est d'ailleurs ce dont leur histoire rend amplement témoignage. Il en fut à peu près de même chez les Chrétiens judaïsants. Hermas (Past. Mand. I) : ^çcirov Ttavriov Ttlgevaov, on eîg o d'eôç ègiv 6 rà Ttavra XTlaag. Beaucoup d'entre eux attachaient à cet article une telle importance, qu'à lui seul il leur semblait assurer le salut. Justin-Martyr et les Homélies Clémentines (Dial. cum Tryph. fol. 370. Ed. Col. Hom. III, c. VI.) le laissent voir clairement. Il est donc fort naturel que ce soit par cet endroit que Jaques attaque ceux qui croyaient suffisante la foi sans œuvres. Cela peut même encore contribuer

à édaircir utilement la question toujours obscure et contestée du but spécial de Tapôtre dans cette polémique.

Toutefois on pourrait bien s'être trop pressé de conclure de là que Jaques, très-certainement, n'avait ici en vue que la simple foi au monothéisme et l'importance exagérée que les Judaîsants y attachaient, même alors qu'elle demeurait sans influence sur la vie. C'est trop restreindre la pensée de Jaques, qui pourrait bien avoir choisi de préférence cet article de croyance, parce qu'il était celui qui lui fournissait le rapprochement le plus saillant avec la foi des démons.

KaXâiç Ttoieïç. Ce style coupé et presque dialogué caractérise notre épître, et lui donne un caractère remarquable de naturel et de vivacité.

UigevaoL xal q>Qlaaa(n. Les Itt voient ici une allusion à l'opinion générale des Juifs et des premiers Chrétiens, suivant laquelle les démons, adjurés au nom de Dieu de laisser en paix les démoniaques ou les malades dont ils avaient pris possession, en sortaient avec des signes de violence et de terreur. Rien ne s'oppose cependant à ce que nous préférions le sens, plus relevé et tout aussi nature], de la frayeur éprouvée par des êtres condamnés et ennemis de Dieu, à la pensée de son pouvoir.

Oçtacsat, aTt, Xey. Ogloaco ou q)QlTTù), frémir d'horreur, se retrouve dans Hohére et Plut arque; verbe onomatopée, comme les mots français frire et frisson, qui pourraient bien en dériver.

Lactance nous a conservé un oracle d'Apollon Milésien, qui, consulté sur la religion des Juifs, répond par des vers, où ce même verbe (ou plutôt son composé) se retrouve, et (chose singulière) précisément en parlant des démons épouvantés par la présence de Dieu.

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