II. V. 25. Exemple de Rahab
25. L'apôtre continue à prouver sa thèse par des exemples tirés de l'Histoire Sainte, mais celui qu'il associe au précédent en diffère beaucoup. Après Abraham vient Rahab, et, après avoir développé l'histoire du Père des Croyants, Jaques place en regard celle d'une simple femme, d'une femme vulgaire, bien plus, cou* pable et dégradée, sauvée toutefois par ses œuvres. L'intention de l'auteur est évidente. On voit qu'il veut par ces deux exemples si différents, choisis aux deux extrémités de l'échelle des héros de l'A. T., embrasser toutes les nuances intermédiaires, et rendre sa démonstration plus persuasive et plus saillante*
ABBAHAM ET RAHAB. 95
'Ofioiwg de xal 'Paàfi. Voy. sur Thistoire de Rahab Josoé II, et comparez Héb. XI, 31.
Les Juifs donnaient assez de place & Rahab dans leurs rêve* ries rabbiniques. Son histoire avait attiré leur attention spéciale par les circonstances singulières ou ft*appantes dont elle était entourée, et auxquelles les rabbins ajoutaient une foule de fables inutiles à rapporter. Cela fait encore mieux comprendre que Jaques, parlant à des Chrétiens Judaîsants, se soit servi de l'exemple de Rahab pour les convaincre.
L'emploi parallèle de l'histoire de Rahab dans l'épitre de Jaques et dans celle aux Hébreux soulève quelques difficultés. Il y a donc de rintél*ét à remarquer que les trois récits bibliques de cette histoire. (Jos. Il; Jaq. II, 25; Héb. XI, 31) ne sont point conçus dans les mêmes termes, et sont tout à fait indépendants l'un de l'autre quant à l'expression. Josué dit qu'il envoya veavla^tsç xaraaxo- Ttevaai. Dans l'épître aux Hébreux on trouve dB^afiévrj xaraokÔttsç, et nous avons ici vitoôe^afiévri ràç àyyikaç. Voilà pour ce qui regarde l'arrivée des espions. Quant à l'accueil qu'ils reçurent et à leur départ. Jaques dit: éréQif 6d<^ ix^alsaa, et l'épitre aux Hébreux: de^afiévri . . . iabt elçr^vrjç.
'Ofiolioç, La phrase est terminée dans les £dd. et les Mss. par un point d'interrogation, et, en effet, elle parait interrogative. N'est-ce pas de la même manière que Rahab aussi .... ?
/Je id n'indique aucune opposition. On le trouve plus d'une fois employé dans cette épître comme exprimant une simple liaison.
nÔQvr]. Nous croyons devoir prendre ce mot dans son sens propre. Ce sens n'a été repoussé que par suite d'un respect mal entendu pour les personnages de la Bible. Est-ce donc que la Madeleine, qui pleurait aux pieds de J. C, n'avait point de fautes à déplorer? En hébreu njiT. On a voulu dériver ce mot du chaldéen irtr nourrir, et tirer de là pour rrjiT le sens de femme qui donne à manger, aubergiste ; chose tout à fait invraisemblable. Rien n'indique le moins du monde, rien ne permet même de supposer qu'il y eût à cette époque des auberges en Canaan, tandis que la Genèse ne nous laisse pas ignorer qu'à une époque bien antérieure on y trouvait déjà des femmes prostituées. Les espions ne pouvant ni trouver des auberges, ni, vu leur mission,
recourir à l'hospitalité, furent contraints de chercher un asile chez Bahab. Je ne dis rien de ceux qui ont voulu traduire njiT ou TtÔQvri par païenne, à l'aide du sens métaphorique de n$|, être idolâtre. Cette conjecture ne mérite pas même d*étre réfutée.
Ovx, négation ici interrogative et par conséquent affirmative.
!E$ €Qfct)v èâiTUnlioâT]. Jaques ne parle ici que de la justification par les œuvres, et ne dit mot de la foi qui les produisait, ou qu'elles complétaient, comme il l'a fait en parlant d'Abraham (v. 22). Cela ne prouve nullement que cette idée de la foi opérant avec les œuvres fût ici étrangère à sa pensée. Son point de vue et son but spécial l'engagent à insister particulièrement sur une face de son sujet, sans toutefois nier l'autre. L'auteur de répitre aux Hébreux, en revanche, insiste de préférence sur la face opposée, qui était plus en rapport avec son but particulier, mais en réalité il ne nie pas davantage le point de vue de Jaques, il ne fait que le compléter. Jos. II, 9 l'idée de foi n'est pas exprimée, mais elle est évidemment supposée. Toute l'action de Rahab suppose une conviction profonde, active et courageuse, qui en était le principe, c'est-à-dire une /bt, prindpe de Vcsuvre.
TBâiytaiciâT]. Cette justification de Rahab ne s'applique probablement en cet endroit qu'à la délivrance temporelle dont Rahab fut Tobjet, délivrance envisagée comme une preuve de la bienveillance divine. La pensée de Jaques ne semble pas pouvoir ici s'étendre au delà du fait historique de la conservation de la vie de Rahab et de ses proches.
^Ayyikaç n'a ici que le sens de messagers^ et désigne les xa-