‹ Étude et commentaire sur l'Épitre de St. JaquesChapitre 61 sur 100 · LA FOI MORTE · texte numérisé non relu

LA FOI MORTE

et parfois assez âpre, entre la tendance judalsante et la tendance ethnico-chrétienne; que Paul et Jaques, quoique apostoliquement unis et reconnaissant mutuellement leurs droits apostoliques^ ne se trouvassent cependant être les chefs des deux tendances; que Paul en particulier n'ait été plus d'une fois entravé par les hostilités des disciples de Jaques, comme il s'en plaint Galat II, 12; que l'épitre aux Hébreux, si (comme cela parait certain) elle n'est pas l'ouvrage de Paul, ne le soit au moins de quelqu'un de ses compagnons d'œuvre et disciples. Dans cet état de choses il est bien improbable que les oppositions remarquées entre les deux enseignements pour le fond et surtout pour la forme, soient tout à fait fortuites, et que les déductions de Jaques n'aient été en rien déterminées, modifiées, ou du moins influencées par l'action de Paul dans l'Eglise. Qu'y a-t-il donc de contradictoire ou même d'invraisemblable à supposer que, tout en combattant le formalisme desséché des Judalsants, Jaques éprouvait aussi quelque crainte de l'abus assez analogue qu'on pouvait faire, et que peutêtre il avait vu faire des formules absolues auxquelles Paul avait donné cours, et qu'il s'exprime à dessein de manière à les limiter et à les éclaircir?

SBCOVDB PARTIE.

CHAPITRES Iir, IV, V.

La première partie opposait la piété réelle et profonde à la piété superficielle, en les faisant contraster par quelques traits généraux. La seconde tend au même but, par le développement de quelques traits plus particuliers. En effet nous allons maintenant passer en revue une série d'enseignements spéciaux, moins liés entre eux, plus objectifs, plus pratiques, mais concourant tous à caractériser la piété de conviction et de sentiment, par opposition à la piété superficielle.

Il ne faut pas au reste oublier que Tapôtre n'a pas dessein ici de faire de la théorie. On peut même douter que, dans cette seconde partie au moins, il ait eu l'intention de suivre un plan réel. Il a sans aucun doute essentiellement voulu combattre les vices qui lui paraissaient les plus indignes de la foi, et les plus graves dans son église. Mais, par suite de son point de vue spécial et de sa profonde psychologie chrétienne, il a été chercher au fond du cœur humain, pour l'en arracher, le germe de ces péchés qu'il voyait avec douleur paraître au grand jour et se développer dans la vie. De la sorte il s'est trouvé que, soit par le choix des vices combattus, soit surtout par la nature du combat, ces petites luttes de détail se sont toutes rattachées à la grande idée qui féconde tout l'écrit; et leur succession, dont l'ensemble compose la seconde partie, a formé naturellement l'application de la première.

PREMIÈRE DIVISION. Chapitre 10.

Tempérance et douceur chrétiennes dans Temploi de la parole.

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