T. 1. 2. EMPIRE SUR LES PAROLES. PRÉCEPTES ET MOTIFS
1. Mrj nolXol âiâdoxaloi yivÊû&s, àSeX(poi fis, clâôreç, on fiétl^ay xçl/ia Xrpfjô/ae&a' 2. nolkà yàç nraio^ fi€V anavrsg. El riç èr Xoyœ ov nralêij otrtog réieiog àvTjQj âvvarog )(^a'kivayQ)yriaai xal oXoy rô ûdifia.
1. Ne vous empressez pas, mes frères, à vom faire docteurs d^ autrui, et souvenez-vous que, par cette conduite, nous nous attirons un jugement plus rigoureux; 2. car nous péchons tous en plusieurs manières. Et, si quel'qu^un ne pèche point en paroles, c'est un homme parfait, capable de contenir dans l'ordre son corps entier.
On ne peut trouver de lien réel entre le chapitre précédent et celui-ci, malgré tous les efforts tentés pour y réussir. Ce nouvel enseignement ne parait se rattacher ni au morceau qui précède, ni, comme cela arrive quelque fois, aux derniers mots. Mais, s*il n'y a pas de lien, il y a cependant un rapport qu'on ne peut méconnaître avec la tendance générale de l'épltre, et avec des préceptes antérieurs (1, 19. 20. 26) sur les paroles amères et - ^ . "^ ft/ passionnées. " .
Dans Xoute la section la langue est poétiquement personnifiée, comme un être puissant et redoutable que le Chrétien doit dompter. Toutefois il est aisé de voir (en particulier par la section suivante, v. 13 — 18), que l'apôtre songe moins à combattre ici la médisance et l'acte matériel de paroles imprudentes ou mauvaises, que le sentiment passionné qui dicte un langage haineux et irritant C'est bien là ce qu'on devait attendre de l'écrivain, d'après le caractère général de i'épitre.
102 ÉPITRE DE ST. JAQUE8 dUP. III, ▼. 1. 2.
1. JiôàaxaXoi, Ceci s'explique de deux manières assez diTerses, et qui ont des résultats très-différents pour le sens de ce qui suit
Quelques Ut, comme Gbotius et Gebseb, prennent ce mot au pied de la lettre ou à peu près. Ils Toient ici une allusion à Fambition des Juifs d*étre au nombre des docteurs de la Loi, et aux Tices de ceux-ci (Mt XXUI, 6. 7). Ils rendent donc âtr^ âàaxaXoç par epUcapus. D'autres ont pris âidaoïtaXoç dans un sens métaphorique, comme Caltui, qui le rend par censor, et Cabpzow, par cavillator etc. Ces derniers paraissent aroir saisi le Trai sens. On doit, ce semble, Yoir ici une passion vaniteuse, impatiente de jouer un rôle sous prétexte de zèle, et de redresser autrui sans en avoir le droit Sghott: „ne doctores se gérant." J'incline à adopter la réflexion suivante de Scharluig, que lui-même cependant ne propose qu'avec doute: „Castigatur .... pruritus ille docendi, judicandi, reprehendendi et corrigendi, qualis in omni doctrinae novitate, fervescentibus discentium studiis, inyalescere solet, etiam absque publico munere ac jure, qui pruritus quantus luerit inter christianos, docent et epistola ad Corinthios prior XI, 5, et epistolsB pastorales, ubi (ITim. II, 11 et seqq.) interdicitur feminis, ne pubiice doceant in ecdesia.'' Cela nous conduit à penser qu'en attaquant le mauvais usage de la langue, l'apôtre a surtout en vue les disputes de religion, et plus spécialement le zèle amer des Judéo-Chrétiens. Cette conjecture est confirmée par la section suivante (v. 13—' 18). Il est intéressant de rapprocher de ceci les reproches faits dans le Concile de Jérusalem aux mêmes Judéo-Chrétiens par le même apôtre (Act. XV , 24).
lïokkol. Ce mot est éclaird par la discussion précédrate. Ce que Tapôtre craint, ce n'est pas qu'il y ait beaucoup de docteurs de la Loi, mais beaucoup de Chrétiens qui par orgueil agissent en docteurs- et en censeurs d'autrui. Ce n'est pas de l'organisation de l'Eglise qu'il s'occupe, mais des dispositions des âmes.
Elâoreç ori. Voici le motif du précepte.
Meïtpv ytçlfia krjtpôfisâ'a. La même locution est employée Matt XXUI, 14; Marc XU, 40; Luc XX, 47.
RgL^cty signifie tantôt le procès, tantôt le jugement, et tantôt le châtiment II parait réunir ici les deux derniers sens, et signifier la sentence de condamnation.
Ar^xpôiieô'a, première personne du pluriel, employée dans un sens communicatif. L'apôtre se confond modestement ayec ceux qu'il aTertit uiafi^âvia équivaut à n*^. D a ici le sens de assiimere: „nous nous attirerons/'
Voilà donc le motif du précepte précédent* Ce motif se comprendra diyersement, suivant l'interprétation qu'on aura adoptée pour ôiôctincaloç, et par là il pourra nous édairer encore sur le choix à faire entre les deux. Dans le système de Grotius, il sera question ici de la plus grande responsabilité contractée par ceux qui se chargent des fonctions de docteur, et qui s'en acquittent mal. — Mais en vérité ce sens serait ici bien étrange, et de plus il n'est point dans le texte. La menace de /^bï^ov ytQlfia n'est point adressée aux docteurs qui s'acquittent mal de leurs fonctions, ce donc le grec ne dit rien, mais à ceux qui veulent à tout prix être ôiôàaTuxloc. L'autre système fournit une interprétation bien plus probable. Le fÀsl^ov xQlf4a, suivant nous, désigne le jugement sévère qu'appellent sur leurs têtes les hommes orgueilleux et présomptueux, empressés à condamner et à tyranniser le prochain en se donnant l'air de l'instruire. En agissant de la sorte^ en effet, ils s'ètent l'excuse de l'ignorance et le mérite de l'humilité. — Avec cette interprétation nous retrouvons ici les tendances ordinaûres à notre apôtre: l'importance qu'il attache à l'humilité, à la charité bienveillante, et le soin qu'il apporte à réveiller chez le Chrétien la conscience de ses fautes et le sentiment de sa misère.
2. Iloklà yàç Tcralofiev aTtavreç; vérité générale qui servira de base au raisonnement suivant. Les hommes sont non seulement imparfaits, mais pécheurs. Cela a été reconnu par tous ceux qui ont observé les autres, et qui se sont observés euxmêmes. Cela est affirmé par les écrivains sacrés, et aussi par les Sages païens. Les commentateurs ont accumulé les citations sur ce point.
IloXkà n'est pas le régime de Ttraleiv qui est intransitif. C'est un neutre pluriel servant d'adverbe.
HvoiUtv. Voy. ci-dessus H, !©•
Eï Tig\ raisonnement a fortiori sur les péchés de paroles. „Tout le monde pèche, dit Jaques, en paroles ou autrement. Mais,
en ce qui tient aux péchés de paroles en particalier, la difficolté de les éviter est immense/* L'apôtre n'exprime point le lien de cette idée avec le précepte du y. 1, lien qui doit cependant exister, et qui est indiqué par yàq. Il y a id probablement une idée omise, et voici comment je la rétablis.
▼• 1. ô. Ne TOUS empressez pas à faire les docteurs,
h. ce s^^it asBumer une plus grande responsabilité;
ellipse: ce serait de plus vous exposer infailliblement à des péchés multipliés: