Xçrj, il est nécessaire, aTt. Xey. et ici il convient
Ov xQ^lf forme vive et brusque, faisant moins appel au raisonnement, qu*au sentiment et au sens commun. C'est l'exclamation d'un apôtre de Christ effrayé d'une conduite aussi étrange et indécente. Cette expression, suivie de adeXg>ol, a le caractère d'un reproche paternel, triste mais bienveillant.
Tavra ovrcj. Pléonasme: „ad augendum pondus rhetorice.*^ ScHN. Le même précepte se retrouve dans divers auteurs juifs. pHiLON (De decem orac. M. II, 196) : Ov yàç oaiov di « go^a- Toç TO îsQWTccTOv ovOfia TvqoqféQBTai, ôià ràra q)d^iyyea&aL ti vûiv alaxQÔiv. Test. Benj. VI: ij àyadrj âiavoia ax ïx^i dvo yldaaaç, evXoylag xaî xaTaçaç.
11. Ceci est autre chose et plus qu'un raisonnement. C'est un appel au sens commun et au sentiment intime. C'est encore une preuve d'un ordre supérieur, se rattachant aux grandes analogies de la nature. Le vice combattu est donc présenté comme une infraction aux lois générales de l'univers, comme un sujet de honte et de dégoût, comme une impossibilité morale.
Kern; „Une impossibilité morale est ce qui se contredit soi -même dans les lois de l'ordre universel, et cette impossibilité mo raie est développée ici sous l'image d'une impossibilité physique. Il n'est pas plus possible au cœur de réunir la bénédiction envers Dieu k la malédiction envers les hommes, qu'à une source de faire jaillir à la fois de l'eau douce et de l'eau salée, qu'à un figuier de produire des olives, qu'à un olivier de produire des figues/^
Ces deux comparaisons ont la couleur locale de la Palestine, abondante, cçmme on sait, en oliviers, en figuiers et en vignes, et où le voyageur retrouve fréquemment des sources amères et salées, surtout près de la Mer Morte, et le long des deux rives du Jourdain*
'H !n:fjyrj; non pas une source, mais la source: „Artieulus quasi ante oculos pîngit.'* Scbn.
'Onijç, ccTt. key. ^OTtrj, ouverture; proprement un trou, percé pour laisser regarder au travers. Pollux, Onom. : 'Ont , âc fç
HONTEUX USAGE DE LA LANGUE. ] t9
^çiv idetv; de là fente d*un rocher, ou?erture d'une caveme; enfin ici ouverture par la(}uelle une source jaillit du roc.
Bqv€i, aTt.Xey,, jaillir, sortir avec bruit, en parlant d'une source ; de là être abondant, être rempli. C'est probablement une onomatopée, qui se retrouve en français dans bruit et bruire.
Tb ykvyv . . . Ttiycçôv. Quelques Itt. sousentendent vâ(OQ. Il vaut mieux traduire par le neutre absolu: le doux et Vamer. Ce sens est plus énergique, et le tour de la phrase le rend plus probable.
nixQov ne se lit dans le N. T. qu'ici et v. 14. Cet amer dé* signe l'eau des sources salées, toujours chargée en outre de principes amers. Ces sources minérales présentaient quelque chose d'odieux à l'imagination en Palestine où elles étaient communes, et où, comme dans les autres pays brûlés du soleU, elles trompaient l'espérance du voyageur altéré. Il en est autrement dans nos climats, où elles réveillent l'idée de vertus médicales et d'un bienfait providentiel.
12. L'écrivain ajoute ici une autre image, qui représente logiquement une idée différente de celle du v. 11, quoique analogue. Bengel: „Dixerat apostolus ex uno pnncipio non convenire, ut profi ciscantur duo contraria: nunc ait, ex quolibet pnncipio, non nisi id, quod su» speciei sit, provenire posse.^' De cette nouvelle idée découle cette conclusion-ci sousentendue : „La langue qui porte (comme fruit) des bénédictions envers Dieu, doit aussi porter des bénédictions envers les hommes.'^
Mij; interrogatif.
2vxij, contracté de avxéa, le figuier; avxov^ la figue.
Ilotrjaac répond à ^iç:f , qui s'emploie souvent en parlant de la production des fruits.
Svx^ elalaç Ttoiîjaai. Cette image se retrouve Matt. Vn, 16. Elle est fréquente dans les auteurs .profanes. Plutarque (De tranq. animi, p. 472 E.) : rfjv a^Ttelov avyca (péQsiv «x a^iSfzev, èâh vriv ihxiav ^ôtqvç. Marc Aurèle (VIII, 15): aiaxQOv ^evl- ^eaâ^ai, el 17 amij avyca (piçei, Sénéque (Ep. 87) : „Non nascitur itaque ex malo bonum, non magis quam ficus ex olea.'^
OvTfoÇf retranché par ABC etc. Lachm., Tisch. etc.; conservé par Gr. et Sch. Je crois devoir le conserver, quoique sa suppression ajoutât certainement de la vivacité à la phrase, surtout en admettant la variante suivante.
Ovâi/Aia ntiyii akonhy xal yXwn), Ces mots sont remplacés par Ovrc itAt^ xhv ^Avxv dans beaucoup d'anciens instruments alex., occid. et syr. Cette yariante est acceptée par Ga., ainsi que par Técole de Lachm., je crois avec raison. Elle n'est pas sans influence sur le sens. Avec le texte reçu cette phrase n'est qu^nne répétition de l'idée du v. 11; mais la variante exprime l'idée du t. 12, en empruntant l'image du v. 11: „La source salée ne pent produire de l'eau douce/*
^^XvKihv, OTt. key.; salé, correspond à tvixqÔv; de aXç, Hoirioat. C'était le mot propre en parlant des arbres à fruit. L'écrÎTain le conserve par symétrie, et, pour donner du nerf à la phrase, il l'applique à la source qui répand ses eaux.
ZwiNGLi a fait de l'ensemble de ce paragraphe une analyse remarquable, qui mérite d'être transcrite ici: „Superius in génère ostendit de lingua et quid efGcîat; jam speciatim noxise linguae mala recenset. Est autem pulchra antithesis quae sarcasmum habet. Neque enim eos hic taxât qui lingua Deum et homines blasphémant, quum ii sint plane impii, sed eos qui titulo Ghristianorum gloriabantiu*, . intérim proximos convitiis et maledictis turpissime proscindentes. Quasi dicat, Ghristianorum lingua organum esse débet spiritus sancti, quo Deum laudent, glorificent et gratias agant. Quid conyenit igitur ut hac ad contumeliam Creatoris abutamini? An vero haec Creatoris contumelia non est, si in bominem ad imaginem Dei creatmn maledicentiae virus, evomas? Jam absiu'ditatem banc similitudinibus aliquot explicat acprobat; simul ab bac duplicitate ad simplicitatem adhortatur. Una quœque res, inquit, ad unum aliquod facta et destinata est, quem ordinem universa servant: Solus homo ordinem Dei pervertit, cum ex oris spelœo et bonum et maliun promanat.'*
SECTION II. Y. 13-18. PRIIICIPE DE LA LEÇPI aVI PRÉCÈDE: SAGESSE DOUCE ET MODÉRÉE.
Il semble facile de découvrir le lien de cette section et de la précédente; il y a eu toutefois quelques débats à ce sujet.
La première section toute entière a été plus ou moins relative aux prétentions orgueilleuses des hommes haineux, ardents à enseigner et à critiquer le prochain sous prétexte de zèle ; chrétiens imparfaits et égarés, qui se croient sages parce qu'ils bénis-