NULLE SAGESSE SANS DOIJCEUB
q>îjÇf e vita, non^ èv avaççog^fj, quod si poneretur, aoristo locus non esset.'* En supposant donc (ce qui laisse toujours quelques doutes) que Jaques conserye exactement à Taoriste son vrai sens, il ne dirait pas: „Montrez votre sagesse au dehors par Tensemble de votre vie,** mais : ,,comme preuve de votre sagesse, produisezmoi non de la doctrine et de la science, mais des œuvres et de la douceur.** La même question s*est présentée II, 18^ à l'occasion du même aoriste ôeï^ov.
IdvagQoqyq signitie quelquefois conversio chez les écrivains profanes; mais rien n'indique qu'il ait jamais eu ce sens dans le N. T. n s'y présente constamment avec le sens tout simple de conduite, vitœ ratio. Le verbe àvagçéqxa signifie, il est vrai, verto, inverto, mais aussi vertor et versor.
"Egya ovtb ; sousentendez aoq)lag rex^T^QLOv. Les faux sages n'apportent en preuve de leur aoq>la que de la science, des paroles ou des anathèmes; mais le sage véritable, le chrétien apporte des œuvres. ^lEgya doit être pris ici dans le sens ordinaire à Jaques (chap. II), celui de produits extérieurs et intérieurs de la foi et de l'amour. Cette double nature d'œuvres semble indiquée ici par les deux petites phrases complémentaires ix ttjç xak^ç àvaçQoq)tjç/ et iv 7€qcnkrftt ao(plaçy conduite régulière et douceur intérieure. Sans trop insister sur cette observation de Kern, bornons-nous à constater ici que la moralité de la vie et la modération douce et bienveillante du cœur sont ici réunies comme conditions de la véritable aog)la.
ilQavTrjri. Voyez I, 21. .
ïy TtQàvTTjTt aofplaÇy avec la douceur qui appartient à la sa gesse, et sans laquelle il n'y a pas de sagesse véritable. On pour-^ rait aussi regarder ces mots comme une endiadin, équivalant à Iv TtQaelff aoq)l(f ; mais la première explication- semble préférable.
n y a quelque doute sur le membre de phrase auquel se rattache h TtQctvnjTi aoq)laç. H semble naturel de le lier à rà içya cwtS. „Qu'il produise (comme gages de la sagesse) ses œuvres (manifestées) par une bonne conduite (et accompagnées) de la douceur inhérente à toute sagesse véritable.**
Ce précepte si solennel de douceur dans les manifestations de la foi rappelle celui de 1 Ker. III, 15: '!EtoifiOi dh àel TtQOç
124 EPITRE DE ST. JAQUES CHAP. lii, 14—16.
ciTtoXoylav . . . fiera TtQcwrqToç xal g>ôfia. Comparez encore Matt XI, 29: Ma&eve îm èfië, orc TtQovç elfii xal vaTteivoç Tji xaQÔiç. Gai. VI, 1, et Titeffl, 2.
Nous avons ici la suite et la conséquence de toutes les condamnations séyères déjà portées I, 19 — 21, et HI, 1 — 12, contre l'esprit de dispute et les paroles amères.