‹ Étude et commentaire sur l'Épitre de St. JaquesChapitre 77 sur 100 · VRAIE SAGESSE · texte numérisé non relu

VRAIE SAGESSE

cernent du chap. II. 2o(pla àdi&Kçvroç indiquerait donc une sagesse douce, équitable et bienveillante, qui ne se laisse pousser par aucune prévention, ni aucune acception de personnes.

^AvvTtoyLQtroq, Scharl. : „Simulationis expers, nihil fîcti falsique habens, omnia potius aperte agens atque ex animo {ht xaâ'aQag xagâlaç).^*^

Simplicité, sainteté, droiture, bonté, facilité, douceur, équité, miséricorde et bonnes œuvres : voilà, selon St. Jaques, les caractères de la sagesse chrétienne. C'est bien là un divin reflet des leçons du maître doux et humble de cœur.

18. Lç sens de ce verset prête à d'étranges incertitudes, et il a été traduit de bien des manières. H ne renferme aucun mot rare ou difficile, et cependant il n'en est à peu près, aucun qui ne soit susceptible d'interprétations diverses, soit par le sens, soit par la construction.

KaQTtôg. Quel fruit? Bon effet ou récompense? De là deux sens entièrement différents et de nature à modifier complètement l'interprétation de tout le reste.

JixaioavvTjç. De la vertu, de la justice ou de la justification? et ce génitif est-îl un génitif de dépendance? (fruit que produit la justice, récompense qu'elle obtient? bonnes œuvres qu'elle enfante?) ou est-il un génitif d'apposition {âiycacoauvr] qui est un fruit) ? ce qui pourra encore conduire à deux sens divers, suivant la signification attribuée à âcTcaioavvrj: la vertu en tant que fruit, c'est-à-dire en tant qu'effet; ou bien la justification en tant que produit, que récompense.

Telles sont les diflicultés qui frappent dès l'abord, et qui ne pourront guère être résolues sans recourir aux conjectures. Nous tâcherons de nous aider du contexte, après avoir tiré quelques lumières de l'analyse des mots suivants.

^Tcelçezai a été traduit par est produit par les efforts et les leçons (des TtoiSvrsç slçi^vrjv), ou bien est préparé à, ou encore est acquis, ou bien enfin est accordé. Mais ces deux derniers sens ne semblent pas admissibles, car cette métaphore est semé doit indiquer un effet futur, résultat d'une action présente.

On s'est encore étonné de ce fruit semé, tandis qu'on sème des semences, et que les fruits sont produits. Mais l'ellipse est

claire; c'est un fruit provenant d'une semence; un fruit est obtenu par celui qui en a semé la graine.

ïv eiçrjvrj. Nouvelle difficulté. EÎQrjvrj signifie-t-il ici paix concorde, ou paix bonheur 'î Le premier parait évident, puisqu'il fait symétrie et allusion à eiçîjvrjv qui termine le verset, et qui a nécessairement le sens de concorde; ce qui est prouvé par le contexte, comme par le but et l'esprit de la division entière. On ne peut admettre sans preuve, que St. Jaques ait voulu, dans la même petite phrase, donner deux sens très différents à ce mot

Cette solution dissipe une autre difficulté relative à la construction de iv elçi^vT]. On a voulu lier cela à TtaçTtoç dans ce sens: „le fruit de la justice, fruit qui consiste dans le bonheur (éternel)^'; sens incompatible avec le second elQrjvt], et de plus forcé, quant à OTteiQBtai. Pourrait-on mieux rapprocher Iv eî- Qrjvj] de âixaioavvrjç, et traduire fruit d'une justice paisible^ d'une vertu pacifique? Non, car dans ce cas il faudrait t^ç iv eiçi^vrj. Il faut donc lier èv elQrjvj] à aTteigerai, et traduire ces trois mots : est obtenu d'une manière pacifique] littéralement: est semé dans la paix, doit être semé dans un esprit de paix.

To7g TtOLHGiv , par ceux qui .... ? ou en faveur de ceux qui sont amis de la paix? Ces deux sens reviendraient au même, si Ton donnait au premier eÎQrjvrj la signiGcation de bonheur, et, ce qui en serait la conséquence nécessaire, à xaQTtbç ceUe de récompense. Mais, dans l'autre hypothèse que nous avons adoptée, ces deux interprétations de toïq 7t. diffèrent, et la première est beaucoup plus vraisemblable. Nous expliquons donc comme suit cette fin de phrase : „est obtenu d'une manière pacifique par ceux qui sont amis de la paix.*'

La seconde partie du verset ainsi expliquée détermine ce qui était encore douteux dans la première, et nous sommes conduits à traduire xaçTtoç ôcKaioavvrjç par des fruits pieux et vertueux, c'est-à-dire suivant nous la propagation de l'Evangile, ou simplement l'édification de l'Eglise.

Le sens qui en résulte est excellent, vraisemblable, en rapport soil avec le. contexte, soit avec le but général de toute cette division de l'épître, soit avec celui de la dernière section. >L'apôtre a constamment eu en vue le zèle amer des docteurs orgueilleux.

Page 1