‹ Étude et commentaire sur l'Épitre de St. JaquesChapitre 78 sur 100 · VRAIE SAGESSE · texte numérisé non relu

VRAIE SAGESSE

OU plutôt (les Ghrr tiens quelconques faisant les docteurs par zë\^ et surtout par varîté ou passion, sans avoir l'esprit de J. C. Il vient d'opposer la vraie aoçLa à la fausse; maintenant il insiste sur les privilèges et l'efficace de cette divine vertu, et il affirme que cette sagesse pacifique réussit mieux que l'autre à édifier les âmes et à répandre la foi. Les fruits de justice, dit-il, doivent être semés, la r ie chrétienne et la foi doivent être propagées d'une manière pacifique), et par des hommes animés d'un esprit de paix.

ScHOTT s'est rapproché de ce sens, et Schneckenbdrger l'a adopté. „Redit unde orsus erat, ad modum tradendse veritatis christianse (in, 1 ; I, 19), quae pro natura hujus sapientise nonnisi cum pace vel potius per vitam pace ac amore insfgnem sit propaganda." Beaucoup d'autres explications ont été données, se rattachant plus ou moins à l'idée de bonheur temporel ou éternel pour eiQrjvr], et de récompense pour ycaçTtôç. Mais nous avons dit pourquoi ce système d'interprétation nous semble inadmissible, tandis que celui que nous y substituons nous parait satisfaisant sous tous les rapports. Grande leçon, en effet, toute imprégnée de l'esprit de J. C. ! Elle doit être reçue par l'Eglise avec respect, et imposer un frein à des passions trop charnelles, toujours prêtes à prendre l'essor.

Remarquons, en terminant ce chap. III, combien il est empreint du caractère que nous avons assigné à l'ensemble de l'épître, et qui nous a paru ressortir des traits épars de la seconde partie, comme de la théorie générale de la première. Toutes les leçons et tout l'esprit de St. Jaques se résument en effet dans cette piété intérieure et profonde qu'il oppose à la piété extérieure et superficielle, et qu'il enseigne à lui préférer. Et qu'est en effet cette vaniteuse et amère aoq)la condamnée par l'apôtre, sinon une ^Qïjaxela tout extérieure et apparente, qui ne fait autre chose que voiler les passions d'un cœur irrégénéré? Qu'est en revanche la divine sagesse que l'écrivain sacré fait briller à nos regards, sinon l'amour de Dieu et des hommes enraciné dans un cœw* chiétien, se manifestant sans doute dans la vie extérieure, mais seulement après avoir profondément changé et transformé "à la ressemblance divine cet être hmnain, qui, de sa nature, ne peut agir qu'après avoir senti, et qui ne produit au dfehors que ce qui a germé au dedans?

SECONDE DIVISION. Chapitres IV, 1— V, 11. Lutte à soutenir contre les passions égoïstes et cupides.

Cette idée générale réunit, dans une même division de Tépttre, des morceaux qui diffèrent les uns des autres par des buts spéciaux, et qui formeront dans notre trayail autant de sections distinctes.

SECnOI I, CHAP. lY, f . I-IO. ULHEUE, CRUE, FUIESni EFFET! DES FA8SI0I8 USOUnS H CVPIDE8.

St. Jaques montre dans ces passions la cause des divisions et des débats. Le lien qui unit ce développement à la division précédente est aisé à découvrir. L'apôtre vient de condamner le zèle amer et les dissensions qu'il enfante. Cela le conduit naturellement à en montrer la source dans les passions, puis à décrire les effets divers et pernicieux de ces maladies de l'âme. Déjà m, 15 il avait caractérisé la fausse aoçla comme €7tlyecoç, rpt^ixrjj daifiovcciôrjç, et maintenant il prouve ce qu'il avait affirmé. Mais il ne se borne pas à cette preuve; il aspire à quelque chose de plus, et il va expo3er d'une manière générale la nature, les effets et les préservatifs ou les remèdes de ces passions mauvaises.

Cette section peut se diviser en quatre paragraphes, comme suit:

Page 1