PASSIONS ET DISCORDES
1. D'où viennent les guerres, et d'où viennent les dis^ sensions qui ont lieu parmi vous? N'est --ce pas de ce que je vais vous dire: de vos convoitises chamelles qui cornbattent dans vos membres?
1. Nous avons ici la proposition que le reste de la section doit éclaircir et prouver.
Ho^cv. Ce mot, d'nprès le témoignage de nombreux et bons instruments, doit être répété avant tiaxai,
nàUfxoL xcfl . . . fxàxai h vfxïv. Il y avait donc des dissensions parmi les lecteurs judéo-chrétiens de l'apôtre. Probablement elles n'étaient pas entièrement étrangères à la religion, car on ne peut guère méconnaître le lien de ces paroles et de la section précédente. Voyez III, 16, voyez même I, 19—21. Le contexte conduit à voir ici des disputes individuelles plutôt que des guerres civiles. L'usage des écrivains profanes, comme des LXX, autorise à entendre dans ce sens TtôXefiot xal f^axcci, ainsi qu'au V. 2 TtoXeiieiv xai fiàxea&ai. Toutefois les guerres civiles en même temps que religieuses qui désolaient la Palestine ont pu influer sur cet état de choses, et avoir par conséquent quelque part à la pensée de l'apôtre. Grotius : , Jntelligit motus illos Judœorum philadelphensium contra eos qui in Persea erant, factionem filiorum JudsB Galilsei, pugnas cum Samàritanis, et Suariorum arma, de quibus vide Josephum libro 20. Credibile est istis motibus abreptos fuisse etiam quosdam nomine magis quam re christianos.''
Hôd-ev Iv vfiïv. Début rapide et brusque qui trahit la vivacité du sentiment. Il n'y a pas un seul verbe dans ce verset.
^EvTev-S-ev, de là, de c#t; mot qui anuonce ce qui va suivre. Il semble ici superflu, et la phrase resterait complète en le supprimant; mais il donne du mouvement et de la vie, en redoublant pour ainsi dire l'interrogation : N'eshce pas de ceci? de vos passions .... ?
^Hdovai, voluptés, est pris ici pour passions égoïstes et charnelles, convoitises des voluptés mondaines :' é7rt^^/at ^ôovwv. Comparez I, 14.
2TQceTevof4évwv ; image énergique, et aussi vraie qu'efi'rayante.
Les passions sont comparées à des ennemis acharnés luttant au dedans de nous. Le renoncement à soi-même et l'acceptation de la volonté de Dieu peuvent seuls ramener la paix et l'unité dans l'âme tourmentée. Comparez 1 Pier. Il, 11: (aoçxtxal knLdvfiLai) aÏTLveç ççarevovrat Ticcrà Ttjç ^pvx^fi-
^Ev TOÏç fiéleacv vfiwv. Les membres, instruments des passions chameUes, sont en même temps le champ de bataille et les victimes. Comparez Rom. YI, 13, où ces membres sont nonunés OTtXa aâixlaç, et VU, 23, où il est question des deux lois qui se combattent dans nos membres : vôfiov èv roïç fiileai . . . àyziççarevôf^evov. Cigebon a dit (De fin. bon. I, 13): „ëx cupiditatibus odia^ dissidia, discordiae, seditiones, bella nascuntur.''