Sacrifice de l'orgueil (v
Il est remarquable que l'ordre dans lequel ces divers éléments sont présentés soit précisément l'inverse de l'ordre logique, que les traités de morale chrétienne offrent d'ordinaire j 1) aveu, 2) regret, 3) amendement, 4) régénération générale et complète. Je
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ne puis croire que l'apôtre ait choisi fortuitement et sans motifs une marche si opposée à la logique. Au fait, celle qu'U préfère est 'la marche psychologique, hien plus sûre; ceUe qui déracine peu à peu et par degrés tous les mauvais principes de l'âme, en débutant par les plus faciles à atteindre, et en terminant par les plus graves et les plus fortement enracinés. En suivant cette voie, le pécheur commence par faire des efforts et ressentir la volonté de bien faire. Viennent ensuite des actes de vertu et de pureté, et des victoires sur le mal; puis la haine profonde du péché, et une douleur toujours plus sincère de s'y être asservi ; enfin la substitution complète de la volonté de Dieu à la volonté propre, le renoncement à soi-même, et la communion avec Dieu. Ces deux derniers eflfets ne peuvent être complètement obtenus qu'après les autres.
7. YTTOTayijre; passif pour le moyen. Comp. pour le sens Matt. Vï, 24.
Voilà le prenûer pas de la conversion. Reconnaître l'empire de la vérité, lui soumettre ses intentions, sortir, au moins par la volonté, du royaume du mal pour entrer dans celui de Dieu. — Ce premier pas devra être immédiatement suivi du second, savoir d'une conduite conséquente, ou d'efforts pour réaliser l'intention dans les actes.
T^ ôia^ôXip. On ne peut nier que les apôtres ne regardassent le démon (à'^^wy t5 kôo^ov, Jean XIV, 30) comme un être réel, actif, méchant, tentateur. Les paroles de St. Paul sont souvent positives à cet égard. Toutefois cette notion parait avoir été chez eux vague et confuse, plutôt que déterminée par l'inspiration. Elle s'unissait, ce semble, à une espèce d'idéalisation du mal, et il y a plus d'un passage du même St. Paul, où, en parlant de Satan, il semble n'avoir guère que cette idéalisation en vue (Rom. XVI, 20; 1 Cor. V, 5; VII, 5; 1 Thess. Il, 18; 2 Thess. II, 9; 1 Tim. I, 20; V, 15). La brièveté de l'épître de St. Jaques ne permet pas d'en tirer des conséquences précises sur sa manière à lui de considérer l'action du Diable pour tenter les hommes, ce passage-ci pouvant s'interpréter des deux manières. Toutefois l'ensemble de l'écrit, et spécialement les v. 14 et 15 du chap. I, nous prouvent que ce n'était pas dans l'action du Démon, que
Jaques était disposé à chercher surtout Torigine des tentations du Chrétien.
Wev^erat., fuira, c>st-à-dire cessera de vous poursuivre; image empruntée à Tennemi vaincu sur le champ de bataille.
On a rapproché de ce passage ceux du Testament apocryphe des XII Patriarches, où la même ligure et les mêmes expressions sont employées. — Issachar VU: Tavra Ttoc'qaccre xal v/4€Ïç, xal Ttav Ttv&jfia TÔ BeXiècQ (pev^etai àcpv^dvn Nephtali VIII: ^àv yccQ içydÇqO'd'e rb xaXbv . ,, o âca^oloç q)ev^BT(xL à(p vfiiSv.
Le sens général et renseignement chrétien de tout ce passage semblent aisés à reconnaître. Le premier devoir du pécheur dont la volonté se tourne vers Dieu, c'est de rassembler toutes les forces dont il peut disposer pour résister à la tentation, quelle qu'en soit l'origine. Que le Chrétien l'envisage comme elle est représentée dans ce verset-ci, ou comme elle l'était I, 14, peu importe; les moyens de résistance sont les mêmes. C'est la conclusion pratique qui semble devoir être constamment tirée des passages analogues et des expressions correspondantes de St. Paul. Schneck. : „Qua ratione igitur sit diabolo resistendum, patet; quippe cui nuUa est vis nisi in eos, qui peccatis sponte suâ gaudent.*'
8, ^EyylaaTs .... vfiïv. Phrase symétrique et antithétique à àvTlgrjTB . . . vfiùiv du v. 7. C'est la suite du même sentiment, et la face active du même précepte. ^EyylÇeiv, approcher, équivaut à n'nî; et à «jas, verbes opposés à ^*io et à pn*;. Scharl.: „Usurpatur de cultu externo (de aditu templi etc.); hoc loco de cultu inierno animi , qua homines Deum ejusque q)iUav (v. 4) quaerere debent Confer Jes. XXIX, 13 (LXX): "ErytCei (loi o Xaoç sroç èv T^ CTOfiatL. . , . Yi ôh Kaçâla ovtwv Tto^çto aTtéxei ctjt kfi5. S'approcher de Dieu, ce n'est donc pas seulement s'acquitter des devoirs du culte, mais chercher sa pensée, se pénétrer de sa présence, s'identiûer avec sa volonté.
^Yyiet vfiïv. Schn. et Scharl. : „Deus vobis occurret, praesto erit opitulans." — Cic. de naU Deor. I, 14: „Deus occurrit nobis in precibus, optatis, votis.'* — Ces développements ne semblent pas répondre suffisamment à l'idée évangélique. Ce n'est pas seulement par le secours que Dieu s'approche de nous, c'est surtout par la direction et le but de ce secours, c'est en nous amenant