MEDISANCE ET CONDAMNATION
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\\. Ne parlez point mal les uns des autres^ mes frères; celui qui parle mal (Tun frère et qui condamne son frère, parle mal, de la loi et condamne la loi, — Or, si tu condamnes la loi, tu n'es plus l'observateur de la loi, m>ais son juge. 12. iZ n'y a qu'un maître de la loi et qu'un juge, c'est celui qui peut sauver ou perdre. Mais toi, qui es-tu, toi qui juges autrui?
11 semble qu'après avoir combattu les passions mauvaises du cœur humain avec tant de force et sous des faces si diverses, Tapôtre veuille s'arrêter quelques instans d'une manière plus spéciale sur un vice qui régnait probablement dans son église, et qu'il a déjà rappelé et condamné; savoir les paroles amères et méprisantes, les jugements sévères portés sans miséricorde, l'esprit haineux et jaloux, étranger à l'indulgence chrétienne. Comp. I, 19. 20. 26, et le chap. 111 presque entier. Mais là l'auteur sacré paraissait avoir particulièrement en vue les discussions religieuses, tandis qu'ici il remonte au précepte général.
U est impossible de ne pas remarquer ici à un haut degré le style concis, nerveux et coupé particulier à notre épître, puis, ce qui est un des éléments de ce style, les répétitions intentionnelles et saillantes de certains mots, employés cependant de manières variées. Dans ces deux versets on trouve trois fois le verbe xaralaXéù), trois fois àâeXq)ôg, quatre fois le substantif vÔ/àoç, six fois xqIvù) ou xçlttjç. Ces répétitions ont pour effet de porter l'attention sur l'idée principale, et de la désigner ainsi fortement au sentiment et à la pensée du lecteur.
KatakaleÏTB. Ce verbe ne se trouve que dans ce verset, et deux fois 1 Pierre: dénigrer, médire; detrectare alteri ca lumnits. Ps. Cl, 5 (LXX) : naTaXaXëvra Xdd-ça t5 nXrjalov ccvts.
Mrj . . . àXXrjXwv, Condamnation de ceux qui aiment à porter sur le prochain des jugements sévères., exprimés ou avec amertume, ou avec une fausse douceur. L'apôtre pourrait bien avoir, même ici, quelque peu en vue ceux qui par orgueil aiment à se
poser en docteurs (III, 1), et par suite à condamner les autres comme moins savants, moins pieux ou moins fidèles.
Le précepte vient d'élre donné d*une manière positive et sommaire; les motifs vont suivre.
ItéâeXffs . . . àdeX(pov. Cette répétition fait ressortir heureusement, sans toutefois l'exprimer, l'indignité de ces* jugements si peu fraternels, que le faux zèle et le cœur sans charité ont hâte de prononcer contre des frères en la foi.
Ka%akaXèl... vofiov. Gomment le médisant accuse-t-il et condanme-t-il la loi? Il y a certainement ici quelque obscurité, mais, ce semble, facile à dissiper. — Nô/àoç paraît indiquer es-, sentiellement dans ce verset la loi royale de l'amour du prochain (n, 8. 9). Le médisant et l'homme aux jugements amers violent cette loi, et la violent avec orgueil et à bon escient. Par là ils s'élèvent de fait contre elle, ils s'arrogent le droit de la soumettre à leur volonté, de la suspendre ou de l'annuUer à leur gré. Ce raisonnement et cette analyse du cœur médisant s'appliquent encore mieux aux docteurs sans miséricorde et sans humilité dont l'apôtre a déjà beaucoup parlé, qu'aux médisants ordinaires, simplement irréfléchis et malins. Les premiers, en effet, prétendent agir au nom des droits de Dieu, et violer pour sa gloire la loi suprême de la charité.
Kqlvio semble être pris tour à tour par l'auteur dans deux sens un peu difl'érents : condamner, ou juger, traiter en justiciable, en inférieur soumis à notre appréciation.
^AlXà xQiT'qç, L'incertitude de la ponctuation a occasionné beaucoup de doutes sur la construction et l'interprétation de ces mots. Nous n'y entrerons pas. Voir au reste la note critique du V. 12.
El âk., . âXkà Tiçirriç. Cette seconde partie du verset ajoute peu de choses à l'idée de la première. Jaques, malgré sa concision ordinaire, aime parfois à retourner ainsi son idée sous une autre face, en en conservant les expressions saillantes, et en les mettant pour ainsi dire aux prises ensemble d'autre manière, sans que le raisonnement fasse toutefois' un pas bien sensible. Voyez par exemple v. 4. Ici le seul résultat est de f^ire ressortir par