‹ Étude et commentaire sur l'Épitre de St. JaquesChapitre 84 sur 100 · MEDISANCE ET CONDAMNATION · texte numérisé non relu

MEDISANCE ET CONDAMNATION

le contraste Tinsolente position de ytQtrrjç (vôfÀn), prise par rhomme vaniteux et haineux, qui était tenu d'en être le Ttoirjti^ç.

12. Ce verset a plusieurs variantes sur lesquelles il faut d'entrée prendre un parti.

1) L'incertitude de la ponctuation a fait quelquefois lier les derniers meta du verset précédent à celui-ci, en s'arrélant à vâfAH, et en reprenant ensuite: âAAà XQivriç dç èçiv. Mais la ponctuation ordinaire ne laisse rien à désirer pour le sens. En outre les habitudes de style de St. Jaques font attendre une suite et une antithèse à èx él noivizïiç vofÀU, analogue à celles que Ton remarque par exemple I, 22 et 25.

2) Cinq ou six Mss. de peu d'importance insèrent au commencement ou à la fin de ce verset une phrase entière, prise du Ps. XXXVff, 23 (LXX) et du sommaire d'ËuTHALius: oVe èx, kv ay^çtant^, àXX iv &ë^ rà âutfiifjiaici àv&Qfantf nai^v^yeTaê^ Cette variante o'a pas la moindre autorité.

3) Après vofiod-éTtiç la grande masse des instruments et des critiques ajoutent xal xqit^ç. 11 n'y a aucun motif interne de repousser celle leçon qui a une grande autorité historique.

4) Il y a pareillement autorité décisive pour insérer as après av.

5) Il n'en est pas de même pour la substitution de o xçiytoy à ôç nçlyëiç. Cette substitution, appuyée sur quelques instruments importants, n'a cependant été admise que par l'école de Lachmann. Griesbach lui accorde, il est vrai, une certaine probabilité.

6) EnGn les mêmes instruments, plus quelques occidentaux, lisent nXrjaioy au lieu d'mçor. Cette variante, comme celle qui précède, a quelque probabilité au jugement de Griesbach , et n'est admise que par l'école de Lachhann.

NofioS'éTriç; allusion, par antithèse au précédent yo//ô .. .

XQLTïjÇ.

KQi^rrjç'i allusion, par simple répétition, au précédent x^t^î^g, et, pour le sens à xçivwv. Ainsi Dieu, vofiO&éTïjç, ferait ici opposition à rhomme se déclarant de sa propre autorité vôfts ytQi- Trjç] et TCQLTïjg ferait opposition à l'homme xçlvwv tov àâeXçbv. Voyez les remarques et les^ paraphrases suivantes.

*0 dvvâfievoç ne doit pas se traduire, comme on le fait d'ordinaire, qui puisse-^ mais plutôt par apposition à eîg igi vofio&é- Tïjç, savoir celui qui peut. De là résulte ce sens: „I1 n'y a qu'un seul être qui ait droit de se donner pour supérieur à la loi, et de se dh-e juge des hommes. C'est celui qui a aussi le pouvoir

de sanctionner cette loi qu'il a faite, par le salut ou la condamna* tion des hommes auxquels elle est imposée.*' — L'idée semble ainsi plus nette et plus profonde que dans la traduction ordinaire: „I1 n'y a qu'un législateur qui puisse sauver et qui puisse perdre."

JSùiaai xal àîtolÀcai. L'eUipse du régime contribue à donner de l'énergie à ces mots si serrés. Il y a là une allusion sévère à ceux qui veulent juger et condamner les honunes, sans avoir ni le droit ni le pouvoir de les sauver ou de les perdre.

TLq d. Ces mots , rapprochés des précédents {eîç l^iv vofio^irrjç), appellent le lecteur à se comparer à Dieu, et à reconnaître par cette comparaison que l'homme manque de droit et de pouvoir pour juger son prochain. Ils se lient mieux avec le système d'interprétation que nous avons adopté pour o 3vvaf€voç, qu'avec la traduction ordinaire. „Qui es-tu pour oser condamner ton frère? Es-tu celui qui, après avoir porté la sentence peut l'exécuter, et décider du sort éternel?'' plutôt que: „Es-tu celui qui a fait la loi, et qui a droit de juger d'après elle?" CALvm: „Simpliciter sua hominibus conditio objicitur, ut cogitent, quantum absint ab eo gradu, in quem se evebunt."

SECnOI m. ?. 13-17. APPLICATIOI AUX ESPÉRAICES ORGUEILLEUSES ET PASSIOHHÉES.

Dans cette section, comme ^dans la précédente, on trouve une application de détail de la leçon générale contenue dans l'ensemble de la division. L'apôtre combat toujours l'égoîsme et la cupidité; mais ici comme là il détache du sujet principal, pour les censurer à part, certaines manifestations du principe vicieux caché dans le cœur, certaines conséquences plus coupables que d'autres, plus insensées ou peut-être plus communes. Dans Tune et l'autre section, si les apphcations diflërent, le fond du cœur et la source du péché sont les mêmes. C'est toujours l'homme orgueilleux en même temps que chétif, qui, oubliant sa misère, se permet de parler et d'agir comme un Dieu. Jaques, dans toutes deux le rappelle à lui-même, en l'humiliant par le souvenir de son impuis^ sance et de son néant.

§4 33. (Ce paragraphe embrasse tout le champ de la section.)

13. '^y€ vvr ol Xbyovt&ç* Srifiaçov xal avçtov noçevaœfie&a eîç rrirâe Ttir noXiv, xaï non^aœ/Lcer èxeï èviavrbv ^va, xaï IfjLnoçBvaœfu&a, xaï xêçâi^aœ/uer. 14. [Œxiveç HX ènigaa&s tô rr]g avçiov nota yàç ^ ^anj vfidiv; aT/iâg ydç igiv ri nçhg oliyov (paivoi^iévri , ïnaixa de à(pavi^ofiérr].) 15. Idvrl t« kéyeiy vfiàç* ^Eàr ô xvQiôg &BXriaji xaï iÇpfioœfiev^ xaï notriGOfiev tôto ^' èxéîpo. 16. Nvv âè xavx&o&s èr xaïg àXaCovsiaig v/jidiv' nàaa xavxriOig roiavrij novriçd ègir. 17. Eiâoti hv xdkbv noieïy, xaï [iri noiëvri, âfiaçria avT(p içiv.

13. -A vous maintenant qui dites: Aujourd'hui et demain nous irons à la ville que vous savez ; là nous passerons une année, nous ferons le commerce, et nous gagnerons de r argent. 14. {Vous qui ne savez pas ce qui concerne demain! Car qu'est-ce que votre vie? G est une vapeur qui brille un moment, puis s'évanouit.) 15. Au lieu que vous devriez dire: Si le Seigneur le permet et nous conserve la vie, nous ferons ceci ou cela. 16. Mais, au contraire, vous vous glorifiez dans l'orgueil de vos flatteuses pensées. — Toute vanterie de cette nature est maurvaise. 17. Ainsi donc, quand quelqu'un connaît le bien qu'il faut faire et ne le fait pas, il y a en lui péché.

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